‹ Å’uvres illustréesChapitre 288 sur 1154 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DIAVOLO, seul, descendant de la montagne. RÉCITATIF.

J’ai revu nos amis! tout s’apprête eh silence Pour seconder ma vengeance,

Et pour combler tous mes vœux;

Est-il un destin plus heureux?

AIR

Je vois marcher sous mes bannières Des braves qui me sont soumis;

J’ai pour sujets et tributaires Les voyageurs de tous pays.

Aucun d’eux ne m’échappe,

Je leur commande en roi.

Et les soldats du i ape

Tremblent tous devant moi.

On m’amène un banquier: — DelV !— De 1 or!,— c or; Là c’est un grand seigneur:— Del or. D . ^

Là c’est un fournisseur : - Que justice soit faite .

De l’or! de l'or! bien plus encor.

Là c’est un pauvre pèlerin :

« Je suis sans or, je suis sans pain . » En voici, camarade; et poursuis ton chemin. Là c’est une jeune filletW Comme elle tremble, la pauvrette!

« Par charité, laissez-moi, je vous pr c .

« Ab! ah! ah! ah !

« Par charité, ne m’ôtez pas la vie !

a Ali ! ah ! ,ah ! ah !

« Grâce, monseigneur le brigand !

a Je ne suis qu’une pauvre entant. »

CAVATINE

Nous ne demandons rien aux beTffcs :

L’usage est de les épargner;

Mais toujours nous recevons d’elles Ce que leur cœur veut nous donner.

Ali ! quel plaisir et quel enchantement!

Le bel état que celui de brigand!

Mais, mais, dans cet élat charmant...

RONDEAU

Il faut sc hâter, le temps presse.

Il faut se hâter de jouir !

'Le sort, qui nous caresse, Demain pourra nous trahir.

Quand des périls de toute espèce Semblent toujours nous menacer,

Et plaisir et richesse.

Il faut gaiment tout dépenser.

Ah! le bel état!

Aussi puissant qu’un potentat, Partout j’ai des droits,

Et moi-même je les perçois.

Je prends, j’enlève, je ravis

Et les femmes et les maris.

J'ai fuit battre souvent leur cœur,

L’un d’amour, l’autre de frayeur.

L’un en tremblant dit : Monseigneur!

Et l’autre dit : Cher voleur ! cher voleur!

Il faut se hâter, le temps presse, etc.

Oui, tout mon plan est arrêté, et j’espère que cette fois messiro Lorenzo ne pourra plus le déranger. Six heirtvs viennent de sonner à l’horloge de l’auberge; dans une | heure j’cn serai débarrassé. Il est jaloux, il est brave : il I ira au rendez-vous. {Souriant.) J’ai donné ma procuration a mes compagnons qui l’attendent, et qui se font toujours une fête de mettre du plomb dans la léte d’un brigadier romain. Moi, pendant ce temps, et sitôt que le détachement sera parti .. Oui, si j’ai bonne mémoire, le père de Zerljne, Malhéo, revient ce matin avec son gendre pour la noce; et pendant qu’ils seront tous à la chapelle, les billets de banque à Milord, ses bijoux, et jusqu’à Milady . . .

je lui dois cela, je l’inviterai à venir passer quelque temps avec nous à la montagne. En sera-t-elle fâchée ? Elle le dira. (Avw fatuité.) Mais je ne le crois pas; il est si agréable de pouvoir raconter son aventure dans toutes 1 s sociétés de Londres. ( Contrefaisant une voix de femme.) « Ah! ma chère, quelle horreur! j’ai été enlevée par les brigands les plus aimables et les plus respectueux — Vraiment? — Je vous le jure. » Elles voudront toutes, d’après cela, faire le voyage d’Italie. ( Regardant autour de lui.) L’essentiel est de guetter le départ de Lorenzo et celui du détachement. Je ne vois pas paraître Beppo et Giacomo que j’ai laissés ici en éclaireurs; et je n’ose les aller chercher dans l’auberge : car les carabiniers sont sur pied, et si je rencontrais ce paysan qu’ils ont amené et qui me connaît... Un ingrat! qu’on s’est contenté de voler. Voilà une leçon pour l’avenir. [Ecoutant.) On vient! ( Tirant des tablettes.) Ayons recours au messager convenu. [Montrant un des arbres du bosquet à droite.) Le creux de cet arbre... à Beppo et à Giacomo, deux mots

LACNY

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qu’e x seifls pourront comprendre. (Il déchire la feuille de ses tablettes, la ploie, la jette dans l’arbre et s eloignepar la droite.)

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