‹ Å’uvres illustréesChapitre 461 sur 1154 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les précédents, ALBERT, en dehors.

Albert, frappant à la porte.

Rodolphe, allons, que l’on s’éveille,

Voici déjà venir le jour!

FIORELLA

Quelle voix frapj e mon oreille?

Ah! grand Dieu! c’est Albert! il est en ce séjour !

(On tire en dehors les verrous, et Albert entre en scène.)

ALBERT

Oui, déjà l’aurore vermeille Dore le sommet de la tour :

Il faut partir, voici ie jour.

(Apercevant Fiorella, qui lui tourne le dos.)

Mais qu’ai-je vu? gentille pèlerine,

Pardon ! pardon ! moi, j’étais moins heureux !

Et voilà pourquoi, j’imagine.

Monsieur n’est pas pressé de sortir de ces lieux.

RODOLPHE

Le hasard le plus grand en est cause. ..

ALBERT

Je devine!

Ce sont de ces hasards que l’on arrange exprès;

Mais voyons donc de plus près Ses attraits!

(S’avançant et apercevant Fiorella.)

O ciel!

ENSEMBLE

Redoutez mes transports jaloux.

L’amitié par vous fut trahie,

Je n’écoute que mon courroux.

RODOLPHE

Ecoutez-moi, je vous en prie,

Réprimez vos transports jaloux.

Notre amitié n'est point trahie :

Calmez un injuste courroux.

fiorella.

O ciel! quelle sombre furie Eclate en ses regards jaloux!

Ecoutez-moi, je vous en prie.

Et modérez votre courroux.

RODOLPHE

Je n’ai point trompé votre espoir;

Ma promesse fut sacrée!

ALBERT

Vous ne deviez plus la revoir.

J’en atteste la foi jurée ;

Et je vous trouve dans ces lieux En tête-à-tête tous les deux!

ENSEMBLE

Redoutez mes transports jaloux.

L’amitié par vous fut trahie.

Je n’écoute que mon courroux.

RODOLPHE

Ecoutez-moi, je vous en prie;

Réprimez vos transports jaloux.

Notre amitié n’est point trahie ;

Calmez un injuste courroux.

FIORELLA

O ciel ! quelle sombre furie Eclate en ses regards jaloux!

Ecoutez-moi, je vous en prie,

Calmez un injuste courroux.

FIORELLA

Page 1