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SCENE IV

RICCARDO, ZARAH.

DUO

riccardo, à part, avec douleur, et regardant Zarah qui s’avance.

Et d’un seul mot peut-être La perdre sans retour!

D’un mot voir disparaître Tous mes rêves d’amour!

zarah, s’approchant de lui.

O vous, qui semblez être Si grave dans ce jour.

Quel orage fait naître Ces noirs pensers d’amour?

(Lui tendant la main.)

Ne pourrait-on connaître Ces noirs pensers d’amour?

riccardo, vivement, et la prenant dans les siennes. Ali! cette main, je ne veux qu’elle!

(Lui montrant les bijoux dont elle est parée.)

Et je la trouve bien plus belle.

Elle a plus de charme et de prix Sans ces brillants, sans ces rubis.

zarah, souriant.

Je promets désormais, en épouse fidèle.

Don Juan, de ne porter que votre noble anneau!

LE GUITARRERO.

RICCARDO

Ah! qu’entre nous, du moins, Zarah, rien ne rappelle Ce titre qui pour moi n’cst qu’un brillant fardeau!

ZARAU.

Et pourquoi donc? Parlez...

riccardo, hésitant.

Pourquoi?..

ZARAH.

Vous tremblez devant moi, qui vous aime! riccardo, à part, avec douleur.

Et d’un seul mot peut-être La perdre sans retour!

D'un mot voir disparaitre Tous mes rêves d’amour!

zarah, souriant.

Mon seigneur et mon maître,

Parlez! et dans ce jour Faites-nous mieux connaître Tous vos peuscrs d’amour.

RICCARDO

Pour vous, puissante et noble dame,

Le rang, les titres, les aïeux.

Sont les biens qui touchent votre Ame;

Le reste n’est rien à vos yeux!

ZARAH.

Oui, mon Ame orgueilleuse et fière De mes aïeux chérit l'hoDucur!

Mais à leurs titres je préfère La noblesse qui vient du cœur!

RICCARDO

De trouble et d’espérance Mon cœur bat et s’élance;

Et pourtant je balance.

Et js me sens trembler!

Pur une indigne ruse,

Trop longtemps je l'abuse;

El l’honneur, qui m’accuse.

M’ordonne de parler!

zarah, « part, le regardant.

11 hésite, il balance ;

Mais, j’en ai l’espérance,

Bientôt sa confiance Saura se dévoiler.

(A Ricardo.)

Non, plus de vainc excuse Qui diffère et m'abuse !

L’amour, qui vous accuse.

Vous prescrit de parler1 Quand le sort généreux voulut vous dispenser Et la naissance et la fortune ensemble.

Il eut tort, il me semble ;

Car vous pouviez vous en passer!

RICCARDO

Que dites-vous?

ZARAH.

Que, quand on aime.

Par le rang ou l’éclat le cœur n’est plus séduit.

Et vous seriez errant, malheureux et proscrit...

riccardo, vivement.

Que votre amour serait le même?

ZARAH.

Plus grand encore !..

RICCARDO

Eh bien ! sachez donc...

(Il va parler, et aperçoit les femmes de Zarah qui sortent de la porte à gauche avec la toilette de la mariée ; il s'arrête.)

Ah ! grand Dieu!

ZARAH.

Plus tard... plus tard... Adieu!

ENSEMBLE

RICCARDO

De joie et d’espérance Mon cœur bat et s'élance.

Injuste défiance,

Cessez de m’accabler!

Par une, etc.

ZARAH.

De joie et d’espérance •

Son cœur bat et s’élance.

A moi sa confiance S aura se révéler.

Oui, plus de vainc excuse Qui me trompe et m'abuse.

L’amour, etc.

( Zarah sort par la porte à gauche, avec ses femmes.)

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