‹ Å’uvres illustréesChapitre 522 sur 1154 · ARTHUR, MISS CLARENCE · texte numérisé non relu

ARTHUR, MISS CLARENCE

miss clarence, sortant de l’appartement à gauche.

Je respire, nous sommes tous d’accord, la paix est signée... (Montrant une lettre qu’elle tient.) un peu aux dépens de sir Robert, mon tuteur. Malheur aux absents! Et de tout le château, il n’y a plus maintenant que sir Arthur à gagner... (Elle aperçoit Arthur qui va regarder au fond, et ferme la porte à gauche.) et je ne crois pas que ce soit bien difficile.

arthur, revenant près d'elle, et à voix basse. Ce matin, Madame, quand j’ai refusé de vous servir, j’ignorais les dangers qui vous menaçaient. Je les connais, ils sont très-grands.

miss clarence, souriant. Vous croyez?

arthur. On a juré votre perte, mais vous avez des défenseurs... vous en aurez, du moins, tant que j’existerai... Venez...

Air : Restez, restez, troupe jolie.

Votre aspect double mon courage.

Je réponds de votre destin ;

Je saurai m’ouvrir un passage,

Fût-ce les armes à la main.

miss clarence.

Quoi ! braver un péril certain !

ARTHUR

Qu’importe, si je vous délivre !..

Oui, désormais je dois vous fuir;

Et si pour vous je ne peux vivre,

Pour vous du moins je peux mourir.

miss clarence. Le ciel m’est témoin que je 11e vous en demande pas tant... et vous pouvez compter sur ma reconnaissance, si vous consentez seulement à me ramener à Carlisle.

arthur. Moi! vous y laisser retourner!., ne l’espérez pas.

miss clarence. Et pourquoi donc?

arthur. N’est-ce pas là qu’est la cour?., n’est-ce pas là qu’un rival vous attend?.. Jamais, jamais... tous n’irez -pas, je m’y oppose.

miss clarence. 11 est le seul maintenant!.. ( Avec joie, et prête à s'oublier.) Monsieur Arthur... (Se reprenant.) Monsieur, vous êtes un bon et honnête jeune homme. Vous n’ètes pas avide, ambitieux, comme tant d’autres, et c’est rare, je vous en estime davantage ; mais je ne perds pas l’espérance de vous ranger de mon parti.

arthur. Je vous le répète, je repousse toutes vos offres.

miss clarence, souriant. Quoi ! toutes?

arthur. Oui, Madame.

miss clarence. J’ai bien envie d’essayer. Et si je vous disais : « .Je suis jeune, je suis riche, j’espère bientôt être libre et maîtresse de ma main, la voulezvous? »

ARTHUR. O ciel !

miss clarence, riant. C’est une supposition ; mais si je parlais ainsi, que répondriez-vous?

arthur. Ne me le demandez pas.

miss clarence. Vous hésitez?

arthur. Non, je n’hésiterais pas un instant... j'en mourrais peut-être, mais je refuserais.

miss clarence, avec joie. Ah: que je vous remercie! arthur, étonné. Que voulez-vous dire?

miss clarence. Que je ne vous en aurais jamais cru capable. .. et c’est une action qui me touche, qui m’émeut jusqu’aux larmes. Vous en serez récompensé, je vous le promets, et pour commencer, je veux vous donner un bon conseil. Ne vous mêlez jamais d’aucun complot, surtout avec de vieux courtisans, qui ont conspiré sous tous les régimes.

arthur. Et pourquoi?

miss clarenec. Vous seriez toujours dupe de votre franchise, de votre générosité ; et ces dangers que vous aurez cru partager avec eux... ils sauront s’en retirer, en vous y laissant exposé.

arthur, avec impatience. Eh ! Madame... (On entend un bruit de musique en dehors.) Ecoutez... entendez-vous ces pas. . . ce bru it confus ?.. Ils viennent. . . pour vous immoler peut-être.

miss clarence, souriant. Je ne crois pas. arthur. Vous avez négligé mes avis, mais je saurai du moins mourir en vous défendant... Venez... venez... (Il la prend par la main, tire son épée et se met devant elle.)

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