‹ Å’uvres illustréesChapitre 35 sur 1154 · MATHANASIUS ET LE ROI · texte numérisé non relu

MATHANASIUS ET LE ROI

Avec elle!..

ZANETTA

Avec moi !

le roi, d’un air d’incrédulité.

Quoi! cet enlèvement, cette fuite?..

Avec moi !

LE ROI

Et ce secret mariage ?

ZANETTA

Avec moi.

LE ROI

Un mariage!., avec toi!..

zanetta, timidement.

Pas encor!.. Mais du moins en voici la promesse,

Qu’il allait me signer!. .

. (Elle remet le papier au fai.)

la princesse, avec colère.

O ciel !

Rodolphe, vivement ,au roi, et lui montrant laprincesse.

Oui, son altesse Daignait nous protéger! et d’un cœur pénétré,

Je l’en remerciais... quand vooSêtes entré!

(Le roi s'est approché de Mathanasius, à qui il a montré ce papier.)

LE ROI

Qu’en dites-vous?

mathanasius, à voix basse.

Je n'ai rien à répondre !

Mais on nous trompe!..

le roi, de même.

Eh bien ! je saurai les confondre.

(A voix haute et froidement.)

A cet hymen je consens de grand cœur!

(En ce moment, entrent le chancelier et plusieurs seigneurs de la cour, qui se placent à gauche, et des dames d’honneur de la princesse, qui se placent à droite.)

zanetta, sautant de joie.

Est-il possible!.. Non, c’est sans doute une erreur!

Moi, sans nom, sans naissance!..

LE ROI

Eh bien! donc je te clonne

Un nom, un titre, un rang!.. Relève-toi, baronne !

Et nous signerons tous! Moi, d’abord, puis ma sœur.

(Il fait signe au chancelier, qui est à la gauche du théâtre, de s’asseoir à la table, et d'écrire le contrat.) la princesse, bas, à Rodolphe.

Jamais !

RODOLPHE

Au nom du ciel ! pour vous, pour votre honneur ! la princesse, à voix basse.

Plutôt nous perdre, vous et moi-même !

Rodolphe, à part.

O terreur !

(Le roi, après avoir donné les ordres au chancelier, qui écrit, passe à droite, entre Rodolphe et sa sœur.) zanetta, qui vient de causer avec Mathanasius.

Moi, baronne et comtesse !

(Prenant les bouquets qui sont restés dans la corbeille sur la table.)

Adieu, mes fleurs chéries!

Pour la dernière fois je vous aurai cueillies !

Mais avant d’abdiquer, laissez-moi, grâce à vous. M’acquitter des bienfaits qu’ici je dois à tous!

(Présentant un premier bouquet à Mathanasius.) premier couplet.

A vous, Monseigneur L’ambassadeur,

La jardinière Vous offrira •

Ce présent-là.

Pour vous, c’est bien peu ;

Mais mon seul vœu Est de vous plaire.

Cette fleur-là Vous le dira!

(Passant devant Rodolphe et s’adressant au roi.)

DEUXIÈME COUPLET

Vous, mon roi, dont la puissance M’a donné rang et naissance.

Et mieux encor, le droit heureux (Montrant Rodolphe .)

De le chérir à tous les yeux.

Quand chacun blâmait Et proscrivait Mon mariage.

Cette main-là Nous protégea!

A vous, dès ce jour.

Et mon amour Et mon hommage...

(Tenant un bouquet qu’elle va lui offrir.)

Cette fleur-là Vous le dira!

(En ce moment, le chancelier fait signe au roi que tout est prêt ; le roi quitte Zanetta et passe près de la table à gauche.)

zanetta, qui s*est approchée de laprincesse, lui offre son dernier bouquet.

Vous, fille de roi.

Daignez de moi Prendre ce gage.

Rodolphe, saisissant ce bouquet et lui donnant à laplace le bouquet de fleurs artificielles qu’il vient de tirer de son sein. — A demi-voix.

Non pas!., mais celui-oi.

zanêtta, étonnée et troublée, présente le bouquet à la princesse, en regardant toujours Rodolphe. Daignez... recevoir... les fleurs... que voici! la princesse, apercevant et reconnaissant le bouquet du premier acte, qu’elle a donné à Rodolphe.

O ciel!., je me perdais!., et pour lui!.. le roi, qui, après avoir signé à la table àgauche, passe à droite près de sa sœur.

Qu’as-lu donc?..

la princesse, aveo émotion.

Rien !.. rien !..

(Le roi lui fait signe d’aller signer. La princesse traverse le théâtre, s’approche de la table à gauche, hésite un instant, puis signe vivement, et dit avec ironie à Rodolphe et à Zanetta.)

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS

Noble hymen! hymen auguste!..

Qui nous semble et digne et juste.

Nous l’approuvons de grand cœur.

(Se retournant vers Mathanasius.

Partons!, monsieur l’ambassadeur!..

Partons!

ENSEMBLE

le noi, à Mathanasius , lui montrant sa sœur. Emmener l’épouse chérie.

Pour votre roi, par vous choisie!

LA PRINCESSE

Oui, ma fierté, par lui trahie,

A retrouvé son énergie.

matdanasius, tenant la main de la princesse, et se frappant le front.

C’est une aventure inouïe.

Qui confond ma diplomatie !

fin de

Rodolphe, à la princesse.

A vous le sceptre qu’on envie !

(.4 part, regardant Zanetta.)

A moi!., le bonheur de la vie!..

zanetta, à la princesse.

A vous le sceptre qu’on envie!

(A part, regardant Rodolphe.)

A moi!., le bonheur de la vie!..

CHŒUR

C’est une faveur inouïe!

Le roi lui-méme les marie !

( Mathanasius a présenté respectueusement sa main à la princesse, qui s’éloigne en jetant sur Rodolphe et Zanetta un regard de dédain. Les seigneurs et dames de la cour se sont rangés en haie pour les laisser passer. Le roi, en signe de réconciliation, tend ta main à sa sœur, tandis que Rodolphe serre tendrement Zanetta contre son cœur. — La toile tombe.)

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS

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