‹ Å’uvres illustréesChapitre 997 sur 1154 · LE CHEVALIER, CORILLA · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, CORILLA

corilla, s'avançant vers le chevalier. Elle-même, perfide!... Et les seuls talismans dont je me suis servie sont les bagues, boucles do cheveux, lettres d’amour et promesse de mariage que je lui ai montrées!.. le chevalier. C’est fait de moi! je suis perdu! corilla. J’y compte bien!., mais cela ne suffi t pas à ma vengeance... El ce poignard qu’a la première trahison tu m’as permis dé te plonger dans le cœur...

le chevalier. Je te le permets encore!., je te le demande!

corilla. Que veux-tu dire?

le chevalier. Que c’est maintenant mon seul vœu, mon seul désir...

corilla. O traître! s’il en est ainsi, je m’eu garderai bien!

le chevalier. Frappe, te dis-je... je l’ai mérité. .. car je l’aime comme je t’ai aimée, Corilla... c’est tout dire! corilla. Tais-toi!

le chevalier. Avec passion! avec folie !.. et dans ces moments-là, sans hésiter, sans réfléchir, on donnerait pour celle qu'on aime son sang, sa vie!. Tu t’en souviens! corilla, détournant la tète. Tais-toi! fais-toi !

LE chevalier. Non, je ne me tairai pas!., parce que je suis coupable... parce que l’amour que je t’avais juré, et que tu méritais si bien, malgré moi et sans le vouloir, je l’ai éprouvé pour une autre.

corilla. Eh bien! Monsieur, voilà ce qu’il fallait m’avouer ce matin, franchement, loyalement!.. Ou ne trompe pas les gens... ou leur dit en ami : — Ecoute, je t’ai aimée, je t’ai adorée; je ne t’aime plus!., et toi? — Moi!., dame! pas encore!., mais je tâcherai... je verrai; et ne frtt-ce que par dépit... je jure bien que... Enfin, c’est mon afTaire, ça me regarde!.. Mais voilà comme on se conduit, quand on a du cœur et des sentiments!

le chevalier, avec attendrissement. Et le moyen?., car lorsque je t’entends parler ainsi, l'émotion, le remords, le souvenir... 11 me semble que je t’aime encore!

corilla. Ah! je suis désarmée!., et voilà toute ma colère qui s’en va!

le chevalier, avec passion. Oui, Corilla, je te le jure! corilla, lui faisant signe de la main. Assez! assez!., n’allons pas de nouveau nous tromper!., nous ne pourrions plus nous y reconnaître .. Adieu, Monsieur! le chevalier. Corilla !

corilla. Vous avez été bien cruel pour moi., mais il y a entre nous un lien que rien ne peut rompre... Vous m’avez sauvé la vie... et cela je ne l’oublierai jamais. . Je ne serai donc plus que votre amie, amie dévouée !

le chevalier. Qui viens de renverser toutes mes espérances!

corilla. C’est vrai!

le chevalier. De livrer Cécile à mon rival! corilla. C’est vrai! Mais tous mes torts, je veux les réparer!

le chevalier. Et comment cela?., quand nous avons affaire au plus savant, au plus habile des charlatans... au comte Cagliostro... L’avez-vous vu? le connaissez-vous?..

corilla. Non ; mais il a ses prôneurs, ses alliés... nous aurons les nôtres... Il faudrait d’abord circonvenir un certain marquis de Caracoli,, son ami, son confident intime!

le chevalier. Le marquis!., du tout... Cagliostro ne le connaît que depuis hier!

CORILLA. Depuis hier!., détrompez-vous!., j’ai la preuve du contraire... C’est lui que le comte m’a envoyé secrètement hier pour me prévenir et m’amener ici! le chevalier. Serait il possible?

corilla. Vous concevez qu’on ne charge pas un inconnu d’une mission aussi délicate.

i.e chevalier. C’est clair! ils sont d’intelligence! Nous voilà sur la trace... Ah! ma chère Corilla! [Il lui baise les mains avec transport.)

corilla, vivement. Ne vous occupez donc pas de mes mains. Monsieur, ce sont des détails inutiles!.. Il s’agit de retrouver cet homme et de le forcer à parler! .. (On frappe à la porte à droite.) Silence! on frappe à cette porte !

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