‹ Å’uvres illustréesChapitre 869 sur 1154 · LUDGERS ET LES AUTRES · texte numérisé non relu

LUDGERS ET LES AUTRES

léon, relevant vivement la tète.

Grand merci, ma jeune et belle hôtesse.

Ne m’abuses-tu pas?., n’est-ce pas une erreur?..

(Ils sortent par le fond.)

théodora.

irène, s'adressant à Léon , qui se tient à l’écart, sou-

J’en atteste le ciel!., elle n’est pas la sœur!!

cieux et rêveur.

léon, avec transport.

Nous sommes seuls, tu peux me dire tes chagrins,

0 mon Dieu! n’est-ce pas un songe,

A moi, mon frère...

Un séduisant mensonge,

LÉON

Qui vient ravir mon cœur?

Non! je n’ai rien...

Elle n’est pas ma sœur ! ! !

IRÈNE

Ta tristesse

ENSEMÉLE.

Se dissipait, autrefois, par mes soins!

LÉON

LÉON

0 clémence suprême !

Laisse-moi !..

0 céleste faveur!

tî>2

LE JUIF ERRANT

C’est la voix de Dieu même Qui me rend au bonheur !

THÉODORA

Inutile clémence !

Douce et vaine faveur.

Qui lui rend l’espérance,

Mais non pas le bonheur!

léon, dans l’ivresse de la joie.

Ma bicn-aimée! ô mon Irène !

Déjà mes jours étaient à toi!..

Je veux qn’uue éternelle chaîne,

Dès demain t’engage ma foi !

theodora, avec fermeté.

Jamais!..

leon, étonné.

Quoi ! refuser Irène à mon amour ?

THÉODORA

Il le faut!.. Je serais criminelle à mon tour,

Si, pour toi trahissant une mission sainte.

Je soutfrais cet hymen!..

LÉON

Quelle est donc cette crainte?

THÉODORA

Un jour tu le sauras... tu sauras que les cieux.

Le devoir et l’houneur vous séparaient tous deux !

LÉON

Non, je u’écoute rien!., non, non, c’est impossible! THÉODORA.

Mon frère... écoute-moi... ne sois pas inflexible !

Irène recevra ma foi 1

THÉODORA

Irène, hélas ! ne saurait être à toi !

léon, avec tendresse.

Irène sur ton cœur aura plus de puissance.

Et pour te désarmer, je l’amène à tes pieds!

(1! s' élance par la droite ) theodora, seule un instant.

Insensé! qui du Ciel excite la vengeauce!

Puissent nos torts, par lui, n’étre pas expiés ! leon, rentrant, pâle, hors de lui et se soutenant à peine.

Graud Dieu!

theodora, courant à lui.

Quelle pâleur soudaine?

El qu'as-tu donc?

léon, avec égarement.

Irène !..

theodora.

Irène!..

léon.

Disparue!., enlevée!..

theodora, poussant un cri de désespoir.

Ah!..

Par cet étranger !

THEODORA

Grand Dieu!..

LÉON

Ma sœur, il faut mourir, ou nous venger!

THÉODORA

Mon frère, il faut mourir ! ou savoir nous venger !

ENSEMBLE

leon, à Théodora, avec énergie.

Viens! suis mes pas!

Pour nous conduire Ma rage ici devra suffire !

Il faut à mon délire Irène ou le trépas !

Partons! partons! Viens, suis mes pas!

Irène ou le trépas !

THÉODORA

Je suis tes pas; pour nous conduire.

Ton bras ici devra suffire!

Le ciel ici m’inspire!

Il doit guider nos pas,

Partons ! je suis tes pas !

Grand Dieu ! guidez nos pas !

( Ils sortent tous deux dans le plus grand désordre.)

DEUXIÈME TABLEAU. '

Le théâtre change et représente la grande place de Thessalonique. Une large rue montueuse conduit à un vaste pont qui domine la ville. La rue et le pont sont couverts d’hommes, de femmes et d’enfants, portant, les uns des flambeaux, les autres des fagots, pour en faire un feu de joie en l’honneur de la Saint Jean.

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