‹ Å’uvres illustréesChapitre 993 sur 1154 · LA MARQUISE, LE PRINCE ET CÉCILE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE PRINCE ET CÉCILE

Non! non! non!

REPRISE DE L’ENSEMBLE

tous les quatre, à droite.

A mes yeux avides Rien ne s’offre encor, etc.

cagliostro, seul, à gauche.

A leurs yeux avides Rien ne s’offre encor, etc.

( Caracoli pose sur la table à gauche, et pour prendre ! un soufflet, le lorgnon et la chaîne qu’il tenait a la

main. Pendant qu'il souffle, Cagliostro, qui était seul à gauche, s'approche de la table; il aperçoit le lorgnon et la chaîne laissés par Caracoli, il les saisit vivement sans être vu des autres, qui sont à l’extrême droite du théâtre.)

cagliostro, jetant le lorgnon et la chaîne dans le fourneau.

Soudaine et dernière espérance Qu’à mes yeux le sort vient offrir!

la marquise, s approchant de Cagliostro, qui est devant le fourneau et qui a repris le soufflet.

Ah! faites que cela commence;

D’honneur, je n’y puis plus tenir !

LE PRINCE

Ni moi non plus!

CAGLIOSTRO

Ah! patience!

Il faut bien que l’oeuvre ait son cours!

(Lui remettant le soufflet )

Soufflez, prince, soufflez toujours!

LE PRINCE

Maintenant cette flamme ardente Ferait dissoudre en un instant Le cuivre et lo fer...

cagliostro, avec joie.

Vraiment!

L’œuvre s’avance alors!

(Il jette une pincée de colophane qui fait jaillir la flamme.)

Cette poudre puissante

Doit l’achever !

le prince, s’approchant du fourneau.

Ah ! cette fois, voyez.

Sur ces charbons torréfiés,

Briller ce métal jaune!..

la marquise, voulant y porter la main.

Est-il vrai?

CAGLIOSTRO

Prenez garde !

Ce métal est brûlant!

LA MARQUISE

Grands dieux!

(Cagliostro a pris, avec de petites pinces d’acier, un morceau d’or qu'il lui présente.)

Donnez! donnez!

Cécile et caracoli, auprès de la marquise.

Ah! que je le regarde!

cagliostro, avec d'autres pinces, présentant au prince un autre fragment d’or.

Examinez ce métal précieux!

TOUS

0 miracle!

0 spectacle

Dont mon œil doute encor !

0 prestige !

0 prodige!

C’est de l’or! oui, de l’or!

0 magie!

0 génie!

Devant des succès tels Tout s’efface,

Et sa place

N’est plus chez les mortels !

LE PRINCE

Ah! c’est vraiment sublime...

(A Caracoli, qui regarde autour de lui.)

Eh! mais, qu’avez- vous donc?

CARACOLI.

Pour mieux examiner, ze cherche mon lorgnon...

Et ze ne le vois pas... Il était là...

cagliostro, passant près lui et lui prenant la main.

Silence!

le prince, qui l’entend.

Comment! que dites-vous?

CAGLIOSTRO

Je dis

Qu’une semblable expérience Ne peut se faire qu’entre amis...

Je réclame avant tout. Mesdames, du silence!

LA MARQUISE

Sans doute!.. Mais...'

CAGLIOSTftO.

( A part.)

J’en veux instruire tout Paris.

le prince, de même.

Moi, j’en veux, pour ma part, instruire tout Paris. REPRISE DE L’ENSEMBLE.

O miracle !

O spectacle

Dont mon œil doute encor! etc.

Les mêmes, LE CHEVALIER, paraissant à la porte du fond.

le prince. Monsieur le chevalier en ces lieux! le chevalier, à Cagliostro. Je ne m’attendais pas à vous trouver en si nombreuse compagnie... mais peu importe!.. Vous qui savez tout, Monsieur, vous connaissez sans doute le motif qui m’a fait quitter Versailles et qui m’amène ici, à Paris... chez vous!..

cagliostro. Je crois le deviner.

le chevalier. Eh bien?

cagliostro. Dès que. vous le voudrez, monsieur le chevalier, je serai à vos ordres.

la marquise, vivement. Mon neveu!.. Messieurs, je ne le souffrirai pas !

Cécile. Mais qu’est-ce donc? qu’y a-t-il? le chevalier. Eh quoi ! ma cousine, ignorez-vous donc qu’on vous sacrifie, que votre main est promise à Monsieur!

Cécile, avec effroi. Ma main! jamais!

la marquise. Comment! quand je le veux!.

Cécile. Mais quand vous savez que j’aime le chevalier ! LE chevalier, à Cagliostro. Vous entendez, Monsieur! cagliostro, avec sang-froid. Parfaitement!., mais si Mademoiselle se trompait... ( Mouvement de Cécile.) Eh! mon Dieu! nos sentiments d’hier sont-ils toujours ceux d’aujourd’hui? et si vous changiez d’idée !..

Cécile, avec fierté. Monsieur!..

cagliostro. Si demain, si dans un instant vous cessiez d’aimer votre cousin?

Cécile, vivement. Jamais ! jamais ! (En ce moment on frappe trois coups dans la main, à la porte à droite.)

MORCEAU D’ENSEMBLE

Écoutez!

LA MARQUISE

Qu’est-ce .donc?

LE PRINCE

Quel nouvel incident?

cagliostro, à Cécile.

Nous vous protégeons tous, et rien ne vous menace!

Eh bien ! daignez entrer dans cet appartement.

Cinq minutes...

Cécile, étonnée.

Comment !

cagliostro.

Il ne m’en faut pas tant

Pour que de votre cœur un vain amour s’efface.

LE CHEVALIER

Quoi! Cécile!

Cécile, au chevalier.

Ne craignez rien...

Pour le confondre enfin...

(Haut.)

J’accepte et je revien.

(Elle entre dans la chambre à droite.)

Ah! grand Dieu! je n’y comprends rien!

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