‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 835 sur 1121 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les précédents, DERVILLE.

derville, à part. Allons, allons, je n'en suis pas fâché ; cela apprendra à M. de Yalbrun à faire le mauvais plaisant. Dieu ! ce sont ces dames !

madame de vervelles.

Air : Ces postillons sont d'une maladresse. Approchez-vous, je cherche à vous défendre, Mais en vain, car dans son courroux Jenny refuse de m'enteudre, Et veut changer.

DERVILLE

Que dites-vous?

MADAME DE VERVELLES.

Oui, colonel, le croiriez -vous?

Ma nièce a des goûts infidèles.

DERVILLE

0 ciel ! c'est bien mal ! c'est affreux (Se montrant lui et madame de Vervelles.) Et surtout avec les modèles Qu'elle a devant les yeux.

jenny, àpart. Jecrois vraiment qu'il me railleencore.

madame de vervelles. Oui, mon cher Derville ; un nièce veut retirer sa parole ; elle refuse de vousépouser, sous prétexte que vous avez des dettes et des créanciers.

jen'ny, lui faisant signe de se taire. Ma tante, je vous en prie...

derville. Quoi! Madame, on vous aurait dit... Vous me permettrez de m'expliquer : vous savez que j'ai un oncle, le vieux commandeur, qui est immensément riche, mais qui n'a jamais eu d'activité, qui est lent dans tout ce qu'il fait. 11 m'a promis de me laisser ?a succession; et vous sentez que là-dessus on ne peut pas presser les gens ; aussi, par délicatesse, je me suis permis d'anticiper sans lui en rien dire; c'est ce qui fait que j'ai peut-être cinq, six, ou sept créanciers, peut-être plus.

jenny. Comment! il serait vrai! Eh bien! par exemple, j'étais loin de me douter...

madame de vervelles. Fais donc l'étonnée ; c'est toi qui me l'as dit.

jenny. Oui, mais c'est que je croyais... c'est-à-dire, j'imaginais... (A part.) Enfin, avec lui, il n'y a pas moyen de faire une seule supposition! (Haut.) ri! Monsieur, c'est indigne, vous avez tous les défauts.

madame de vervelles. D'accord ; mais il est fidèle.

derville, baissant les yeux. Oui, comme dit Madame, je suis...

jenny. Je crois qu'il ose encore parler de sa fidélité.

madame de vervelles. Et pourquoi pas? cette qualité-là, selon moi, lient Heu de toutes les autres.

derville. Je suis bien de l'avis de Madame.

jenny. Comme vous voudrez ; mais si monsieur n'a que cela à mettre dans la balance... En vérité, j'ai peine à me comraindre. Eh bien! oui, Monsieur, nia tante vous a dit la vente ; je vous relire, parce que vous n'avez point d'ordre, ni de tenue, ni de conduite ; je déteste les créanciers, et jania s je n'épouserai que qu'un qui aura des lettres de change... (Avec intention.) ou des billets en circulation.

madame de vervelles. Et moi, ma nièce, je troine que vous êtes d'une injustice extrême.

derville, d'union hypocrite, C'esl ce que je n'osais pas \ous dire.

MADAME DE VERVELLES. Et puis(|UO VOUS m'y foi'CCZ,

c'est moi qui me charge d'acquitter toubà ses dettes, de satisfaire tous ses créanciers.

LE BAISER AU PORTEUR

derville, de même, à Jenny. Vous voyez ce dont vous èles cause.

madame de vervelles. J'espère qu'après cela vous n'aurez plus de prétexte, et que rien ne vous empêchera de tenir une promesse à laquelle l'honneur de la famille est engagé. Venez, mon cher neveu.

derville. Je vous rejuins dans l'instant.

madame de vervelles. Mais c'est que vous avez des renseignements à me donner sur ces créanciers.

derville. Rien n'est plus facile; d'ailleurs il y a ici au Soleil-d'or une députation de ces messieurs ; et en envoyant un de vos gens... {Bas, à madame de Vervelles.) Rien qu'un mot pour la fléchir, et je suis à vous. (Madame de Vervelles sort par la droite.)

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