LE CARDINAL
Laissons-les... venez, suivez-moi.
GUIMBARDINI, tout troublé.
Mais un moment, ah ! quel supplice!
Pauvre Orphée ! où te pendre, hélas?
Comment sauver ton Eurydice?
Ma chère, ne plaisantons pas.
le cardinal, à son neveu qui paraît, et lui montrant Gianetta.
Ingrat, puisque ton cœur hésite.
Je te laisse, reste avec lui,
Suis ses conseils, suis-les bien vite.
Ou ne reparais plus ici.
ENSEMBLE
le prince, étonné.
Mais quel trouble en leurs yeux !
Qu’ont-ils donc, et quel est ce mystère?
Puisqu’il le faut, seuls dans ces lieux.
J’y consens, demeurons tous les deux.
[Regardant son oncle.)
Mais je lis dans ses yeux,
C’est en vain qu’en ce jour il espère De mon cœur apaiser les feux.
gianetta, à part.
Cachons à tous les yeux Mon projet, et ce que j’en espère;
Oui, d’un époux très-soupçonneux Je saurai punir les torts affreux.
Cachons à tous les yeux Mon projet, et ce que j’en espère ;
[Regardant le prince avec un soupir .)
» Que lui, du moins, il soit heureux!
guimbardini, hors de lui.
Laissez-moi donc... fatal mystère!
Vous espérez que sous mes yeux... .
Morbleu! j’étouffe de colère.
Et ne veux plus quitter ces lieux.
LE CARDINAL ET GERTRUDE, à part.
Je n’entends rien à ce mystère ;
Mais un espoir brille à mes yeux...
Ne disons rien, laissons- { J® } faire,
Et sur-le-champ quittons ces lieux,
[Le cardinal et Gertrude sortent, et entraînent Guimbardini, qui résiste.)