CHOEUR ET MARCHE
Sonnez, clairons funèbres.
Roulez, sombres tambours .’
Évoquez des ténèbres L’ange des derniers jours!
Du Dieu qui tient la foudre,
Qu’il proclame les lois.
Lui qui réduit en poudre La majesté des rois!
Sonnez clairons funèbres.
Roulez, sombres tambours!
Évoquez des ténèbres L’ange des derniers jours!
(Le char s’est arrêté au milieu du théâtre. — Dom Juam de Sylva, dom Antonio et tous les grands delà cour sont entrés dans la cathédrale.) tbois inquisiteurs, se tournant vers le peuple.
Au nom d’un Dieu vengeur, peuples, écoutez-moi !
(Montrant le catafalque .)
D’un monarque imprudent déplorons la folie ;
Courbons-nous sous la main du Dieu qui le Châtie.
CAMOENS
Je ne souffrirai pas qu'on outrage mon roi!
AIR
Venez défendre sa mémoire,
Malheureux dont il fut l’appui :
Soldats, ses compagnons de gloire.
Venez tous, et pleurez sur lui!
Le sort a trahi sa vaillance;
Il est tombé, mais en héros.
Du pays pleurons l’espérance,
Pleurons l’honneur de nos drapeaux.
CHŒUR
Du pays pleurons l’espérance.
Pleurons l’honneur de nos drapeaux !
(Don Juam, Dom Antonio sortent de l’église à gauche , au moment où Abayaldos et la suite de l’ambassade entrent par la droite.)
DON JUAM.
Qui trouble de ce jour la pompe solennelle?
CAMOENS
Un soldat, un poète, un Portugais fidèle,
Esclave de sa foi, sans peur et sans espoir.
Qui chante le malheur et non pas le pouvoir !
DOM JUAM.
Parmi nous qui t’amène.
Pour fomenter encor la discorde et la haine?
(Aux soldats.)
Enlralnez-le malgré ses amis imprudents.
(Montrant Dom Antonio.)
Allez, le roi l’ordonne!
dom Sébastien, s’avançant.
Et moi je le défends!
tous, avec étonnement.
Le roi!
camoens, avec force.
Votre vrai roi!
abavaldos, à part, regardant dom Sébastien.
Lui !.. le roi!., quel mystère?..
Celui que Zayda ravit à ma colère!..
dom Sébastien, s’ avançant au milieu du théâtre. Mes amis, mes sujets... c’est moi.
C’est votre roi!
Oui, oui ! malgré ses traits changés par la souffrance, C’est votre roi, de qui la Providence,
Après tant de malheurs, a permis le retour !
le peuple.
Vive le roi! notre orgueil, notre amour! abayaldos, s’avançant au milieu du théâtre.
Et moi, j’ai de mes mains, peuple, je vous le jure,
A votre roi vaincu, donné la sépulture.
Dans les champs d’Alcazar ont fini ses destins.
Et sa cendre repose aux sables africains !
(Les officiers de sa suite étendent la main, et font le même serment. — Montrant Dom Sébastien .)
Mais celui-ci, qui veut passer pour votre maitre.
Sauvé par ma pitié, par trahison peut-être.
N’est qu’un fourbe !
dom juam et antonio.
Qui veut en vain vous abuser !
DOM SÉBASTIEN
D’une indigne imposture avant de m’accuser,
(A l’inquisiteur.)
Regardez-moi, Dom Juam !
(A Antonio.) Regardez-moi bien, Sire!
DOM ANTONIO, aux inquisiteurs.
A vous de châtier son criminel délire.
Faites votre devoir!
DOM JUAM.
Peuple!., n’en doutez pas!
Ce musulman l’a dit! c’est un infâme, un traître!
CAMOENS
Ah! ses soldats du moins sauront le reconnaître ! abayaldos, à part.
Et toi qui prétendais l'arracher au trépas !
Zayda, j’épirai tes desseins et tes pas!