SCENE VII
Les précédents, FRÉDÉRIC.
Frédéric. La chasser ! et pourquoi? Qui l’oserait, quand je prends sa défense?
fritz. Sa défense !.. Ah bien! oui, il n’est plus temps, elle a tout avoué.
Frédéric, étonné. Que dites-vous?
saldorf, le prenant à part, et à voix basse. Oui, mon cher, et ce que vous pouvez faire de mieux maintenant, c’est de vous taire; car la pauvre enfant est convenue de tout, fort heureusement pour moi qui, sur quelques mots mal interprétés, allais me brûler la cervelle avec vous.
Frédéric, cachant son trouble. Se peut-il ! (S’approchant d'Henriette avec confusion et respect.) Comment! Henriëtte, vous avez dit?..
Henriette, se levant du fauteuil où elle était tombée et se soutenant à peine. Oui, Monsieur; qu’importe la perte d’une pauvre fille? Je devais trop à ma bienfaitrice pour la laisser soupçonner; dites-lui que je n’oublierai jamais ses bontés ; mais maintenant (A voix basse et avec une expression douloureuse.) je crois que nous sommes quittes !
Frédéric. Mais moi, Henriette, je ne le suis pas envers vous, et je dois témoignage à Ja vérité. (A haute voix.) Oui, je l’aimais, j’en conviens; mais j’atteste que, toujours vertueuse, Henriette n’a rien à se reprocher, et qu’elle n’a d’autre tortque mon amour qui l’a compromise. (S'approchant d’elle.) Ce matin, Henriette, ces richesses, ces trésors que je vous offrais pour réparer ma faute, vous les avez repoussés.
fritz et madame charlotte. Serait-il vrai!
saldorf. J’en ai été le témoin.
Frédéric. Eh bien! je vous les offre encore. Les refuserez-vous de la main d’un époux?..
MORCEAU D’ENSEMBLE
TOUS
Grand Dieu! lui, son époux!
Henriette, éperdue et tombant dans le fauteuil qui est près d'elle.
Vous, Frédéric ! que dites-vous?
FRÉDÉRIC
(Reprise de la romance du deuxième acte.)
O toi qui fus toujours ma sœur et mon amie.
LA FIANCÉE
J’avais juré de protéger ta vie.
Pour protecteur accepte ton époux!
HENRIETTE
De respect, de reconnaissance.
C’est moi qui tombe à vos genoux.
fritz, à madame Charlotte.
Avais-je tort d’ètre jaloux ?
MADAME CHARLOTTE
Former une telle alliance !
Jamais un tel bonheur ne nous arriverait!
Frédéric, à Henriette.
Ta bienfaitrice approuve mon projet
Que je venais de lui faire connaître.
Partons, elle nous attend.
SALDORF.
La noblesse crlra peut-être ;
Mais franchement, oui, franchement, 11 ne pouvait faire autrement.
CHŒUR DE JEUNES FILLES
Elle est comtesse! ah! quel h uneur!
Chantons, célébrons leur bonheur.
\WÀ ,]e . Kf#
T£2A LA FIANCEE.
LA NEIGE
LA NEIGE
ou
-t^to n
OPÉRA-COMIQUE EN QUATRE ACTES
Rci>i-cseuté, pour lu première fols, A Paris, sur le théâtre royal de l'Opéra-Cantlqnc, le O octobre f 8*3.