‹ Å’uvres illustréesChapitre 128 sur 1154 · TSING-SING, TÂO-JIN · texte numérisé non relu

TSING-SING, TÂO-JIN

tao-jin. Eh bien! seigneur, dites encore qu’il n’y a pas d’avantage à épouser une cousine de l’empereur au huitième degré!.. Enseveli ici dans cette province de Cha- I toug, dont vous êtes gouverneur, vous ne pouviez vous I absenter, ni venir à Pékin, ni paraître à la cour, qui jamais n’a été plus brillante, à ce que m’écrivait dernièrement Nin-Kao... ce jeune mandarin de première classe... et mon cousin au troisième degré...

tsing-sing, à part. Celui dont je parlais tout à l'heure. tao-jin. Alors, et dans ma tendresse pour vous, devinez ce que j’ai fait ?

tsing-sing. Je ne m’en doute même pas.

tao-jin. Le prince impérial, qui voyageait depuis un an, revient enfin dans la capitale...

tsing-sing. Je le sais... Il doit même traverser cette province pour se rendre à Pékin...

tao-jin. Où l’on vient de monter sa maison... Eh bien! Monsieur, l’empereur, à ma demande et à ma considération, a daigné vous nommer à la place la plus flatteuse... il vous a donné le titre de tchangi-long ou premier menin de son altesse.

tsing-sing. Est-il possible!., un tel honneur! tao-jin. C’est à moi que vous le devez : une charge magnifique, qui vous donne le droit de rester toujours auprès du prince, de le suivre partout ! pendant que moi, je resterai à la cour !

tsing-sing. Comment! je ne pourrai pas le quitter? tao-jin. D’une seule minute... à moins qu’il ne l’exige... C’est l’étiquette chinoise. .. et si vous y manquiez, le prince j aurait le droit de vous faire trancher la tête.

I tsing-sing. Ah! mon Dieu! Par bonheur... je connais le prince, un jeune homme charmant, qui tient beaucoup j au plaisir et fort peu à l’étiquette Je suis un des lettrés

i de l’empire qui dans son enfance lui donnaient des leçons :

il ne venait jamais aux miennes... ce qui ne l’a pas empêché d’être prodigieusement instruit.

tao-jin. Et c’est en récompense de vos soins que l’empereur vous attache à sa personne, et vous donne une place qui, dès aujourd’hui, vous ramène à la cour. tsing-sing. Comment! aujourd’hui?..

tao-jin. Eh ! oui, vos fonctions commencent de ce mo- I ment... Nous ne quitterons plus le prince, et comme il va arriver...

tsing-sing. Lui... le prince! {A part, avec embarras.) Et ce soir... mon mariage... comment faire?..

tao-jin. Tenez... tenez, voyez-vous de loin la bannière impériale... C’est lui. . c’est son altesse... Quel bonheur! moi qui ne l’ai jamais vu...

tsing-sing. Vous oseriez vous exposer ainsi à ses yeux? tao-jin. Pourquoi pas?., comme fils de l’empereur, nous sommes parents : c’est un cousin...

tsing-sing; Elle en a partout... Et cette foule qui l’environne... braverez-vous aussi leurs regards profanes?.. Rentrez, Madame, rentrez...

tao-jin. Vous avez raison, et j’attendrai que le prince soit seulavec vous. (Elle entre dansla pagode à gauche.)

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