‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 698 sur 1121 · LE SOUS- LIEU TENANT · texte numérisé non relu

LE SOUS- LIEU TENANT

Moi, j'ai le plus grand appétit.

WILHEM

Chez le procureur je vous loge.

le lieutenant.

Pour moi, je suis le plus joyeux.

wilhem.

Vous logerez au séminaire.

ALFRED

Moi, je suis le plus courageux.

WILHEM

Je vous loge chez ma grand'mère.

Gustave. Comment, chez ta grand'nière?.. ah! ah!

wilhem. Ah! vous y serez bien!., je voudrais que vous y fussiez tous!

alfred. Hé pourquoi donc ça?

wilhem. Ah! pourquoi ?..j ai des raisons, c'est que vous êtes...

gustave, le faisant asseoir. Asseyez-vous donc, monsieur le fils du bourgmestre.

wilhem. Vous êtes bien honnêtes... c'est-à-dire, honnêtes... au contraire.

gustavk. Comment! se plaindrait-on de nous?

wilhem. Non pas.

Air : Ui, ré, mi, fa, sol, la., si, ut. Je sais qu'on n'est pas plus galant, C'est tous les jours fûtes nouvelles; La musique du régiment Le soir fait danser les d'moiscllcs.

Tout 1' monde vous bénit céans, Jusques à nos bedeaux eux-mêmes, Qui disent que depuis longtemps, Ils n'avaient sonné tant d' baptêmes !

.Mais c'csl justement ça qui déplut! aux jeunes gens de l'endroit.

gustave. Je vois que vous nous faites l'honneur de nous craindre.

wilhem. Oh! pas moi... je ne vous crains pas.

gustave..Tu es donc bien sûr de ton mérite?

wilhem. Mon Dieu non; je n'ai pas une grande idée de moi, mais j'en ai une si bonne de ma maîtresse, que je gagerais bien que vous ne lui plairez jamais.

gustave. Jamais?

wilhem. Jamais, je le parie.

gustave. Eh bien ! moi, je parie qu'en une demiheure, j'en obtiens un aveu et une déclaration.

alfred. Y penses-tu?

gustave. Sois donc tranquille; sans la connaître, fe suis certain que nous sommes au mieux ensemble; ce sera quelqu'une de nos jolies danseuses.

wilhem. Point du tout; vous n'avez jamais vu Henriette, et elle ne se soucie point de vous voir, et quoiqu'elle loge en face de vous, elle ne vous a seulement pas fait l'honneur de se mettre à sa fenêtre.

gustave. Oui-da ! alors, Messieurs... il y va de notre gloire, et je mecharge de nous venger... Elle se nomme Henriette... ellle est jolie... elle est notre voisine... il ne nous faut pas d'autres renseignements.

wilhem. Ah! que je suis hète —

gustave. Je parie vingt-cinq ducats... Eh bien! monsieur le bourgmestre, est-ce que vous auriez déjà peur?

wilhem. Non, certainement... j'y mettrais toute ma fortune. Je suis sûr d'Henriette, et pour commencer, je vais m'établir là, devant sa porte, et je n'en bouge point.

alfred. Non pas, non pas; il faut que tu viennes avec nous, et que tu nous enseignes nos logements.

wilhem. Allez-y tout seuls. .

gustave. Est-ce que ce n'est pas à toi de les établir ?

tous. Sans doute, sans doute. Ah ! tu viendras.

wilhem. Eh bien ! oui, j'y vas; mais ce ne sera pas long, c'est l'affaire d'une demi-heure.

gustave. C'est un peu prompt... mais je ne vous en demande pas davantage... à votre retour, vous trouverez bien des choses de faites

wilhem, vivement. Je reviens tout de suite. [Il sort avec les officiers.)

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