‹ Å’uvres illustréesChapitre 1130 sur 1154 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

GIANINA, REBECCA.

rebrcca. Ah ! je suis folle... ce n’est pas possible... c'est un rêve... et je crains de m’éveiller... Ta main, Giauina! ta main... (Elle la lui serre.) Non, je ne dors pas... c’est bien lui qui était là... qui vient de me parler...

gianina. Eh oui! c’était lui... dont vous aviez l’air de ne pas vouloir...

rebecca. Ah! je te jure que si!..

fédbric. Mademoiselle... j’aurais Avons parler... rbbecca. A moi ?..

fédéric. D’une importante affaire... qui peut-être va vous reudie bien malheureuse. . Mais le malheur, je l’espère, sera de peu de durée...

rebecca. Je m’y résignerai sans me plaindre, Monsieur, s’il ne doit pas atteindre ceux que j’aime... s’il épargne mon père.

federic. C’est un moyen de le sauver... de le rendre à la liberté

rebecca. On m’avait assuré qu’aucun danger ne le menaçait... Il y en a donc que j’ignorais?., et de plus grands encore !.. Parlez, Monsieur, parlez! que fàut-il faire?.. J’ai de la force... du courage... rien ne m’effialera... Tous les sacriOces, tous les tourments qui me seront imposés, je m’y soumets... j’y consens d’avance...

fédéric. Eh bien donc... Mais, quelque inattendue... quelque terrible que soit ma proposition, promettez-moi de ne pas m’en demander les motifs... Vous ne pouvez les connaitre aujourd'hui... Demain... peut-être... etd’ieilà, croyez seulement qu’il faut des raisons bien graves pour que je vienne ainsi, contre toutes les convenances, vous faire une offre pareille.

rebecca. Vousm’etfrayez beaucoup, Monsieur... Qu’estce donc ?..

fédéric. C’est de m’épouser...

rebecca, pousse un eri et tombe à moitié évanouie dans les bras de Gianina. Ah!

gianina. Mamselle!.. mamselle... reveuez à vous!.. fédéric, à part, la regardant. J’en étais sâr!.. Ascanio a raison... il est aimé!., et l’idée seule d'une autre union.. .

rebecca. Vous, Monseigneur!., vous... le marquis de Palavicini... Ce n’est pas possible... je ne suis qu’une tille du peuple...

fédéric. Peu m’importe!..

rebecca. La fille d’un orfèvre... et, plus encore, songezy bien. Monseigneur ... la fille d’un juif... Issachar, mon père, est un juif.

fédéric, à part et la regardant. Ah! si Ascanio était là. . il serait content!.. La pauvre fille fait tout ce qu’elle peut pour se défendre... (Haut, avec bonté.) Je sais tout cela, mon enfant, et cela ne m’empêçhe pas de vous dire : Voulez-vous m’épouser... à l’instant?

rebecca. A l’instant!..

fédéric. Oui vraiment.

rebecca. Moi?..

federic. Oui, sans doute... A moins... que, de votre part, uu obstacle invincible...

Air : Que peut-on demander déplus. (Vaudeville de Oui et Non.)

Mais juge de mou embarras !

D’où vient ce bonheur?., je l’ignore.

D’abord... je ne comprenais pas...

Et je ne comprends pas encore!

GIANINA.

Ce sera tout c’ que vous voudrez.

Pour ma part je suis moins craintive ;

Quand 1’ bonheur frappe, on dit : Entre»!

Sans d’mander comment il arrive!

Moi, d’abord, je lui aurais sauté au cou... je lui aurais dit : Je vous aime, je vous ai toujours aimé!

rebecca. Y penses-tu?..

gianina. Tiens! ça valait mieux que de rester immobile et muette comme vous l’avez fait.

rebecca. Je ne voyais rien... je n’entendais rien! le sang me portait à la tète, avec des battements... (Portant la main à son cœur.) et là surtout!.. Mais rassure-tol... dès que je ne suis pas morte de joie sur le coup, il n’y a plus de danger! Et conçois-tu mon bonheur?., quand il était riche et puissant... je ne pouvais rien lui donner... il n’avait pas besoin de moi!.. Mais ici, dans la prison, ou dans l’exil... je peux l’entourer de mon amour et de mes soins!.. C’est ma dot, à moi !.. Et ce soir... cette évasion... je partirai avec lui... les dangers qu’il court ne m’effraient plus .. je les partagerai!

gianina, la contrefaisant. Ta, ta, ta, ta! Ab! vous partez maintenant... et pour tout le temps perdu... ça va bien! nous v’ià au pair!

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