‹ Å’uvres illustréesChapitre 235 sur 1154 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DON CARLOS, seul. Oui, leur bonheur me donnera le courage de, supporter la perte de Léocadie, et d’éloigner de mon cœur un autre tourment plus affreux encore. (Assis près de la table , il ouvre plusieurs lettres.) Le comte d’Aranza, la duchesse Delmontès... Des compliments da grands seigneurs; rien ne presse. (Il ouvre un autre billet.) Qu’ai-je vu! juste ciel! (Il regarde l’adresse.) C’est bien pour lui : au capitaine Fernand d’Alveyro ! (Il Ht à demi-voix.) « Si vous n’êtes pas le

LÉOCADIE

« plus lâche des hommes, tous tous rendrez, dans une « demi-heure, à l’entrée du petit bois d’orangers, près « du rempart; tous y trouverez un homme que vous avez « mortellement outragé ; je n’ai d’autres armes que mon « sabre. Nous serons sans témoins ; c’est vous dire assez « que la mort de l’un de nous peut seule terminer le « combat!.. Je vous attends ! » (Il ferme le billet.) Point de signature. Fernand aurait un ennemi mortel! il ne m’en a jamais parlé! Et ma' sœur, ma pauvre Amélie, qui n’existe, qui ne respire que pour son époux ! et je remettrais ce billet! Non, je m’en garderai bien. (Relisant le billet.) Seuls, sans témoins, au milieu de l’obscurité. Rien ne peut me trahir; je prendrai la place de Fernand, je m’y rendrai. Aussi bien depuis le jour funeste que ces lieux me rappellent, je n’ai pas eu un seul instant de repos. Mais le ciel est juste, et je n’échapperai point au châtiment; car, je le sens, dans ce combat c’est moi qui dois succomber. Je le disais tout à l’heure : cette maison me sera fatale.

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