SCÈNE VIL FARDOWE, JULIEN
fardowe. Voilà un farouche guerrier,
julien. Ah! mon Dieu, qu'ai-je fait là? et qu'est-ce que ça va devenir?
fardowe. Sois tranquille, mon enfant; je n'oublierai point que c'est ton oncle, et je te promets de l'épargner.
julien. Ce n'est pas pour lui que j'ai peur.
fardowe. Comment! ce serait pour moi! ce pauvre garçon ! sois tranquille, je reconnaîtrai cela; je t'avais promis une dot sur mon premier tableau, et tu l'auras, je te le jure, c'est-à-dire... non; ça n'est pas possible, il est vendu d'avance.
julien, à part. Et c'est peut-être le dernier qu'il pourra faire.
fardowe, se fouillant. Et dire que je n'ai rien sur moi !.. Tiens, mon garçon, voilà un billet excellent, c'est de l'or en barre... (Â part.) Au fait, je n'ai pas besoin d'en avoir deux, puisque je suis sûr du premier coup...
julien. Et qu'est-ce quej'en ferai?
fardowe. Tu le vendras ; ça vaut six mille francs au porteur. — Et tu trouveras ici, dans l'instant, une foule de lords et de jeunes seigneurs qui seront trop heureux de te l'acheter ; on n'en trouve plus.
julien. Six mille francs!
fardowe. C'est une dot, et avec cela tu pourras te moquer de ton oncle, de ton tuteur et du capitaine de la force armée. Entends-tu le son du cor? c'est le signal, je vais me préparer.
Air du Pot de (leurs.
Favorisé par des chances nouvelles, Je puis posséder un château Orné de ses quatre tourelles ; Dieux! pour un peintre quel tableau!
Moi qui, toujours sur le gui-vive.
N'eus jusqu'ici pour logement Qu'un grenier sur le premier plan, Et l'hôpital en perspective.
(Il sori.)