‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 729 sur 1121 · CAMILLE, VICTOR, AUGUSTE, DUCROS, SCIPION, FRANVAL · texte numérisé non relu

CAMILLE, VICTOR, AUGUSTE, DUCROS, SCIPION, FRANVAL

ducros. Vous voyez, mes amis, que je suis de parole ; et, malgré ce que m'a dit mademoiselle Camille, je viens chercher mon enseigne , ou mes deux cents francs de loyer.

m. franval. Qu'est-ce que c'est? vous ne payez pas votre terme?

scipion. Oui, quelquefois, par hasard.

m. franval. Voyez-vous les gaillards? ils ne me disaient pas cela? Monsieur, je suis leur caution ; et j'ai sur moi une quinzaine de louis au service de mes jeunes amis.

scipion. Merci, mon professeur, je vous reconnais bien là. Heureusement pour vous, nous voilà riches, et nous vous le rendrons. (A Ducros, lui donnant la bourse.) Tenez, farouche propriétaire, voilà le dernier argent que vous recevrez de nous, car demain nous déménageons.

ducros. Vous nous quittez?

scipion. Oui, mes amis, l'oncle de Camille, notre nouveau protecteur, nous offre chez lui, pour rien, un superbe appartement; et j'ai, sur-le-champ, passé bail sans vous consulter.

ducros. Pour rien!

auguste. Oui, monsieur Ducros; voilà un bel exemple à suivre.

ducros, à part. Diable ! je suisfàchéqu'ilss'enaillent, surtout à cause de la petite. (Donnant un papier à Auguste et à Victor.) Voici la quittance écrite, et signée de ma main.

victor. Ah! mon Dieu ! (Bas, à Auguste.) Dis donc, c'est l'écriture de ce matin, la déclaration anonyme.

ducros. J'espère du moins que j'aurai la pratique de ces messieurs, et surtout de Madame, pour les bas, les mitaines, et tout ce qui concerne la bonneterie.

victor, quia tiré la lettre de sa poche. Non pas, nous nous fournirons ailleurs;. j'ai accepté votre quittance [Lui rendant la lettre.) et vous donne congé.

ducros. Dieu ! mon épîlre de ce matin !

victor. Que j'aurais dû remettre à madame Ducros.

Mais quand on est heureux, qu'on pardonne aisément!

auguste. Allons, mes amis, ne parlons plusd'amour; ne pensons qu'à la gloire, rappelons-nous que nous devons remplacer un jour, (A Victor.) toi, Girodet, (A Scipion.) toi, Marjolin et Dupuytren, et moi, Boïel-

LA MANSARDE DES ARTISTES

dieu. Je reprends ma lyre; toi, reprends tes pinceaux, et. toi. retourne à tes malades.

m. fiunval. Et tant que je serai là, il n'en manquera pas; car vous êtes de braves jeunes gens, de véritables artistes.

scipion, passant entre Auguste et Victor. Mes amis, la fortune nous sourit, le premier pas est fait; nous n'avons plus maintenant qu'à nous élancer dans la carrière; mais, quand nous serons célèbres, quand notre réputation sera faite, quand tous trois, riches et contents, nous nous verrons dans un bel appartement doré, rappelons-nous toujours ces modestes lambris, et les difficultés qui entourèrent nos premiers pas. (A Victor.) Et quand un jeune peintre t'apportera sa première esquisse; (A Auguste.) quand un jeune musicien te montrera sa première partition; quand un jeune confrère viendra me consulter, encourageons leurs faibles essais; secourons-les de notre amitié, de notre bourse, de nos conseils; et n'oublions jamais que ce qu'il y a pour eux de plus difficile au monde, c'est le premier pas dans la carrière.

VAUDEVILLE

Air : A Gennevilliers.

VICTOR

Peines, hasards, misères et souffrance, Dans les beaux-arts, voilà comme ou commence; L'orage cesse Et le ciel s'éclaircit;

Honneur et richesse, Voilà comme on finit.

SCIPION

Un commençant, Racine eut une chute, Souvent, hélas! voilà comme on débute; Mais le génie S'élève et s'agrandit ;

Phèdre, Athalie, Voilà comme on finit.

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