LE PRINCE DE NEUBOURG
Oui, par cette faveur extrême,
Ici je m’honore moi-même.
Par ses exploits, par sa valeur,
Il mérite un pareil honneur.
CHŒUR
De ce guerrier que chacun aime Célébrons lé bonheur suprême.
Et le grand prince dont le cœur Sait ainsi payer la valeur.
mademoiselle de wedel, bas, au prince de Neubourg.
A merveille!.. Tous les jours de nouveaux progrès; mais vous n’avez pas encore pensé à demander des nouvelles de son altesse.
le prince, de même. Étourdi que je suis! (Haut, à la , princesse.) Votre altesse ne s’est pas ressentie de l’accident de ce matin?
la princesse. Non; j’ai eu plus de peur que de mal. Mais comment tout cela s’est-il passé? et quel est donc mon libérateur ?
le prince. Je voudrais pouvoir dire que c’est moi; mais j’ai, au contraire, une peur horrible que cet accident-là ne soit do ma façon; et j’en suis d’autant plus désolé que |
j’avais promis à la baronne de Wedel de ne pas faire une seule gaucherie d’aujourd’hui. J’étais penché sur le traîneau de votre altesse que je conduisais; et dans le moment vous m’avez dit : Prince de Neubourg, j’ai besoin de vous voir et de vous parler.
m. de linsberg, vivement. Ah!., son allessc vous disait...
le pniNCE. Ce sont scs propfes paroles, et j’écoutais si attentivement que je n’ai plus pensé au traîneau, qui s’est dirigé tout seul; et, ma foi, sans monsieur de Linsberg... car c’est lui, vous ne vous en doutiez pas, c’est lui qui a encore remporté tout l’honneur de cette expédition navale; ce qui est fort beau, surtout pour un général de cavalerie.
m. de linsberg, regardant la princesse Je suis fâché, Monseigneur, que cet accident ait interrompu votre conversation avec son altesse.
la princesse. Un pareil entretien n’avalt rien debien'intéressant.
le prince. N’est-ce pas? et puis cela se retrouvera ; vous Ine l’avez promis?
la princessEj embarrassée. Oh! certainement... il est fort indifférent que ce soit... Mais qu’avez-vous, monsieur de Linsberg? vous paraissez souffrir; peut-être est-ce de ce matin?
m. de linsberg. Votre altesse est trop bonne de daigner s'en apercevoir; qu’importe?
la princesse. On ouvre chez le grand-duc. (A Linsberg, qui fait un mouvement pour sortir.) Ne venez- vous pas lui faire votre cour?
m. de linsberg. Oui, Madame. (A part.) Je veux tout examiner, ne pas les perdre de Vue! Fut-il jamais une situation pareille à la mienne! être mari, être jaloux, et ne pouvoir se plaindre!
mademoiselle de wedel, à qui le prince offre la main. A quoi pensez-vous donc? La main à son altesse!
le prince. Dieu ! quelle faute !
mademoiselle de wedel. El de deux ! (Le prince de Neubourg se précipite vers la princesse , et lui offre sa maiw, en ce moment, Linsberg, qui présentait lasienne, la retire en s’inclinant respectueusement.)
m. de linsberg, à part. Jusqu’à l’étiquette qui conspire contre moi ! (Ils sortent tous par la porte à droite du spectateur.)