SCENE III
Les Précédents, M. DE VOLBERG.
de volberg, paraissant à la porte du fond. A mei'veille !
Henriette, se • retirant confuse. Dieu! Monsieur de Volberg!
volberg, à Gabriel. Je suis là... je sèche d’impatience, et tu m’oublies!
Henriette, vivement. Oh! non, Monsieur... ( Baissant les yeux.) Nous nous occupions de vous!
volberg, souriant. Tout à l’heure?
Henriette. Oui, sans doute... je pensais que je voudrais bien vous voir près de votre femme...
volberg. Comme Gabriel près de la sienne., c’est là le plus cher, le plus doux de mes rêves.
Gabriel, passant à la table à droite. Et il ne tardera pas à se réaliser, car Henriette est pour toi!
volberg. Je le sais! c’est elle, c'est son gracieux accueil qui ce matin m’a rendu le courage !
Henriette. C’est tout simple, les amis de mou mari sont les miens. Mais vous en direz bien plus que moi... par votre seule présence.
volberg. Vous croyez?
Gabriel. C’est le meilleur argument!
D’ARANDA
Henriette, souriant. Oui, sans doute... et quand on a d’aussi bonnes raisons à présenter... on a tort de le faire aussi tard!
volberg. J’étais retenu en pays étranger... en Espagne.
Henriette, vivement. Oa écrit du moins!
Gabriel, assis, parcourant des papiers. Il était prisonnier... à Cadix... sur des pontons anglais.
volberg. Et à peine libre... à peine arrivé à Madrid, j’ai écrit à Gabriel pour lui demander ce que faisait ma femme... ce qu’elle pensait! et à qui elle pensait., car vous me parliez de mes torts, Madame; le plus grand de tous pour un mari... c’est l’absence. Aussi je ne viens ni pour me plaindre... ni pour accuser., mais si j’apprenais qu une autre pensée... un autre sentiment... règne dans son coeur. .
HENRIETTE, avec effroi. Eli bien?..
volberg. Je romprais des nœuds devenus pour elle insupportables... je partirais...
Henriette, à part. O ciel! (Haut.) Non... Monsieür, non, vous ne partirez pas... Hortense ne pense à personne... qu'à vous., qui êtes révéré... et estimé d’elle... ( timidement .) Elle n’en est encore qu’à l’estime... mais bientôt...
volberg. Ah! c’est tout ce que je demande! il me siérait mal d’être exigeant, et pourvu que j’entende de sa bouche... ce que vous venez de me dire...
Henriette. Vous l’entendrez. . . je vous en réponds...
Air : Je veux vous avoir pour compagne.
Sur nous que votre espoir se fonde.
Et dans ce moment décisif Formons un accord défensif!
volberg, vivement.
Contre qui?
HENRIETTE
Contre tout le monde !
Et d’abord, calmaut votre effroi,
Vous allez, à mes lois Adèle,
Me donner le bras!
VOLBERG.
Et pourquoi?
Gabriel, se levant.
Que t’importe?., fais comme moi,
Et laisse-toi mener par elle!
volberg
Trop heureux!., je fais comme toi :
Je me laisse mener par elle.
Henriette, à Volberg. Venez... allons chez Hortense.
hortense, en dehors. Mais oui. Monsieur... il faut que je parle à madame de Blinval... il le faut!
HENRIETTE, à Volberg. C’est sa voix! c’est elle!
Gabriel. Dieu! je m’en vais... (Il se sauve dans son cabinet, à droite.)
volberg. Eh bien!., où va-t-il?..
HENRIETTE. Où il va?., ah!., je sais... je sais... (A part.) Chez M. d’Aranda, sans doute, il ne faut pas dire !..