‹ Å’uvres illustréesChapitre 1134 sur 1154 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les mêmes, PEPITO, entrant tout essoufflé.

ascanio, à Pepito. Qu’est-ee que cela signifie? gianina. Parle donc! parle!.. Qu’est-ce que cela veut dire?

pepito, reprenant haleine. Ça veut dire que... depuis ce matin... tout est en combustion... tout se dispose pour... une émeute,.,

TOCS. 0 ciel!

pepito. De sorte que, dans la rue, j’ai trouvé tout le monde qui courait.,, s’embrassait et se félicitait, tous. Qu’y a-t-il donc?

pepito. C’est justement ce que j’ai demandé à un vieux monsieur en noir... un magistrat que j’ai arrêté par son habit... Il y a, m’a-t-il dit, il y a que l’on finit par où l’on aurait dû commencer... Notre prince, qui avait spivi jusqu’ici le système de son père... voyant que ça ne produisait que des révoltes, veut essayer un peu du système opposé.

tous. Est-il possible?

pepito. Il paraît que tout est changé, a-t-il continué, et l’on met à la tète du gouvernement ceux qu’on proscrivait, hier... à commencer par le marquis de Palavicini. tous, poussant un cri. Ah!

pepito et gianina. Il vivra !

Ascanio, sautant au cou de Fédéric. Sauvé! sauvé1., mon ami!,, mon frère!.. ( S’arrachant de ses bras.) Ab! mou Dieu!., ( L’amenant au bord du théâtre, pendant que Pepito et Gianina vont, au fond, au devant des prisonniers qui entrent en foule.) Etma femme !.. qui est maintenant la vôtre...

fédéric, avec effroi. O ciel! c’est vrai!.. ascanio, frappant du pied. Suis-je assez malheureux! fédéric, avec impatience. Et moi, donc ! qui pour obliger un ami... Mais vous comprenez bien que je ne resterai pas dans une position pareille !

ascanio. Mais que pouvons-nous faire?

fédéric. Eh! parbleu! demander dès demain la rupture de ce mariage! et il faudra bien que je l’obtienne... ou sinon?..

ascanio. Je respire ! Mais d’ici là. .

fédéric. D’ici là, Rebecca ne sera pour moi que la femme d’un ami...

REBECCA

gianina, qui, pendant ce temps, a causé bas avec tes prisonniers qui sont au fond du théâtre. Eh oui! vraiment... il revient au pouvoir...

tous. Fst-ce possible?..

pepito. C’est sûr! ( Montrant un officier qui vient d'entrer et auquel il a été parler.) Voilà ud officier du prince qui lui apporte sa mise en liberté... et l’invitation de se rendre à l’instant, avec lui, au palais.

fédéric, à l’officier, après avoir lu le papier. Je vous suis, Monsieur.

gianina, qui a élé regarder du haut de la tour. Et tout le peuple qui l’attend en bas... avec des bannières et des cris de joie... Les entendez-vous?

Air : La trompette guerrière. (Robert.)

Quelle double victoire,

Et pour lui quel beau jour!

La puissance et la gloire,

Le bonheur et. l’amour !

féderic, à Ascanio.

Ce soir vous serez libre, ainsi que mon beau-père.

{A Gianina.)

Dis-lui qu’à mon hôtel il suive Rebecca;

Moi, je vais au palais.

GIANINA.

La chose est singulière.

Quel drôle de mari... sans sa femme il s’en va!

PEPITO ET GIANINA.

Quelle double victoire,

Et pour lui quel beau jour!

La puissance et la gloire,

Le bonheur et l’amour!

ASCANIO

Ali! pour lui quelle gloire!

Pour moi quel triste jour!

(Regardant Fédéric.)

Mais en lui je veux croire... •

Ainsi qu’en son amour!

fédéric, regardant Ascanio.

C’est œuvre méritoire De combler son amour.

Et c’est la seule gloire Que je veux ep ce jour!

(Fédéric sort par la porte à droite. — On entend, au

REBECCA

sais à peine entrer dans ce lieu dont aujourd’hui je suis la maîlresse... Car je suis chez moi... (Avec joie et à demivoix.) et, mieux encore! chez lui !.. Et, lorsque hier ses gens, sa livrée... tout ce monde me saluait en m’appelant: Madame la marquise, j’étais si heureuse, qu’ils m’ont peutêtre crue Hère... Ils se trompaient... C’est que : Madame la marquise... ( Avec joie.) Madame la marquise!., ça veut dire sa femme! Comment ça s’est-il fait?., je n’en sais rien encore... il m’avait défendu de le lui demander... Et puis, à peine si je l’ai vu depuis qu’il est mon mari! car mon mari... j’aime ce mot-là... mon mari était au pa-.' lais, près du grand-duc, et il est rentré me dire que le Conseil le retiendrait dehors une partie de la nuit. ( S'approchant de la table à gauche et s’asseyant.)

Am : Ne nous trahissez pas tous deux. (Lestocq.)

Mais la nuit s’avance déjà!

On va le retenir jusqu’à L’auroie!

Les ministres, ça fait frémir,

Ne peuvent donc pas à loisir ' Dormir!

iO

dehors, des hourras et des acclamations. — Ascanio, Gianina, Pepito et les prisonniers saluent Fédcric, qui s’éloigne.)

Page 1