JÉRÔME ET BRINDAMOUR
Je devine le mystère :
Ah! quelle était notre erreur!
C’est sa mère ! c’est sa mère !
L’espoir renaît en mon cœur.
AGATHE
Cet aveu qu’il devait faire Le rend digne de mon cœur.
C’est sa mère ! Mais sa mère, Détruira notre bonheur !
LE CHŒUR
L’aventure est singulière!
Et le duc est en fureur !
LA CHARBONNIÈRE
C’est sa mère ! c’est sa mère !
C’en est fait de leur bonheur!
MADAME BERTRAND
Qu’as-tu fait!
CHARLES
Mon devoir!..
MADAME BERTRAND
Mais un pareil éclat!
CHARLES
Me cause moins d’effroi que de paraître ingrat!
agathe, regardant Charles.
Ah ! mon cœur, s’il se peut, le chérit plus encore !
(Au duc.)
Car un semblable trait à tous les yeux l’honore !
LE DUC
Sans doute... mais l’honneur d’une noble maison De nous, ma fill$, exige un cruel sacrifice.
J’avais promis au roi, qui veut qu’on vous unisse,
Do marier ma fille avec un d’Aspremont...
Mais non avec le fils de madame Bertrand.
MADAME BERTRAND
Quoil Monsieur!..
LE DUC
On se doit à son nom, à son rang !
ENSEMBLE
LE DUC
Non, plus d’alliance,
Plus d’hymen pour eux!
Ici, l’opulence N’est rien à mes yeux!
Ni pitié ni grâce.
Tel est mon vouloir :
L’honneur de ma race M’en fait un devoir !
CHARLES, AGATHE
Non, plus d’alliance !
Plus de jours heureux!
La seule naissance Est tout à ses yeux!
Oui, pour nous s’efface Jusqu’au moindre espoir!
Et l’honneur me trace Hélas ! mon devoir !