‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 910 sur 1121 · SCÈNE XV. , ALEXIS ; POLESKA, habillée en paysanne russe · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. , ALEXIS ; POLESKA, habillée en paysanne russe

i'Oleska, parlant à la porte à droite, d'où elle sort. Oui, va vite, dix roubles de récompense. (Elle redescend au bord, du théâtre, et dit à part.) Mourir! non pas!., j'aurais été bien bonne : il faut vivre pour se venger. (Voyant Alexis.) Ah! c'est lui.

alexis. Je suis enchanté de votre soumission; et vous y gagnerez de toutes lès manières; car ce costume vous va à ravir.

poleska, froidement. J'en suis charmée.

alexis. Puis-je vous demander à qui vous parliez tout à l'heure?

poleska. A un jeune paysan que j'ai aperçu par la fenêtre, et à qui je donnais une commission.

alexis. Et quelle était cette commission?

poleska, ^sèchement. Vous ne le saurez pas.

alexis. Et pourquoi?

poleska. Parce que je n'ai pas de compte à vous rendre.

alexis. C'est juste : je ne peux pas exiger que vous m'obéissiez deux fois en une heure, ce serait trop ; mais cela viendra; ce sont les commencements qui sont toujours les plus difficiles. Maintenant, chère amie, que vous voilà en costume plus convenable, il faut se mettre à l'ouvrage.

poleska. Moi! travailler !.. m'abaisser...

alexis. On ne s'abaisse point en travaillant.

poleska. Et moi, Monsieur, je vous dis... (Geste impératif d'Alexis. — A part.) Qu'allais-je faire! il faut savoir se contraindre et attendre. (Haut, et pendant qu'Alexis place un rouet devant elle.) Impossible, Monsieur, de rien vous refuser, vous le demandez d'une manière trop aimable pour qu'on ne s'empresse pas de vous l'accorder.

alexis, rapprochant sa table à ouvrage. J'ai là mou ouvrage; voici le vôtre. Je suis sûr que vous vous en tirerez à merveille- (7/ est à droite à faire des sabots, et Poleska à gauche, assise près de son rouet.)

alexis, travaillant.

Ain : Pauvre dame Marguerite (de la Damiï Blanche). Le magister du village

LA LUNE DE MIEL

Nous répétait, j' m'en souviens,

Gaité, travail et courage

Sont la sourc' de tous les biens,

Mari, soyez doux, et tendre,

Femme, sachez le comprendre,

Et soumise à votre époux, Comme assidue à votre ouvrage, Pour avoir la paix du ménage, Filez, filez, filez, filez doux.

poleska, jetant sa quenouille, dont elle a arraché le chanvre. C'est trop difficile; cela n'ira jamais.

alexis, en prenant une toute préparée sous sa table. Qu'à cela ne tienne : en voici une autre.

poleska, avec dépit. Vous êtes trop bon... C'est une suite d'attentions et de complaisances, dont.je ne sais comment vous remercier.

Même air.

Lorsque je vois tant d'audace, Rien n'égale mon courroux.

ALEXIS

Hé! mais, qu'avez-vous, de grâce','

POLESKA.

Rien, Monsieur... Je pense à vous.

[A part.) Pauvres femmes qu'on outrage Et qu'on tient dans l'esclavage, Prenez auprès d'un époux Votre malheur en patience, Et jusqu'au jour de la vengeance, Filez, filez, filez, filez doux.

ENSEMBLE

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