‹ Å’uvres illustréesChapitre 404 sur 1154 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les précédents, HENRIETTE.

HENRIETTE. Eh bien. Monsieur, qu’est-ce que vous faites donc? de tous les côtés on demande le marié, on ne sait ce qu’il est devenu, et Monsieur est là à causer bien tranquillement, pendant que j’étais d’une inquiétude... léon. Je devine, c’est là ta femme.

Henriette. Oui, Monsieur; et ce n’est pas bien à vous de venir ainsi déranger mon mari; vous êtes cause que j’ai brouillé deux contredanses, parce que je regardais toujours par la fenêtre si c’était bien avec un monsieur qu’il causait; et quand il faut danser là- bas, et être ici, ça ne va. pas du tout. 9

roger. C’est qu’ voyez-vous, par caractère, ma femme est un peu jalouse.

LE MAÇON

Henriette. Oui, Monsieur j je ne m’en défends pas. Léon. C’est moi seul qui suis coupable : pardon, Mademoiselle.

HENRIETTE, d’un air fâché. Tiens, Mademoiselle!

Léon, souriant. J’ai tort, je devais dire Madame. Henriette. A la bonne heure ! ça n’est pas par fierté, mais ce mot-là me fait tant de plaisir à entendre! il y a si longtemps que je l’attendais! j’avais tant d’envie d’être appelée madame Roger! Madame Roger, c’est un beau nom; n’est-ce pas, Monsieur?

roger. Cette chère Henriette!

f lÊon.Ah ! que vous êtes heureux! toi du moins, rien ne s’oppose à ton union; tu peux épouser celle que tu aimes... tu avais raison tout à l’heure; il n’est pas en mon pouvoir de rien ajouter à ton bonheur, mais je veux du moins, avant de vous quitter, faire mou cadeau à la mariée. ( Otant une bague de son doigt.) Tenez, ma belle enfant.

Henriette, retirant sa main gauche qu’il veut prendre Oh! non, Monsieur, pas à cette main-là, c’est l’anneau que Roger m’adonné. En vous remerciantbien.(A Roger.) Vois comme il est brillant; mais c’est égal, j’aime mieux l’autre. (Regardant son autre main.) Mais rentrons dans la salle du bal, où l’on doit danser longtemps encore, car il n’est que neuf heures.

Léon, vivement. Neuf heures! vous en êtes bien sûre? km™, soupirant et regardant Henriette. Oh! oui Monsieur : il n’est que cela. ’

leon. Adieu, mes amis ; adieu, comptez sur moi. (Revenant et leur prenant la main.) Et sijamaisnous étions séparés, si je ne devais plus vous revoir... Mais non ne pensons pas à cela. Je vous reverrai. Adieu, Henriette ■ adieu, Roger : bonne nuit. (Il sort par la droite.) ’

Page 1