‹ Å’uvres illustréesChapitre 1147 sur 1154 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les mêmes, REBECCA, sortant de la porte à gauche. Elle entre lentement, lève les yeux, ap rçoif Fédéric et fait un pas pour sortir. Fédéric la prévi nt, se met devant la porte du fond, et Rebeua court sc

REBECCA

réfugier près de Gianina. — Les acteurs sont dans l’ordre suivant : Pepilo, Fédéric, Rebccca, Gianina.

rebecca, tremblante. Que me voulez-vous, Monsieur? fédéric. Rien!., pas même implorer mon pardon; mais vous voir encore une fois!

rebecca, avec dignité. Je ne vous comprends pas. Monsieur!

fédéric, qui s’est relevé. Eh! puis-je comprendre moi-meme tout ce qui s’est passé dans mon cœur?.. Hier... je ne connaissais pas le trésor que je cédais à un aulrc. Mais depuis... vous ne me croirez pas, Rebccca, et c’est pourtant la vérité... depuis, j’aurais donné ma vie pour être aimé de vous...

rebecca, qui l’a écouté avec joie. Que dit-il ? gianina. Eh bien, qu’est-ce qui lui manque donc?

FÉDÉRIC

Air : iVe vois-tu pas, jeune imprudent .

Et j’ai repoussé pour toujours,

J’ai méconnu ce bien suprême !

Et ces nœuds, charme de mes jours,

Ont été brisés par moi-même!

Ah ! puisqu’il tout jamais le sort Détruit le rêve qui m’enivre,

Je pars... Pourquoi vivrais-je encor Quand pour vous je ne peux plus vivre?

(U fait quelques pas pour sortir .) uti'.iiccA, vivement Fédéric, restez!., restez !..( Fédéric

redescend le théâtre. — Rebecca , avec émotion.) Vous m’aimez donc?

fédéric. Je n’ai plus le droit de vous le dire! rebecca. Et si je puis d’un mot... mais tantôt, je serais morte plutôt que de le prononcer... si je puis d’un mot rendre nulle leur nullité...

fédéric, reprenant vivement l'acte de divorce qui est resté sur le guéridon à gauche. Que dites-vous?

rebecca. Oui, Monsieur, reprenez ce vilain acte que je ne veux pas regarder, et lisez vous-même! .. Comment y a-t-il là... au milieu de la page?

fédéric, prenant le papier d’une main tremblante. « Déclarons ce mariage nul pour avoir été contracté entre « un chrétien et une juive. »

pepito et gianina, poussant un cri et redescendant le théâtre. O ciel!

rebecca, à Fédéric. Depuis le jour où vous et votre père alliez être condamnés... il y a de cela un an ! moi qui toute ma vie avais été séparée, de vous ..je ne voulus pas l’être encore par delà le tombeau... et sans en parlera personne des miens, pas même à mon père... gianina. Eh bien?

rebecca. J’ai couru en secret abjurer ma croyance. fédéric, poussant un cri de joie, et la pressant sur son cœur. Ah! est-il vrai ! toi, Rebecca, avoir embrassé notre croyance!..

gianina. C’esL bien! c’est la bonne!

rebecca. Je l’ignore... (S’adressant à Fédéric.) mais c’est la tienne!..

fin de Rebecca

DISCOURS DE RÉCEPTION

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