‹ Å’uvres illustréesChapitre 334 sur 1154 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les précédents ; FRÉDÉRIC.

(En ce moment on entend sonner deux heures à l’horlone de l’hôtel, et les gens de la noce, qui sont tous groupés à gauche, aperçoivent Frédéric que Fritz leur montre, et qui sort du bosquet a droite. A mesure qu’il redescend le théâtre, ils passent derrière lui et l’entourent.)

FRÉDÉRIC, à part, se dirigeant du côté du pavillon. Voici l’heure du rendez-vous.

Dieu! que de monde!

(Apercevant Saldorf.)

O ciel! et son époux...

fritz, montrant Frédéric.

Oser venir encore! Ah! quelle audace extrême!

Cet amant, ce rival qu'elle aime,

11 est devant vos yeux,

Le voici!

toc= quittant la gauche du théâtre et achevant de passer à droite derrière Frédéric, de manière a laisser la fenêtre du pavillon entièrement en vue aux spectateurs.

Grands dieux !

Frédéric, passant près de Saldorf.

Arrêtez ! c’est une imposture !

HENRIETTE ET MINA, avecjoiC.

Vous l’entendez!

fritz, montrant Saldorf.

Il l’a dit, je le jure.

FRÉDÉRIC

C’e^une erreur; oui, je l’atteste ici.

aldorf, quittant sa place qui est à l’extrême droite, et passant devant tout le monde pour aller près de Frédéric.

Jais alors de chez qui sortiez-vous donc ainsi.

Frédéric, troublé.

)e chez qui?

SALDORF.

Répondez.

Frédéric, à part.

Juste ciel! que lui dire?

(En ce moment, la jalousie du pavillon s’entrouvre, mais sans qu'on puisse voir la personne qui est derrière. On aperçoit seulement l’extrémité d’une écharpe

bleue qui passe par-dessous la croisée. Frédéric, qui regarde de ce côté, aperçoit le mouvement de la jalousie, et croit voir madame de Saldorf.)

Elle écoute, elle est là. Si je parle, elle expire !

saldorf, avec force.

De quel appartement veniez-vous donc?

FRÉDÉRIC, /fors de lui, et regardant tour a tour du cote d’Henriette et du côté de la jalousie.

Eh bien !

TOUS

ENSEMBLE

FRITZ

Rien n’égale ma rage !

L’auteur de mon outrage.

Enfin je le connais!

Non, pins de mariage ;

Au serment qui m’engage Je renonce à jamais.

HENRIETTE

Que dit-il? quel langage!

A cet excès d’outrage Je ne croirai jamais.

A lui l’amour m’engage; Recevez-en pour gage Le serment que je fais.

SALDORF.

Pauvre enfant! quel dommage!

(Montrant Fritz.)

Mais aussi quelle rage A parler l’obligeait?

Rompre son mariage.

Et le nœud qui l’engage, Malgré moi je l’ai fait!

(En ce moment, la jalousie se referme comme si la personne qui l’entr’ ouvrait n’avait plus la force de la tenir et tombait en faiblesse. Frédéric veut s'élancer de ce côté.)

saldorf, avec force.

De auel appartement?

tous, croyant qu’il veut s’échapper, et le retenant.

Parlez.

FRÉDÉRIC

Eh bien! eh bien!

(U cache sa tête dans sa main, et étendant l’autre du côté d’Henriette, il dit :)

C’était du sien !

(Henriette pousse un cri, et Mina, qui est derrière elle, la reçoit dans ses bras au moment où elle tombe évanouie. Pendant le reste du final, Mina et plusieurs de ses compagnes portent Henriette sur une chaise au milieu du théâtre, sur le second plan. A gauche de ce groupe, les gens de la noce qui sont redescen-

LA FIANCEE.

dus devant la fenêtre dupavillon qu’ils cachent en ce moment. A droite, un autre groupe, formé par Fritz, madame Charlotte et les autres compagnes d’Henriette. Frédéric est sur le premier plan, à droite d’Henriette ; Saldorf à sa gauche. Plusieurs des jeunes ouvrières qui entourent Henriette entrent dans le pavillon pour chercher des' sels qu’elles lui font respirer ; puis, voyant que tous leurs secours sont inutiles, elles vont chercher deux domestiques en livrée qui sortent du paimlon , et qui emportent Henriette dans leurs bras. Tout ce mouvement est fait pendant le commencement du final, et au moment où Henriette disparaît, les trois groupes indiqués ci-dessus se réunissent et n’en forment plus qu’un.)

ENSEMBLE

madame Charlotte, aux jeunes ouvrières.

Ah! quelle horreur! ah! quel scandale!

Profilez de cette leçon.

Dieu ! quel outrage à la moj-ale !

Et quel affront pour la maison !

FRÉDÉRIC

C’est fait de moi! Non, rieu n’égale

L’horreur de cette trahison.

Secret funeste ! erreur fatale !

Pour mes remords point de pardon.

SALDORF.

J’en suis fâché pour la morale.

Et puis pour ce pauvre garçon.

Mais tais-toi dope, point de scandale.

Il faut se faire une raison.

FRITZ

J’en étais sûr, non, rien n’égale

L'horreur de cette trahison,

Je maudis sa beauté fatale;

Pour ses forfaits point de pardon.

(Madame Charlotte entraîne Fritz, et Frédéric reste sur le devant du théâtre , se cachant la tête dans ses mains, et absorbé dans sa douleur.)

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