‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 717 sur 1121 · VICTOR, AUGUSTE, CAMILLE · texte numérisé non relu

VICTOR, AUGUSTE, CAMILLE

victor. 11 a perdu la tête ; et je tremble pour les ordonnances qu'il va écrire !

auguste. Laisse-le faire, et imite-nous; nous ne sommes pas comme toi, nous ne sommes pas fiers; ton argent, c'est le nôtre; et nous en usons sans t'en demander la permission.

victor. Mon argent?

camille. Eh oui, M. Ducros, notre propriétaire, ce riche bonnetier, avait besoin d'une enseigne, et il nous la paie cinq cents francs.

victor. Moi, une enseigne! j'irais me déshonorer et avilir mes pinceaux !

auguste. A qui en a-t-il donc? tout le monde a commencé par là; moi qui le parle, j'ai bien fait des contredanses, et, s'il le fallait, j'irais les jouer; en avant deux, chassez, croisez, et la queue du chat*

victor. Tu as raison, c'est peul-ètre un amourpropre, une fierté déplacée, mais avec cette idée-là, ce serait plus fort que moi, il me serait impossible de rien faire.

auguste, passant à sa droite. Eh bien! on ne te demande rien, c'est déjà l'ail .-regarde ton tableau d'Elisabeth; nous l'avons vendu cinq cents francs; dans l'instant on va nous les apporter.

vreroa. Quoi! ce tableau? ah! mon alni, il est dit que le malheur me poursuivra toujours; je l'ai vendu ce matin soixante francs à un brocanteur.

auguste. Il se pourrait...

LA MANSARDE DES ARTISTES

Camille. Ah! mon Dieu, nous voilà ruinés. auguste. Aussi je te demande pourquoi te mêler de commerce, toi qui n'y entends rien; mais on t'a trompé, et nous ne souffrirons pas...

Victor. Non, mon ami, non; ma parole est donnée, et jamais je n'y manquerai.

Camille. Auguste, il a raison.

auguste. Hélas ! oui ; et il n'y arien à faire. Camille. Qu'à contremander notre dîner... [Retirant la serviette qui est sur le panier.) Et pour moi, me voilà revenue du marché. (Elle secoue la serviette, et le billet que Ducros y a glissé tombe par terre.) victor. Quel est ce papier que tu laisses tomber? camille. Je ne sais.

victor, lisant l'adresse. A mademoiselle Camille. C'est à votre adresse.

Camille, le regardant. En effet, mais je ne connais pas cette écriture, et je ne sais comment ce billet se trouvait là.

victor, avec émotion. Vous ne le lisez pas!.. Camille. A quoi bon, puisque vous le tenez? ai-je des secrets pour vous? voyez vous-même.

victor, après avoir parcouru le billet, fait un geste de colère et se reprend. Camille, je vous en prie, laissez-nous un instant.

Camille. Mon ami, qu'avez-vous donc?

victor. Tout à l'heure, nous irons vous retrouver. camille. C'est bien, c'est bien, je m'en vais. Ah! le vilain billet ! (Elle sort par la porte à droite du spectateur.)

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