‹ Å’uvres illustréesChapitre 812 sur 1154 · DAUBRAY. VOUS · texte numérisé non relu

DAUBRAY. VOUS

BLANCHE. Oui, moi!., je ne sais comment je vous raconte tout cela... je ne le devrais pas peut-être... mais enfin...

daubray. Achevez!., achevez, de grâce!..

blanche. Deux fois j’ai voulu lui parler de vous, . mais mon embarras... et puisl’air sombre et sévère... qu’il n’avait peut-être pas, et que je croyais lui voir... tout a retenu sur mes lèvres' l’aveu que j’allais lui faire... j’ai eu peur! alors j’ai pensé qu’il valait mieux lui écrire... et j’ai glissé sur son bureau... sous sa main... une petite lettre dont je ne me rappelle pas les phrases... « mais malci gré sa parole donnée, je le suppliais de trouver quelque « moyen de se dégager... car tout en rendant justice à « mon fiancé... je ne croyais pas l’aimer... que bien au « contraire, j’étais sûre d’en aimer un autre... »

DAUBRAY. Oh ! bonheur !

blanche, vivement. Ce n’est pas à vous que je disais cela, Monsieur, c’est à mon père!

daubray. Eli bien!

blanche. Il entrait en ce moment, rêveur et les yeux baissés, dans son cabinet... Je me suis retirée en silence...

sur la pointe du pied, et à l'instant où je fermais la port'... il venait, sans m’avoir vue, de se jeter dans son fauteuil, juste en face de mon petit billet.

daubray. Du sorte que vous ne savez pas encore? .. blanche. Eh! mon Dieu! si !.. je crains de savoir... Je m’étais éloignée; l’inquiétude m’a ramenée près de celte porte... où le cœur me battait de crainte, et où, l’oreille atlentivo, j’écoutai longtemps sans rien entendre... Il me semblait que mon père s’était levé... puis il marchait à grands pas. . . puis son agitation devenait telle qu’il prononçait tout haut des mots entrecoupés... qui tous n’arrivaient pas jusqu’à moi ! .. Mais tout me prouvait que, dans le cœur de mon pauvre père, il se livrait comme une lutte, comine un combat... Moi, hésiter! disait-il... hésiter... oser seulement m'arrêter à cette pensée... Non, non, jamais ! Après quelques instants de silence, et comme changeant de ton, il a dit : Ah! ce n'est pas pour moi, c’est pour ma fille, ma pauvre enfant... car enfin! après tout... Puis il a poussé un cri: Ah! c'est indigne'.. Et d’une voix forte, il s’est écrié : Non, je ne céderai pas!., je ne céderai pas!..

daubray. Il a raison... un honnête homme tel que lui ne peut manquer à sa parole.

Aia ! Qu'il tienne sa promesse (du Serment).

Qu’il tienne la promesse

Qu’il lit à ses amis!

Mais moi, moi que l’on blesse.

Moi, je n’ai rien promis ;

Je sais ce qu’il me reste à faire,

Adieu !

BLANCHE

Vous me quittez, hélas!

daubbay, à part.

Mais du sort un marin jamais ne désespère ,

Tant qu’il lui reste encor son épée et son bras.

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