‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 706 sur 1121 · WILHEM, HENRIETTE · texte numérisé non relu

WILHEM, HENRIETTE

wilhem. Dieu me pardonne, la voilà! j' crois que j'en ai pâli...

Henriette, regardant autour d'elle.

Ain du Vaudeville d'Elle et Lui»

Est-il enfin temps que je sorte?

Ils sont partis... je puis te voir; Ton absence avec elle emporte Et mon bonheur et, mon espoir.

C'est le sentiment fpic j'éprouve ; Mon cœur suit tes pas malgré moi, Et jamais je ne le retrouve Qu'en me trouvant auprès de toi.

wilhem, à part. Hein! quelle mine perfide!

Henriette. Ou'as-tu donc? connue tu nie regardes!

WILHEM. Avez-vous reçu ce matin un présent que je vous ai l'ail ?

ue. muette. Oui, sans doute, et je t'en remercie : c'est charmant.

wilhem. Eh bien! où ecMl? je veux savoir où ilest.

HENRIETTE, baissant les yeux. Mais, mon ami, pourquoi me demandes-tu ûiflaî

wilhem. N'y a-t-il que vous qui l'ayez vu?

Henriette. Oh! mon Dieu, oui, car à peine l'ai-ji: m reçu, que je l'ai mis sur-le-champ; tu me l'avais recommandé.

wilhem. Là, c'est le dernier coup.

Henriette. Eh bien! qu'est-ce que ça veut dire?

wilhem. Ça veut dire que je vous abandonne, que je ne vous aime plus, et que s'il n'y a que moi qui vous épouse, vous n'aurez pas sitôt de mari.

Henriette. Comment! je n'aurai pas de mari; qu'est-ce que ça signifie? expliquez-vous, là, tout de suite, sur-le-champ. (Pleurant.) Je n'aurai pas de mari ! apprenez qu'on ne plaisante pas comme cela.

wilhem. Voilà qu'elle pleure, à présent. Sachez que je ne plaisante pas. Je vous ai fait un présent qui était un secret entre nous deux; vous en avez fait part à un autre, et comme je suis la discrétion même, je veux une femme qui garde mes secrets, et qui n'aille pas les communiquer à tout le monde.

Henriette. Moi, j'ai jasé? si on peut dire cela...

wilhem. Oui, jasé, jasé! si vous voulez; enfin, assez causé.

Henriette. Non, Monsieur, ce n'est pas assez, et vous me direz tout, car je ne veux pas passer pour une bavarde, surtout lorsque je n'ai pas pu dire un mot dans toute la matinée ; demandez à Nanci... moi, une bavarde...

wilhem. Voilà qu'elle pleure encore! et cet officier, ce capitaine, vous ne lui avez pas parlé pendant un quart d'heure?

Henriette. Moi, je ne l'ai seulement pas vu ! il s'est présenté à la porte, on-la lui a refusée ; il m'a adressé un billet, je l'ai renvoyé; voilà ce qui s'est passé, demandez à Nanci.

wilhem. Eh ! mais comment se fait-il qu'il connaisse mon présent, et cela grâce à vous; il s en est vanté. \

Henriette. Cela n'est pas possible.

wilhem. Il m'a dépeint la forme, la couleur, l'agrafe, mon chiffre et le vôtre; et il n'y a pas de doute, il faut qu'il soit sorcier, ou que je sois trompé. Or, comme il n'est pas sorcier...

Henriette. C'est indigne !

Air : Ma belle est la belle des belles. J'ignore d'où vient ce mystère, D'où viennent vos soupçons jaloux.

Comment cela s'est-il pu faire?

Je ne le sais pas plus que vous!

D'un crime évident l'on me blâme; Mais le fût-il encor bien mieux, Un bon époux en croit sa femme, Plutôt que d'en croire ses yeux.

wilhem. C'est vrai, j'ai peut-être eu tort.

Henriette. Et moi , je n'oublierai jamais que vous avez douté de ma constance, que vous m'avez soupçonnée; aussi c'est moi qui vous abandonne, qui ne vousreverrai de ma vie, et dans l'instant je vais vous renvoyer votre présent.

wilhem. Comment, ça serait tout de bon! Eh bien ! oui, j'ai eu tort; et quoique ce soit moi qui aie à me plaindre, je te demande pardon. (H se met à genoux.)

Henriette. Me croyez-vous encore infidèle?

wilhem. Je n'y conçois rien; maisj'aime mieux m'en l'apporter à toi.

Henriette. Et vous n'avez plus de soupçons?

wilhem. Aucun.

"en mette. Et ma parole vous suffit pour ma justification?

wilhem. Je n'en demande point d'autre.

Henriette, le relevant. Mon bon Wilhem! va, ce mot-là te rend toute ma tendresse; mais ce n'est pas assez que ton cœur me croie innocente; pour moimême je veux maintenant t'en convaincre hautement, et je me vengerai du capitaine. Tu disqu'il s'appelle?..

wilhem . Le capitaine Gustave. — Je vais chez mon père, et je reviens, (A pari.) parce que j'ai promis de payer, et l'honneur avant tout.

Henriette. C'est bien! reviens pronipteinent; mais, quoi que tu voies ici, garde le silence.

wilhem, revenant. Ah çà! tu gardes mou cadeau, n'est-ce pas?

Henriette. Je te promets de ne pas le quitter.

LA JARRETIÈRE DE LA MARIÉE

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