SCENE XL
ABOULFARIS, entrant par l’allée à gauche, GULNARE, assise à droite.
aboulfaris, entrant en rêvant. Je ne sais pourquoi je m’effrayais de cette rencontre!.. Les hommes d’esprit... (Se reprenant.) Non, je veux dire les hommes d’État, sont stupides !.. C’est au contraire ce qui pouvait m’arriver de plus heureux; tenant la sultane dans ma dépendance, et m’entendant avec elle, ma fortune est assurée. . j’arrive à la plus haute faveur... je gouverne l’État... dont mon maître n’est plus que le sultan... honoraire! . Tandis que moi... (Levant les yeux.) C’est elle! c’est la belle Gulnare... que dis-je? la céleste princesse Bedyel-Jamal, reine de tous les cœurs! à commencer par le mien!
DUO
gulnare, se levant, et d’un geste impérieux lui ordonnant de s’avancer.
Si votre langue peu discrète Gesse un instant d’ètre muette !
LA FÉE AUX ROSES
aboulfaris, à part.
J’entends parfaitement!
GULNARE
C’est fait de vous! Car à l’instant Vous êtes mort, j’en fais serment!
ABOULFARIS.
J’entends parfaitement!
GULNARE
Mais si vous gardez le silence,
A vous, la gloire et la puissance!
ABOULFARIS.
J’entends parfaitement!
GULNARE
Vous serez du roi, mon mari.
Le premier visir... •
ABOULFARIS.
Et l’ami!
J’ai compris. Dieu merci !
GULNARE ET ABOULFARIS.
Sur ce traité, qui m’intéresse!
Le secret doit être sacré!
ABOULFARIS.
Je l’ai promis!
GULNARE
Je l’ai juré!
(Lui tendant la main.)
Recevez-en le gage !
aboulfaris, prenant sa main.
Ah! quelle ivresse !..
(La portant à ses lèvres , et recevant un soufflet invisible, dont on entend le bruit.)
Ah ! quel soufflet !
Quel soufflet! !
Quel souf flet ! ! !
J’en reste stupéfait !
Et sa main nous enseigne.
Que sous ce nouveau règne,
En place de bienfaits,
Il pleuvra des soufflets!
GULNARE, à part.
Ah! j’ai bien fait,
J’ai bien fait.
Le voilà satisfait !
Oui, je veux sous mon règne,
Qu’on m’aime et qu’on me craigne...
Ainsi je le promets,
Comptez sur mes bienfaits !
Or donc, et maintenant Que vous voilà content...
aboulfaris, se frottant la joue.
Pas trop !
giilnare, le regardant avec surprise.
D’où vient cette grimace?
ABOULFARIS.
Eh! mais franchement... à ma place...
Vous trouveriez, entre nous deux...
Que je méritais un peu mieux! *
GULNARE, baissant les yeux et minaudant . Vraiment... c’est bien de l’exigence !
Mais vous le voulez, grand visir!
Allons pour vous faire plaisir,
(Lui tendant la joue.)
Faisons la paix.
aboulfaris, s'approchant avec transport.
Quelle reconnaissance!
(Même jeu.)
ENSEMBLE
ABOULFARIS.
Ah ! quel soufflet !
Quel soufflet !
Quel soufflet!
J’en reste stupéfait !
Et sa main nous enseigne.
Que sous ce nouveau règne.
En place de bienfaits.
Il pleuvra des soufflets!
GULNARE
Ah! j'ai bien fait,
J’ai bien fait,
Le voilà satisfait!
Oui, je veux sous mon règne,
Qu’on m’aime et qu’on me craigne...
Ainsi, je le promets.
Comptez sur mes bienfaits !