‹ Å’uvres illustréesChapitre 818 sur 1154 · DIDIER, DAUBRAY · texte numérisé non relu

DIDIER, DAUBRAY

daubray. Pardon! Monsieur!

Didier, naturellement. Qui êtes-vous, Monsieur, et que me voulez-vous?

daubray. C'est moi qui me suis présenté ce matin pour toucher une traite de six mille francs...

didier, avec bonté. Ah! c’est juste... je vous reconnais maintenant... le compagnon de voyage de ma fille?., mais cette traite, on vous l’a payée.

daubray. Aussi n’est-ce pas une réclamation que je vous adresse, mais un service que je viens vous demander...

didier. Un service1?;, parlez, Monsieur, parlez. daubray. Je vous avouerai franchement ma position comme j’en parlerais à mon père... dans quelques instants je dois me battre... j’ai une affaire d’honneur! didier. Un duel?..

daubray. Oui... Il s’agit d’une personne que j’aime., on me la dispute... je suis marin... j’ai provoqué mon . rival... il m’attend.

didier. Mais que puis-je faire pour vous? daubray. Recevoir en dépôt la somme que j’ai touchée ici ce matin.

didier, avec joie. Et c’est à moi que vous" venez confier...

daubray. Ce modique capital qui est toute ma fortune et dont la destination est sacrée... aussi regarderais -je comme une inappréciable faveur de pouvoir le placer sous la sauve-garde de votre probité... Si l’on avait pu me citer un nom plus honorable que le vôtre, ce n’est pas vous que j’aurais importuné.

didier, toujours plus ému. Vous!., importun?., non vous ne l’êtes pas... j’accepte votre dépôt, Monsieur, et je vous remercie de votre confiance!

daubray. Voici les six mille francs... si le sort des armes m’est favorable... ce que je ne souhaite pas... je viendrai vous les réclamer... si je suis tué, vous voudrez bien les envoyer à cette adresse, celle de ma mère!..

didier. Vous avez une mère?., et vous allez vous battre; voyons, jeune homme, est-ce qu’il n’y aurait pas moyen d'arranger cela?

daubray. Non, Monsieur.

Air : Un page aimait la jeune Adèle.

Le sentiment qui vous inspire Fait l’éloge de votre cœur;

Mais je n’ai qu’un mot à vous dire,

Monsieur, il y va de l’honneur,

L’honneur dont vous êtes l’apôtre!..

Et comme chacun tient au sien,

Quand vous gardez si bien le vôtre,

Laissez-moi défendre le mien.

didier. Je n’ai plus rien à objecter... je vais vous donner un reçu.

daubray. Un reçu?., de vous... Monsieur, de vous... Didier l’honnête homme... ah! je croirais vous faire injure... je ne l’accepte pas, Monsieur!

didier. Mais, Monsieur...

daubray. Non! non! je ne l’accepte pas!.. (Il sort.)

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