SCÈNE XVL
Les précédents; DESROCHES, sortant de son appartement; JUSTINE, sortant de celui de mademoiselle Desroches, et tenant un peignoir.
desroches. Que vois-je? me direz-vous, ma sœur, quel est Monsieur!
justice. Eh! mon Dieu, qu'avez-vous donc à vous fâcher? c'est lout bonnement le coiffeur de Madame.
tous. Que dit-elle?
justine. 11 venait la coiffer pour ce soir.
mademoiselle DESROciiES. A merveille, ma chère! (A part.) Dieu ! quelle présence d'esprit ! (Haut.) Oui, mon frère, oui, Monsieur est mon coiffeur; vous voyez encore ma guirlande de fleurs que j'avais apprêtée.
Justine, montrant ce qu'elle tient sur son bras. Et moi, le peignoir que j'apportais.
alcibiade. Ces dames vous ont dit la vérité : je suis artiste en cheveux, architecte en coiffure, connu avantageusement pour la légèreté de la main, et la sûreté de la coupe.
.mademoiselle desroches, bas, à Alcibiade, d'un air d'approbation. A merveille. (.'1 part.) Qu'il a d'esprit!
desrociies. Et l'on croit que je serai dupe d'un pareil stratagème. (Haut, à Alcibiade.) Eh bien ! Monsieur, puisque vous êtes coiffeur, j'en suis charme; c'est moi qui accompagnerai ce soir ma sœur au spectacle : et comme je viuxen lui donnant le bras passer aussi pour un homme à la mode, vous allez avoir la bonté de me coiffer ici, à l'instant même, et dans le dernier genre.
mademoiselle desrociies, à part. Grand Dieu! que va-t-il faire? Pauvre jeune ho nme!
alcibiade. Monsieur, si cela peut vous être agréable, vous n'avez qu'à parler.
desroches, prenant une chaise. Eh bien! Monsieur, commençons.
alcibiade. Malheureusement, je n'ai ni pommade ni papillotes, et je ne pourrai pas...
desroches. N'est-ce que cela? on va vous donner ce qu'il faut. Justement, voici Poudret.