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SCENE IL IRMA, ZOBÉIDE

zobéide. Eh quoi ! Irma, tu ne suis point nos compagnes?

irma. Non, tu es ma meilleure amie; et avant de te quitter pour jamais, j’ai voulu te faire mes adieux.

zobéide. Y penses-tu? lorsque demain au contraire nous allons partir avec l’ambassadeur. Tu ne sais donc pas qu’aujourd'hui même il est allé à Versailles recevoir du roi son audiénee de congé?

irma. Si vraiment, demain vous partirez; vous irez le rejoindre, mais sans moi.

zobéide. O ciel!

irma. As-tu donc oublié qu’à notre retour l’hymen devait m’unir à Abdalla? Depuis le jour qu’il m’eut annoncé cette funeste nouvelle, un horrible désespoir s’empara de moi; et bientôt le mal qui me consumait m’eût conduite au tombeau ; mais, alarmé de l’état où il me voyait, et ne pouvant quitter Paris, Abdalla me fit parlir pour une campagne éloignée. Près de là, Zobéide, et dans un superbe château, habitait un jeune seigneur, un Français...

GANTABILE.

AIR

A chaque instant sur mon passage Il se trouvait;

Et dans l’absence, son image Me poursuivait.

En écoutant si doux hommage.

Je soupirais;

Et sans connaître son langage.

Je l’entendais.

CAVATINE

Si tu savais Combien il m’aime.

Ah! tu dirais.

Comme moi-méme :

Amour pour jamais !

Je perdais, en quittant la France,

Et son amour et l’espérance;

Mais brisant des fers odieux,

Il vient cette nuit en' ces lieux.

Si par le sort je suis trahie,

- Je sais qu’il y Va de ma vie.

Mais...

Si tu savais Combien il m’aime.

Ab ! tu dirais.

Comme moi-méme :

Amour pour jamais!

zobéide. O ciel! et c’est cette nuit qu’il doit se rendre ici?..

irma. Oui, dans une heure : Ibrahim, mon esclave fidèle. l’attendra à la porte du jardin ; Rica, un de nos compatriotes, est aussi dans nos intérêts. (On entend un air de marche.)

zobéide. Ecoute : ce sont nos gardiens qui fon t leur ronde.

irma. Et bientôt après, ils iront so livrer au sommeil. Viens, Zobéide ; et puissent mes prières et mon amitié te décider à me suivre! (Elles sortent par le fond.)

LE MAÇON

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