LÉONARD ET LA COMTESSE
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire;
La crainte et la douleur S’emparent de mon cœur.
ÉMILE
A cet ordre sévère Rien ne peut me soustraire;
Mais c’est votre douleur Qui déchire mon cœur.
PÉTÉROFF.
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire;
Non, rien du gouverneur Ne fléchit la rigueur.
ÉMILE
Allons, mes amis, du courage;
Puisque le sort le veut ainsi.
Je partirai ; mais c’est dommage.
Car on était si bien ici!
LA COMTESSE
Et ce départ?
PÉTÉROFF.
C’est aujourd’hui;
Et le gouverneur militaire.
Pour faire exécuter cet ordre si sévère,
A l’instant même arrive ici.
la comtesse.
Je le connais, et son cœur inflexible N’écoutera que la voix du devoir.
LÉONARD
Eh quoi! vos pleurs ne. pourront l’émouvoir?
LA COMTESSE
N’y comptez pas; mais il serait possible De le tromper.
(A Emile.)
Venez, j’ai bon espoir.
(A Pétéroff.)
Vous, suivez-moi.
(A Léonard.)
Bientôt nous allons vous revoir.
LÉONARD
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire ,
La crainte et la douleur S’emparent de mon cœur.
LA COMTESSE
Tout nous sera prospère;
L’amitié tutélaire De ce fier gouverneur Trompera la rigueur.
PÉTÉROFF.
A cet ordre sévère Rien ne peut le soustraire ;
Non, rien du gouverneur Ne fléchit la rigueur.
(Là comtesse sort appuyée sur le bras d'Emile, et Pétéroff les suit à quelque distance.)