SCENE X
LÉON, puis IRMA, habillée à la française.
Léon, courant à elle. Irma, je te revois ! irma. J’ai cru que lu ne viendrais jamais.
Léon. Depuis longtemps j’étais au rendcz-vous,lorsqu un sclavo est venu m’ouvrir. Irma, es-tu bien sûre de cet isclave? ne crains-tu pas de lui quelque trahison? irma. Pourquoi? , . ,
Léon. Il avait l’air troublé, embarrassé. 11 voulait et n oait me parler.
irma. Ne crains rieD. C’est Rica, un de mes compar otes un Grec comme moi; il nous est dévoué. Mais tu e vois’, d’après tes ordres, et pour n’être pas remarqués Jaus notre fuite, je me suis mise à la française; je sms
mieux ainsi, n’est-il pas vrai?
léon. Tous les jours tu me semblés plus jolie; mais riens, partons.
LEON
Loin de ce lieu terrible Je guiderai tes pas.
d ciel, est-il possible?
Tu ne" me réponds pas?
Quand mon bras te délivre, D’où vient eette terreur?
Crains- tu donc de nié suivre?
IRMA
Non, si j’en crois mon cœur; Mais ce cœur qui t’adore Ne connaît pas vos lois;
Et peut, en écoutant ta voix,
Blesser des devoirs qu’il ignore.
léon, lui p'renant la main:
Par le ciel que j’implore Et qui veille sur nous,
Je te le jure encore.
Je serai ton époux.
LE MAÇON
IRMA
Par le ciel que j’implore.
Par le Dieu des chrétiens.
C’est toi seul que j’implore,
A toi seul j’appartiens.
ENSEMBLE
LÉON
O toi, Dieu redoutable.
Qui punis le coupable !
Du ciel où tu m’entends.
Viens bénir nos serments.
IRMA
0 toi, Dieu redoutable,
Qui punis le coupable!
Du ciel où tu m’entends;
Viens bénir nos serments
IRMA
C’est à celui que j’aime Que j’engage ma foi :
Je me donne moi-même :
( S’inclinant devant lui . j Ton esclave est à toi !
ENSEMBLE
LÉON
Dieu tout-puissant .'
IRMA
Dieu des chrétiens î O toi. Dieu redoutable.
Qui punis le coupable!
Du ciel où tu m’entends.
Viens bénir nos serments.
LÉON
Partons, partons, je guiderai tes pas!
[Ils vont pour sortir par la porte du fond ; Rica, pâle et tremblant, se présente devant eux.)