SCENE VH
ROGER, MADAME BERTRAND
MADAME Bertrand, sortant de la porte de la maison à qauche. Pauvre petite femme! sa situation et sa conduite seront appréciées par toutes les âmes sensibles. Je l’ai laissée chez moi, et je venais... (Apercevant Royer qui est plongé dans ses réflexions.) Ali! vous voila, mon voisin! vous rentrez, à ce qu’il parait.
roger. Oui, à l’instant. Qui vous amène de si bonne
^madame Bertrand. De si bonnelieure ! c’est selon comme on l’entend; car, pour rentrer chez soi, il y a des gens qui trouvent que c'est un peu tard ; et si je n avais pas fait entendre raison à votre femme...
roger, vivement. Ma femme!
madame BERTRAND Elle ne voulait plus vous voir ni rentrer chez vous; mais je me suis chargée de vous récou-
roger. Quoi! c’est vous qui vous êtes mêlée... c'est Cm, nous voilà brouillés! Et où est- elle en ce moment?
madame Bertrand. Chez moi, où je m'etTorçais de la con-
S0 ROGER. Chez vous? Courons vite. {Il va pour sortir par la porte du fond et rencontre Baptiste.)
Les précédents; BAPTISTE, accourant tout essoufflé.
roger. Eh bien! quelles nouvelles!
Baptiste. De fameuses; et cette fois, je n’ai pas couru pour rien.
roger. Dieu soit loué!.. Parle.
madame Bertrand. El) oui, sans doute, expliquez-nous vite.
Baptiste. J’ai été chez le graveur.
madame Bertrand. Le graveur!
Baptiste. Oui, au coin du faubourg; un homme de talent qui demeure ou cinquième, un savant distingué qui connaît les armoiries de tous les uobles anciens et nouveaux, attendu qu’il en fait tous les jours; et il m'a ait que les nétres, celles en question, appartenaient à la famille de Mérinville, dont l’hôtel est près de l’Arsenal.
madame Bertrand. Un hôtel magnifique, des gens immensément riches.
roger. C’est cela même; il faut y courir.
BAPTISTE. C’est ce que j’ai fait, mais avec prudence et sans danger; car il y avait tant de monde dans la cour, qu’on n’a pas fait attention à moi. Tous les gens de 1 hôtel allaient et venaient; ils parlaient tous de M. le duc Léon de Mérinville, un jeune colonel, riche, généreux, bienfaisant enfin un maître comme on n’en voit pas, car ses domestiques mêmes en disaient du bien; et tout le monde était dans la désolation, attendu que depuis hier 11 n a pas reparu à l’hôtel, et qu’on ne sait pas ce qu’il est devenu. roger. Grands dieux! c’était lui!..
Baptiste. C’est ce que je me sais dit. J’ai pensé que l’objet dont il s’agit appartenaitàla personne en question; et sans eu parler à qui que ce soit, je suis venu te faire part de cette découverte.
roger. Malheureux! la belle avance! nous connaissons le nom de la victime; mais celui de son ennemi, mais les lieux où il est retenu, tout est encore un mystère. Cependant, en combinant tous ces renseignements...
madame Bertrand. Oui, sans doute ; etsivousme disiez. .. ROGER, se promenant à grands pas. Laissez-moi, lais sez-moi; il s’agit bien de cela!
madame BERTRAND. Mais vous, du moins, monsieur Baptiste, expliquez-moi un peu...
Baptiste, Comment, est-ce que vous n’êtes pas au tait? Je croyais que vous saviez...
madame BERTRAND. Eh non, sans doute.
BAPTISTE, Eh bien ! s’il n’y a que mol qui vous 1 apprends... Dis-moi donc, Roger...
roger. Laisse-moi, te dis-je! Partez tous deux. . madame Bertrand. Mais, monsieur Baptiste, mais, mon voisin, qu’avez-vous donc?
LE MAÇON
noOER. Rien!., rien!., mais allez-vous-en. Laissez-moi Seul!..
madame Bertrand. Ils ont tous deus perdu la tête ; mais je vais chez madame Baptiste, chez sa femme : je la connais; et pour peu qu’elle sache quelque chose, je devinerai le reste. [Elle sort avec Bapiisle.)