‹ Å’uvres illustréesChapitre 71 sur 1154 · SCENE VUI · texte numérisé non relu

SCENE VUI

LA MARQUISE, SAINT-BRICE, qui s’est jeté dans fauteuil, et qui y reste la tète appuyée dans mains. ■

LA marquise, regardant sortir Galifard avec io Adieu, et cette fois, pour jamais; avant une heure je se sûre de son silence; et libre maintenant de ma main de mou cœur... (Elle s’approche de Saint-Brice, qui toujours assis dans le fauteuil.) Qu’avez- vous m ami./ Que vouliez-vous m’apprendre? parlez, vous sa' si je vous suis dévouée.

saint-brice. Je connais votre amitié, et j’en viens réelair

, LA marquise, avec égarement et sans l’écouter. Qui ne 1 excuserait? Quand il faut renoncer à ce qu’on aime et plus encore, la voir dans les bras d’un autre! (Avec exaltation.) Ah! je conçois tout, je comprends tout ce que la passion peut faire entreprendre et peut faire oublier.

hortense. Madame, au nom du ciel , vous me glacez de terreur. °

la marquise, sortant de son égarement. Qu’ai- ie dit? qu’avez-vous entendu?

hortense, tremblante. Je ne sais. Mais M. de Saint- Brice, qui à 1 instant même vous quittait...

la marquise, avec effroi et lui mettant lamaindevant la bouche. Taisez-vous, taisez-vous; je ne sais rien je ne dois rien savoir, ni vous non plus! ce serait nous perdre tous. (Avec force.) Voulez-vous le perdre?

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS

HORTENSE, pOUSSant WM CM. Ah !

la marquise. Qu’avez -vous, mon enfant?

uortense, se jetant dans ses bras en sanglotant. Ah. Madame! ah ! ma protectrice !..

la marquise. Calmez-vous, de grâce.

hortense, à voix basse. Qu’il parte à 1 instant, qu il quitte la France ! Je ne le verrai plus, ni lui, ni personne ; je renonce au monde, et ensevelie dans un couvent...

LA marquise. Silence, on vient. Cachez votre effroi, vos larmes ! pour vous, et je n’ose le dire, pour notre and.

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