‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 793 sur 1121 · MADAME DE SAINT-ANDRÉ, BONNEMAIN, JULES, ANTON1NE · texte numérisé non relu

MADAME DE SAINT-ANDRÉ, BONNEMAIN, JULES, ANTON1NE

bonnemain, élevant la voix. J'espère qu'à la fin on daignera m'expliquer cette étrange démarche, à moins que décidément on ne regarde un mari comme rien, et un receveur général comme zéro.

jules, bas, à Bonnemain. Bien, bien.

anton ine, s'avançant. Je me suis justifiée aux yeux de ma famille, et je pourrais m'en tenir là; mais je n'abuserai point de ce que ma position a de favorable; votre colère était absurde, vos soupçons ridicules; ils ne valent pas la peine d'être réfutés.

bonnemain. C'est égal, essayez toujours, ça ne peut pas faire de tort.

antonine. Apprenez, Monsieur, que ce n'est pas moi, mais ma sœur; c'est-à-dire, c'était bien moi, puisque c'est moi que vous avez épousée ; mais c'est justement à cause de cela, parce qu'il a cru un moment, et c'est si naturel quand on aime bien!.. C'est ce qui vous prouve qu'il n'y a de la faute de personne, et que c'est vous seul qui êtes coupable.

madame de saint-andré. C'est clair comme le jour, et vous devez voir...

bonnemain. C'est-à-dirî, j'y vois... j'y vois de confiance.

antonine. bas, à sa mère. Maman, si, pour achever de le convaincre, j'essayais de me trouver mal.

madame de saint-andré, bas. Impossible avec ta toilette. (Haut.) Et tenez, tenez, les voici.

Les précédents, M. DE SAINT-ANDRÉ, ESTELLE, FRÉDÉRIC, et toutes les personnes de la noce.

CHŒUR

Air : Dans cet asile (des Eaux du Mont-d'Or).

Ah ! quelle ivresse !

De sa tendresse Ce jour heureux Comble les vœux ;

Le mariage Ici l'engage :

Quel moment Pour le sentiment !

antonine, à Bonnemain.

Aux noirs soupçons votre àme était en proie; Vous le voyez, il adore ma sœur.

JULES

Il aime Estelle! ah! pour moi quelle joie!

bonnemain, regardant Jutes.

Dieu! comme il m'aime, et comme il a bon cœur! (Lés acteurs sont rangés dans l'ordre suivant : le premier désigné tient la droite de l'acteur : M. de Saint- André, Frédéric, Estelle, madame de Saint-André, à qui onapproche un fauteuil, Antonine, Bonnemain, Jules.)

bonnemain. Tout est expliqué, et, cette fois, j'en suis quitte pour la peur. Pendant qu'ils sont dans les reconnaissances, j'ai bien envie d'enlever ma femme impromptu; car, grâce au ciel, il est près de minuit, et nous touchons au lendemain du plus beau jour de ma vie. (Appelant.) Baptiste, les voitures de noce sont-elles là?

le domestique. Non, Monsieur, M. Jules les a renvoyées.

bonnemain. Encore un contre-temps! Est-ce que nous pouvons nous en aller à pied, en bas de soie, dans la neige? il ne manquerait plus que cela pour réchauffer l'hymen. Tâche de rattraper ma voiture, et averlis-moi sur-le-champ.

madame de saint-andré, qui , pendant ce temps, a causé avec Frédéric, son mari et ses deux filles. J'ai peine à me remettre de mon émotion. Voilà donc mes deux filles établies. Quelle perspective douloureuse pour une mère! car enfin, je vais me trouver seule avec mon mari; sans compter que, dans huit jours, j'aurai encore une noce à subir, le spectacle d'un mariage.

estelle. Non, ma mère, si vous le permettez, nous nous marierons à lacampagne, sansbruit, sansapprèts.

madame de saint-andré. Et pourquoi donc cela?

Frédéric. Une noce à huis clos, au profit seulement des mariés.

m. de saint-andré. Je ne sais pas si c'est dans, les convenances.

bonnemain, à voix basse. Belle-mère, belle-mère, nous allons partir.

madame de saint-andré. Quoi! déjà?

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