SCENE IV
ÉLISABETH, LEICESTER, RALEIGH, DOBOOBIE, SUS- SEX, Dames et Officiers, Suite.
CHŒUR
De notre auguste souveraine La présence comble nos vœux.
LEICITSTER. .
La reinejÉlisabeth.
Vive à jamais le règne glorieux D'Elisabeth, de notre reine !
JÉLISABETH.
AIR
Ah ! de ces transports éclatants.
J’en conviens, mon âme est charmée.
De mes sujets reconnaissants Ils prouvent que je suis aimée!
( A Leiçestcr )
Oui, Milord, c’est en ce séjour Où vous étiez loin de m’attendre.
Que j'ai voulu vous surprendra Avec toute ma cour !
Au seigneur de ce domaine,
Dont je connais la loyauté,
Elisabeth, votre reine,
Demande l’hospitalité.
CHŒUR
Au seigneur de ce domaine,
Notre auguste souveraine Demande l’hospitalité.
Vive Sa Majesté!
ÉLISABETH
(Reprise de l’air.)
Ah! de ces transports éclatants,
J'en conviens, mon âme est charmée.
De mes sujets reconnaissants Ils prouvent que je suis aimée.
RONDEAU
Aux soins de notre empire Dérobons un seul jour,
Et qu’ici tout respire Le bonheur et l’amour.
Je bannis de cette retraite Les lois de l’étiquelte.
Voulant qu’on ne puisse obéir Qu’à celles du plaisir !
Aux soins de notre empire Dérobons un seul jour,
Et qu’ici tout respire Le bonheur et l’amour.
C’est fort bien. Milord, recevez mes remercimentspour une réception si gracieuse. ( A un officier en montrant
LEICESTER
loi vassaux.) Lord Hunsdon, chargez-vous de témoigner ma satisfaction à ces bravos gens. (.4 un autre.) Milord, vous me présenterez ce soir toutes les pétitions que j’ai reçues sur mon passage. (/I Uoboobie.) Eh bien ! monsieur l’intendant, pourquoi cet air confus? vos danses et vos cliants étaient très-bien ordonnés, et votre compliment, quoique vous n’ayez pas pu l’achever, m’a parti fort beau, DonooniE. Certainement; lo trouble, la précipitation } si Votre Majesté me permettait de le recommencer?,, Elisabeth, souriant. Plus tard, je l'entendrai avec plaisir. ( Apercevant Raleigh.) Ali! sir Waller Raleigh, je vous en veux beaucoup; comment doiic, un mois sans paraître à la cour, dont vous faisiez les délices; c'est tfés* mal : ces dames se plaignent hautement de votre déserbdh, et je ne sais plus que faire pour les consoler de Vetfé absence.
nALEiGn, s'inclinant. Je suis touché, MadailW, d’un reproche si obligeant; mais quand Votre MajeSM saura que des affaires séfietises...
Élisabeth, gaiement. Vous, Raleigh! des affaires Sérieuses, c’est impossible, et nous ne recevons pris Vos excuses. Pour prévenir, an surplus, le retour d’un pareil abus, et yous forcer il résidence, nous vous prévenons que ce matin, et suri* proposition do M. le comte do Loieester, nous vous avons nommé chambellan du palais, ualkigii, avec joie. Quoi! Madame, Vous avez daigné... Élisabeth. Ne fôt-üe qrtn pour satisfaire au vœü de ces dames. Mais laissons cela } diles-mol, Milord, quel est ce prisonnier que j’ai rencontré tout h l'heure, entottré de gens à vos armes?
leicester, étonné, Un prisonnier!..
Elisabeth. L'officier, que J’ftl interrogé, n’a pu m’ap* prendre ni son nom, ni Son «Wma; il venait de l’arrétof par votre ordre, et lo conduisait dans le Devonslilre.
leicester , plus étonné. Par mon ordre, dans lo Do* vonshire?
raleigh, à pofi. Malédiction! C’est Hugues Robsart, Comment instruirons comte? (R lui fait de» signe» que Leicester n'aperçoit pas.)
Elisabeth. Sans connaître vos motifs, Milord, sâfis Vouloir même porter atteinte au* droits qt»e Vous donnent Ma confiance et le pouvoir dont tons êtes fevètu, j’avoue que je verrais avec peine mon voyage inafqoé par des actes de sévérité. J'ai fait reconduire ce prisonnier à Kenllworlll, et je désire savoir do volts la cause de son arrestation. raleigh, à part. Comment détourner l'orage .. leicester, très-êtonné. Un prisonnier par mon ordre! je n’y comprends rien, Madame, je vous jure...
Élisabeth. Eh quoi! vous ignonOf.-,, leicester Je n’ai donné aucun orifre, je l’atteste, et je rends grâce à l’heureux, pressentiment de Votre Majesté qui a suspendu l’effet d’une injustice aussi étrange, et sauvé mon nom des reproches dout on l’aurait accablé. Ordonnez, je vous supplie, que ce prisonnier paraisse à l'instant; c’est devant Votre Majesté que je veux me justifier.
Élisabeth, à un officier. Qü'on le fasse venir. ( L'officier sort.)
raleigh, à part. Ah! grand Dieu! on dirait qu’uu malin démon le pousse à se perdre lui-même!
leicester, vivement, à la reine. Je n’en saurais douter, Madame, on se sera servi de mon nom pour satisfaire une haine personnelle ; nous allons connaître la vérité, et c’est moi qui supplie Votre Majesté de m’accorder justice du téméraire qui me livre ainsi au ressentiment des Anglais.
Élisabeth. Calmez-vous, Leicester, votre parole suffit pour vous mettre à l’abri de tout soupçon ; mais voici ce prisonnier!..
raleigh, à part. C’est fait de nous! (Il se met de côté , de manière qu'il est caché par plusieurs courtisans.)