‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 820 sur 1121 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

PLACIDE, MADAME LOCARD.

madame locard, à part. Pour ne rien risquer, j'ai agi franchement, et je viens de rompre avec madame de Beaumont, c'est plus sûr. (Haut.) Eh bien' monsieur Placide, vous ne venez pas? votre fille, votre aimable Elodie est inquiète de vous.

placide. Ah! elle est inquiète ! elle n'est pas la seule! Apprenez, Madame, que tantôt il y a eu ici amphibologie, et que je n'ai jamais entendu que ma fille épousât un agent de change.

madame locard. Mais c'est d'accord, c'est arrêté entre nous; vous aurez pour gendre mou fils le notaire; j'ai votre parole, vous avez la mienne ; et demain matin à dix heures, tout sera terminé.

placide. Terminé? non pas, c'est impossible; à présent, j'ai des motifs.

MADAME LOCARD. Et lesquels?

placide. Lesquels? c'est-à-dire, pour des motifs, je n'en ai pas; mais j'ai appris. t.

madame locard, à part, il se pourrait ! (Haut.) Parlez, Monsieur, que vous a-t-on appris?

placide. On m'a appris... c'est-à-dire, Madame

on ne m'a rien appris, et voilà ce qui me détermine...

madame locard. Je vous comprends. Mais on n'en vient point à une rupture pareille sans des raisons majeures, et vous parlerez... vous m'expliquerez...

placide. Du tout; je ne parlerai pas, je ne dirai rien, et je n'ajouterai pas un mot de plus. C'est une affaire de confiance ; je suis le maître de ne plus en avoir, si ça m'arrange.

madame locard. 11 suffit. Monsieur ; qu'il n'en soit plus question. On ne prétend pas vous contraindre, et vous pouvez rentrer au salon.

placide, à part, en s'en allant. Je perds un gendre, c'est vrai; mais je sauve mes capitaux. (Il sort parle fond.)

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