‹ Å’uvres illustréesChapitre 307 sur 1154 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les précédents ; SALDORF, sortant de son hôtel.

saldorf. Eli bien! eh bien! Fritz! qu’e'st-ce que nous f lisons la? Est-ce que lu n’entends pas le rappel? Tu n'as p is encore ton uniforme !

fritz. Si, mon commandant; je vais le chercher et me rends à mon poste. Ce soir, mademoiselle Henriette, je ne ferai la patrouille qu’autour de votre maison. (Il sort en courant .)

Henriette Comment! monsieur de Saldorf, vous êtes son commandant?

saldorf. Oui, ma belle enfant; colonel de la milice urbaine, j'y ai consenti ; c’est un honneur que nous autres, grands seigneurs, faisons à la bourgeoisie. D’ailleurs, quoique chambellan , j’ai toujours eu des inclinations guerrières.

Henriette. C’est vrai : j’ai entendu parler de plusieurs affaires où vous vous êtes montré.

saldorf. Il faut cela dans ma position. Il y a une foule de gens qui eu veulent aux honneurs et à la richesse, et qui disent : il est millionnaire, donc il est bête. Eh bien! non, et je le prouve l’épée à la main. Pour cela il ne faut que d& l’adresse et du courage; on en achète «à la salle d’armes; et quand une fois on a tué son homme, on vit làdessus, et les railleurs vous laissent tranquille; tu comprends?

Henriette. En vérité, monsieur le baron, je vous admire; vous êtes toujours gai et content.

saldorf. C’est vrai; j : suis coûtent... de moi ! et tu conviendras quexe n’est pas sans motif. De l’or, de la jeunesse, d; la sauté, une femme charmante, et baron par-dessus le marché, si avec cela on n’était pas gai, il faudrait être bien misanthrope, et je ne le suis pas; j’aime tout le monde, surtout les jolies femmes. Tu en sais quelque chose ^

Henriette. Moi, Monsieur?

saldorf. Oh! tu me tiens rigueur; tu fais la cruelle. Je devrais m'en fâcher; eh bien! pas du tout, j’aime cela parce que c’est bizarre... C’est la première! Aussi je suis de moitié avec ma femme pour te protéger, pour te doter. Tu n’as pas oublié que demain la noce se faisait chez moi, à l’hôtel. J’ai permis à Fritz, ton mari, d’inviter tous ses amis, tous ses compatriotes qui se trouvent en cette ville. Nous aurons des chants et des costumes tyroliens : cela

fera bien dans mes jardins; et, pour compléter la fête, j’ai invité enmasse celte excellente madame Charlotte et toutes ses demoiselles.

Henriette. Je connais, Monsieur, toutes vos bontés.

saldorf. Oui, moi je suis bon, cela m’amusera, parce que toutes ces petites lilles, c'est gentil ; et puis, un grand seigneur qui protège la candeur, l’innocence, c’est original. Si j’avais le temps, j’aurais fait des couplets là-dessus.

Henriette. Vous en faites aussi ?

saldorf. Parbleu! on fait de tout quand on est chambellan ; mais aujourd'hui je ne serais pas en train ; j’ai un chagrin affreux.

Henriette. On ne s’en douterait pas.

saldorf. Parce que je prends sur moi. Ma femme est malade.

HENRIETTE. O Ciel !

saldorf. Elle dit que non, de peur de me faire de la peine, mais je m’y connais; elle est souffrante, et comme ça, m’inquiète beaucoup, je te prierai de passer la nuit auprès d’elle, à l’hôtel, comme cela t’arrive souvent, parce <(he je suis obligé d’aller au bal.

Henriette. Dans un pareil moment, vous éloigner?

saldorf. Du tout, c’est à deux pas, là, en face; l’hôtel du comte de Darmstadt, un bal paré et masqué, voilà pourquoi tu me vois en grande tenue. Tu sais que ma femme n’habite plus ce côté du boulevard, et j’ai dit qu’on te préparât la chambre à coucher.

Henriette. Qui est derrière la sienne, (montrant le balcon à droite du spectateur.) qui donne sur ce balcon ?

saldorf. Oui ; de sorte que demain, en t’éveillant, tu apercevras le boulevard de ta fenêtre.

Henriette. Je vous remercie, Monsieur, d’avoir pensé à moi.

saldorf. Oh! moi d’abord, je pense à tout. Adieu, ma toute belle. Adieu, madame Frilz. A demain, bonne nuit.

( Henriette entre dans l’hôtel à droite.)

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