AUX AMIS DU REGNE DE DIEU
Je suis re'cemment arrive en France avec MM. John Pack et Curtis E. Bolton, « elders »(anciens) de l'Eglisede Jfeus-Ghrist des saints des derniers jours, venant de Ddseret, pres le grand lac Sale\ Haute -Call fornie, Etats- Unis d'Amerique. M. William Howells, « elder » de la meme Eglise a Wales, eu Angleterre, s'est joint a nous pour travailler a la meme ceuvre.
MM. Bolton et Howells <5tant avec moi a Paris dans le but d'enseigner res principes de la foi religieuse que nous professons comme peuple, nous desirons, autant que les circonstances nous le permettront, exposer en public et en particulier ces principes a tous ceux qui , dans cette grande me"tropole et en general dans ce pays, voudront en prendre connaissance.
L'objet que je me propose dans cette publication est de donner un abreg<5 tie l'histoire de notre Eglise, et une courte exposition des principaux points de notre foi.
Mais, avant cela, il conviendra peut-etre que je r£ponde a des questions qui nous ont <5te" souvent adressdes depuis notre arrived dans ce pays. On nous a demande" si nous avions en vue quelque objet politique. Non! Ministres du Seigneur Jdsus-Christ, nous sommes venus pour precher sa parole telle qu'elle nous a <5te confide, et nous ne voulons enfreindre les droits d'aucut) homme, ni intervenir en rien avec le gouvernement et la police de cette nation. Nous ddsirons rester soumis a toutes les lois, reglements et autoritds, et les soutenir dans toute l^tendue de notre humble influence. On nous a aussi demands' si nous dtions protestants ou catholiques. Nous ne sommes ni protestants ni catholiques dans l'acception ordinaire de ces termes, et nous sommes Tun et l'autre en bien des points particuliers.
Notre Eglise n'a pas Std Stablie ni organised en protestant contre l'Eglise i atholique romaine ou contre aucune de ses doctrines particulieres; elle jj'est pas non plus une branche de cette Eglise et n'y a pas pris son online. Elle n'est pas davantage formde d'apres le modele des Eglises prolestantes, ni associtie avec aucun ordre ou profession de protestants. Les iloctrines, ordonnances, autoritd et organisation que nous avons dans notre Eglise, nous ont 6t6 donndes par reflation directe du ciel, sans aucun rapport avec aucune autre Eglise a regard de ces choses. Les doctrines que notre Eglise professe sont contenues dans le livre de Mormon , et elle a recu son autoritS par le ministere des saints Anges. Ainsi, sur tous les points que nous avons indiquds, elle est aussi inddpendante de toute autre Eglise que s'il n'y avait pas eu d'Eglise d'aucune espece au monde. Mais cela n'empeche pas que ses doctrines, ses ordonnances et son organisation ne soient pr6cis<5ment les memes que celles qui ont H6 donnties par notre Seigneur et Sauveur Jdsus-Christ, enseignties et administrtJes par ses disciples sur le continent d'Asie il y a dix-huit siecles, comme il est dcrit dans le Nouveau Testament. En effet, c'est une restitution de ces doctrines, principes et or-
donnances, non pas d'homme ni par les hommes, mais par l'ouvertnre de? deux et la manifestation de la volonte" du Seigneur aux habitants du monde.
L'Eglise de J6sus-Christ des Saints des derniers jours recut sa premiere organisation dans la ville de Manchester, province d'Ontario, £tat de New- York, Etats-Unis d'Am^rique, le 6 avril 1830. Avant cette e'poque, un ange apparnt & un jeune liomme de 15 ans, fils d'un fermier, nomme" Joseph Smith, et lui communiqua bien des choses ayant rapport a la situation du monde religieux, k la nteessite" de 1'organisation d'une Eglise correcte, et lui d^couvrit beaucoup d'tSvenements qui doivent s'accomplir dans les dprniers jours, selon la parole des prophetes.
Je rapporterai les mots, autant que possible, comme il me les a racontes. 11 m'a dit que dans le voisinage de son habitation plusieurs socie'te's de denominations diff^rentes s\5tant unies pour produire un r£veil religieux, chose assez fr^quente dans les Etats-Unis, un grand nombre se de"clarerent convertis, entr'autres, deux ou trois membres de la famille de son pere. Quand ce r6voil fut passe", il s'eleva une difficulty pour savoir a quelle socieHe appartiendraient les nouveaux convertis. Un membre de la famille de son pere se joignit a une society, et un autre entra dans une socieHe differente. Son esprit fut trouble" : il vit la discorde au lieu de la p.ix et la division au lieu de l'union ; et en refldchissant sur la quantity des croyances et des cultes qui existent, il crut qu'il 6tait impossible que tous fussent justes. Si Dieu en a enseigne" un, il n'a pas enseigne" les autres, car « Dieu n'est pas l'auteur de la confusion. »
En lisant sa bible, il fut vivement frappe" du passage de St.-Jacques, chap. lcr, verset 5. « Si quelqu'un de vous a besoin de sagesse, qu'il la « demande a Dieu, qui la donne libe>alement a tous les hommes et ne (( la reproche pas, et elle lui sera accorded. » Confiant dans la parole de Dieu, il se retira dans un bosquet et pria le Seigneur de lui accorder la sagesse concernant cette matiere. Etant ainsi occupti, il fut environne" d'une lumiere brillante, et il se prfeenta a sa vue deux personnages rev6tusde gloire, ayant la meme ressemblance dans leurs traits, qui l'e"clairerent sur le sujet qui agitait auparavant son esprit. II lui fut donne" a eomprendre que toutes les Eglises 6"taient dans l'erreur a regard de bien des choses ; et il lui fut ordonne" de ne pas suivre leurs errements : il recut la promesse que la plenitude de l'Evangile lui serait A6\o\Ue dans quelque temps a venir : apres quoi la vision se retira, laissant son esprit dans nn £tat de calme et de paix.
Quclque temps apres, se trouvanta prier avec ferveur, tout-a-coup delate dans sa chambre une lumiere semblable a celle du jour, mais plus pure et d'un Mat plus vif et plus radieux. 11 lui sembla d'abord comme si la maison etait remplie d'un feu de"vorant. Cette vision soudaine d'une lumiere si eclatante etsiauguste, lui fit 6prouver une sensation qui p£n<Hra toute sa personne ; elle fut n^anmoins suivie par le calme et la s6r£nite" d'esprit, et un sentiment de joie indicible. Au meme instant un personnage se pr£senta h lui. Cet etre <Hait environne" d'une aurdole de gloire plus brillante que la lumiere de"ja mentionn^e au milieu de laquelle il se tenait, et quoique son visage brillat comme un eVlair, n^anmoins il offrait un a9-
pact attrayant, melange d'innocence et de splendeur, de sorte que tout* crainte 6tait bannie de son coeur, et que son ame conservait le calme le plus profond. La taille de cet etre celeste surpassait un peu celle des hommes de nos jours ; son habillement etait d'un blanc parfait, et Ton n'y dteouvrait pas la moindre couture. II annonca qu'il etait un ange de Dieu, envoys par son ordre pour lui faire part que ses peches lui etaient pardonnfe, et ses prieres exaucees ; et aussi pour lui apprendre la joyeuse nouvelle que le pacte que Dieu avait fait avec Israel des temps antiques concernant sa posterite, etait a la veille de recevoir son aecomplissement. Que la grande oeuvre preparatoire pour le second avenement du Messie allait promptement commencer ; que les temps arrivaient pour la predication de l'Evangile dans toute sa plenitude et en toute puissance au milieu des nations ; qu'un peuple avait a se preparer avec f'oi et justice pour le regne millenaire d'une paix et d'une joie universelle ; et que lui-meme avait ete appele" et choisi pour etre un instrument dans les mains de Dieu a l'effet de contribuer a l'aecomplissement de quelques-uns deses merveilleux desseins, dans cette derniere dispensation. Cet ange re\£la a M. Smith, entre autres choses, que les Indiens d'Amerique sont un r6sidu d'lsrael; que lorsqu'ils emigrerent premierement en Amerique, ils etaient un peuple 6clair6 , illuming, en possession de la connaissance du vrai Dieu , jouissant de ses faveurs et recevant des benedictions particulieres de sa main; que leurs prophetes et leurs ecrivains inspires etaient tenus de rediger une histoire sacrtte des evenements les plus importants qui se passaient au milieu d'eux; que cette histoire se transmit longtemps de generation en generation, jusqu'a repoque ou ce peuple tomba dans une grande corruption ; que la plus grande partie fut detruite, et que les annates (par le commandement que Dieu donna a un de leurs derniers prophetes) furent mises en lieu de surete pour etre soustraites aux mains des mediants qui cherchaient a les aneantir. — M. Smith fut informe que ces annates contenaient bien des revelations sacrees qui avaient rapport a l'Evangile du royaume, et aussi des propheties sur les grands evenements des derniers jours, et que, pour remplir les promesses faites aux peres et pour accomplir les desseins de Dieu dans le retablissement de leurs enfants, il fallait que ces annales vinssent a la connaissance des peuples; que s'il etait tidele, il serait Tinstrument honore et beni pour ramener ces choses k la lumiere : il fut en meme temps averti, de la maniere la plus expresse, que tout cela doit se faire avec un ceil simple a la gloire de Dieu, et que ces annales ne seront contiees a personne qui voudrait s'agrandir en faisant servir ces choses sacrees ci des projets de speculation ou d'injustice. Apres lui avoir donne sur les choses passees et futures beaucoup destructions, qu'il n'est pas n£cessaire de rapporter ici, l'ange disparut, et la lumiere et la gloire de Dieu qui l'entouraient disparurent aussi , lui laissant une paix parfaite dans l'esprit et un calme et une serenite ineffable dans le cceur. Mais avant le matin la vision se renouvela par deux fois, lui donnant toujours de nouvelles lumieres concernant la grande ceuvre de Dieu , qui est pres de s'accomplir sur la terre. Lc matin il sortit, selon son habitude, pour travailler au champ, mais peu apros la vision fut renouveiee; le meme ange lui apparut encore, et ayantete in-
struit, par les visions antSrieures de la nuit, sur la place oil 4taient deposges les archives, il lui fut ordonne" d'aller de suite les voir. Ainsi il se rendit imm£diatement au lieu qui lui avait 6te" indiqu6, et il trouva, sur le penchant et tout pres du haut d'une colline, une boite en pierre, dont un des coins Stait visible au-dessus de la terre. Avec un l£ger levier il mit facilement a de"couvert ce qui y elait contenu, de maniere a le voir parfaitement. Au fond de cette boite e" tait un ancien pectoral , au-dessus duquel se trouvaient les annates, supportees par trois petites colonnes. Pendant qu'il considdrait ce tv&sor sacre avec surprise et Stonnement, l'ange de Dieu qui l'avait visite" auparavant vint encore devant lui,et son ame fut encore illurni ne'e comme el le l'avait ddja £te" la nuit pr£c£dente, et il fut rempli du Saint-Esprit; les cieux furent ouverts, et la gloire du Seigneur l'environna et reposa sur lui. Tandis qu'il 6tait ainsi en admiration l'ange lui dit « regarde, » et aussitdt il vit le prince des te'nebres entoure" d'une suite innombrable de ses associes. Comme cette vision passait devant lui, le messager celeste lui dit : « Tout ceci t'est montre\ le bien et le mal, le saint et l'impur, la gloire de Dieu et la puissance des te'nebres, afin que tu aies la connaissance de ces deux pouvoirs, et que tu ne sois jamais influence" ni vaincu par le malin. Voici : tout ce qui nous attire et nous mene au bien , et nous conduit a le faire, vient de Dieu , et tout ce qui y est oppose" vient du malin. (Test lui qui remplit le cceur des hommes de mal , qui les fait marcher dans les t£nebres et blasphemer contre Dieu. Et tu peux apprendre d£sormais que ses voies menent a la destruction ; mais la voie de la saintete" est paix et repos. Tu ne peux pas main tenant emporter ces annales, car le commandement de Dieu est strict, et si jamais ces choses sacrdes sont obtenues, il faut qu'elles le soient par la priere et la fidelity, en ob&ssant au Seigneur. Elles n'ont pas 6"te" depose"es ici pour l'accumulation du gain et de la richesse, pour la gloire de ce monde. Elles ont tite" scellees par la priere de la foi et a cause des connaissances qu'elles renferment. Elles ne valent rien aux enfants des hommes que pour leur intelligence. Dans ces annales se trouve la plenitude de 1'Evangile de J6sus-Christ, comme il a 6t& donne" a ces peuples sur ce continent. Quand elle sera mise en lumiere par le pouvoir de Dieu, elle sera apportde aux Gentils, et beaucoup d'entre eux la recevront. Et apres, les descendants d'Israel seront ramenes dans la bergerie de leur Sauveur en obeissant aussi a sa parole. Ceux qui ont garde les commandements de Dieu sur cette terre le lui ont demand^, et par la priere de la foi ils ont obtenu que, si leurs enfants transgressaient et s'e'loignaient des voies de Dieu, ces annales seraient gardens, et dans les derniers jours parvieudraient a leurs descendants. »
Beaucoup d'autrcs choses glorieuses et importantes lui furent communiques par l'ange, mais elles demanderaient trop de place pour etre rapporters dans cet e"crit.
Ces annales elaient gravies sur des plaques qui avaient I'apparence de Tor. Chaque plaque etait d'environ sept a huit pouces de longueur et de largeur, et un peu moins ^paisse que le fer-blanc ordinaire; elles eHaient unies de maniere a former un volume comme les feuilles d'un livre , et attaches a l'un des bouts par trois anneaux qui, passant a travers, liaient le tout ensemble ; elles gtaient couvertes des deux cfttSs de gravures en ca-
ractere egyptien moderne ou reforme : ces earaches ou lettres etaient minces et eiegamment graves. Le livre entier prdsentait beaucoup de marques d'antiquite dans sa construction, aussi bien que beaucoup d'habilet* dans Tart de graver.
Avec ces annales se trouvait un instrument remarquable, appele par les anciens lUrim et le Thummim, qui consistait en deux pierres transparentes comme le cristal assujetties aux deux extremity d'une branche en forme de petit arc. C'etait un instrument dont faisaient usage, dans les temps anciens, ceux qu'on appelait les voyants, et au moyen duquel ils recevaient des revelations de choses eloigners, passees ou futures.
Exode XXVIII, 30. « Et tu mettras sur le pectoral du jugement l'Urim et le Thummim, qui seront sur le cceurd'Aaron lorsqu'il viendra devant l'Eternel; et Aaron portera continuellement le jugement des enfants d'lsrael sur son cceur devant l'Eternel. » Lev. VIII, 8. « Ensuite il mit sur lui le pectoral, apres avoir mis au pectoral l'Urim et Thummim. » Esd. II, 63. «Et Attircatha leur dit, qu'ils ne mangeassent point des choses tres saintes, pendant que le sacrificateur assisterait avec l'Urim et le Thummim. »
Joseph Smith a traduit ces annales en langue anglaise par le don et le pouvoir de Dieu, par le moyen de l'Urim et du Thummim. Elles donnent l'histoire d'un peuple qui se rendit de la tour de Babel sur la terre d'Amerique, lorsque, selon le r£cit de la Bible, les hommes furent disperses sur toute la face de la terre. Elles renferment aussi une histoire d'un autre peuple qui quitta Jerusalem durant le regne de Sedecias, roi de Juda. II y a le recit de leur voyage et de leur arrived sur le continent d'Ame>ique ; une histoire de leur maniere d'adorer, de leurs temples, de plusieurs de leurs villes, bourgs et villages. On y voit la description des divisions territoriales de ces peuples, de leurs lois, de leurs guerres et de leurs commotions sociales. On y voit aussi qu'ils avaient des prophetes, la parole du Seigneur et des reflations comme les anciens Israelites sur lecontinent d'Asie; et Thistoire de leurs mechancetes, de leurs chatiments et de leur finale destruction.
Ces annales rapportent en particulier que notre Sauveur parut au milieu d'eux apres sa resurrection , et y etablit son Eglise. II y est dit que Jesus- Christ ordonna parmi eux douze apotres; qu'ils avaient des prophetes, des £vangelistes, des pasteurs et des docteurs; qu'ils etaient baptises au nom de Jesus pour la- remission des p£ch£s, et qu'ils recevaient l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit; que les memes pouvoirs, benedictions et dons suivaient leur ministere, comme pour les apfitres du continent asiatique; que l'Eglise avait alors au milieu d'elle le don des langues;que les malades etaient gu£ris par l'imposition des mains; qu'il y avait des prophetes, des revelations, et toutes les benedictions, dons, pouvoir et privileges dont jouissaient les Eglises du continent d'Asie; mais que ce peuple, beni pendant un temps, ayant peche contre Dieu et attire sa coiere, deg jugements terribles le surprirent, et que des centaines de milliers furent massacres dans des batailles; que le dernier de leurs prophetes recut du Seigneur le commandement d'ecrire une histoire de ces choses etde les cacher dans la terre, avec la promesse que cette histoire serait mise au jour pour l'usagede son peupleet pour l'accomplissementdesesdesseinsauxderniers jours.
Gomme on est maintenant occupe a traduire ce livre en langue franchise et comme il sera publie dans peu de mois, je renvoie le lecteur pour plus de renseignements sur ce sujet au livre de Mormon.
Le Seigneur dans une vision confirma a trois temoins les choses qui avaient et<§ reveiees a Joseph Smith : leur temoignage sera public avec le livre de Mormon, ainsi que le temoignage de huitautres personnes qui virent ces plaques, qui les manierent et les examinermt.
Dans 1'annee 1829, Joseph Smith et Olivier Caudery, ayant appris la maniere correcte d'administrer le bapteme, par l'enseignement que le Seigneur donna a cet egard aux anciens Nephites, comme cela est rapporte dans le livre de Mormon, desirerent aussi d'etre baptises, mais sachant que dans aucune des Eglises modernes personne n'avait l'autorite necessaire pouradministrer dans cette ordonnance sacree, ils etaient en peine desavoir comment cette autorite" serait restauree. Ils etaient en effet assures qu'une ordonnance appartenant a Teternite ne pouvait etre bonne qu'autant que les personnes qui l'administraient en avaient recu de Dieu la commission. Sans cette commission de Dieu, de quel usage pourrait etre leur administration ou de quel bienfait? Elle nesaurait etre reconnue du Seigneur s'ils administrent en leur propre nom; et s'ils administrent dans le nom du Seigneur sans en avoir recu la commission, n'ost-ce pas usurper injustement le nom du Seigneur et agir d'une maniere frauduleuse dans les choses sacrees et encourir ainsi le juste deplaisir de Dieu? C'est pourquoi dans le dfeir qu'ils avaient d'etre «5clair«?s a cet egard, ils implorerent le nom du Seigneur. Pendant qu'ils etaient en prieres, un saint ange leur apparut et se tint devant eux. II leur donna des instructions de ce qu'ils avaient a faire; et leur ayant impose' les mains sur la tete, il les ordonna : apres quoi, il leur commanda de se baptiser Tun l'autre, ce qu'ils firent.
Au sixieme d'avril 1830, FEglise de Jesus-Christ des saints des derniers jours etait organise dans le bourg de Manchester, comte d'Ontario, Etat de New-York, Amerique du Nord. Plusieurs furent appeles et ordonnfe par l'esprit de revelation et de prophetie, et commencerent a precher et a rendre temoignage selon que l'Esprit les faisait parler. Et quoiqu'ils fussent les choses faibles de la terre, ils etaient fortifies par le Saint-Esprit et rendaient leur temoignage avec un grand pouvoir, de telle sorte que beaucoup furent amenes a la repentance et venant avec des coeurs abattus et des esprits brisks, ils etaient baptises par immersion dans l'eau, et confessant leurs pech^s ils recevaient le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains, et le Saint-Esprit descendait sur eux avec un grand pouvoir; ils avaient des visions et des propheties; des esprits immondes etaient chassis, et les malades etaient gueris par l'imposition des mains.
Ainsi le Seigneur confirmait sa parole comme aux join's anciens, sur le continent asiatique, par les signes qui suivaient; il eievait des temoins pour porter le temoignage de son nom et pour la fondat:on de son royaume dans ces derniers jours; et les coeurs de ses saints etaient fortifies et remplis d'une grande joie.
L'Eglise etait organisee par revelation selon le modele qui existait parnii le peuple de Dieu sur le continent d'Amerique, et aussi selon le modele pose
et pratique par les Chretiens primitifs en Asie; car its talent tous les deux parfaitement semblables.
Dans l'organisation, il y avail des apotres, des prophetes, des <$van*<§bstes, des pasteurs, des deques, des diacres et des docteurs ordonnes Ceuxci enseignaient les memes doctrines et administraient les memes ordonnances que les ministres de l'Eglise primitive. lis enseignaient au peuple de croire en Dieu et en son Fils notre Seigneur J&us-Christ. lis enseignaient les hommesa se repentir de leurs p£ches, a abandonner l'iniquite et a etre baptises au nom de Jesus pour la Amission des pfehds. Tous ceux qui croyaient et se repentaient etaient baptises par immersion, et alors ils recevaient Tim position des mains pour le don du Saint-Esprit; les dons et les benedictions qui existaient autrefois dans l'Eglise <Haient de nouveau restaurees; « car a l'un 6tait donn<5e par l'esprit la parole de sagesse ; et a l'aulre par le meme esprit la parole de connaissance; a un autrete foi, et a uu autre les operations des miracles; a un autre, la prophetie; a un autre le don de discerner les esprits; a un autre, la diversity des langues; et a un autre, le don d'interpr<5ter les langues, 1 Corinth, ch. XII, v. 8-10. Les anges administraient encore et les memes certitudes, ve"rit6 et intelligence qui autrefois consolaient et rejouissaient le cceur des anciens saints, se trouvaient encore de nouveau dans le cceur des saints; le temoignage etait rendu, et beaucoup croyaient les doctrines enseigne"es par les ministres de l'Eglise, ob&ssaient & la parole et titaient baptises.
Peu de temps apres l'organisation de l'Eglise, un certain nombre de « Elders »furent choisis et ordonnes pour former un corps de soixante et dix selon le modele ancien. Luc, ch. V, v. 1. Ceux-ci s'en allaient dans les diffe>entes parties des Etats-Unis, prechant l'Evangile, et des milliers crurent les doctrines et les principes qu'ils enseignaient. Apres cela, comme la parole de Dieu croissait et multipliait, il y eut encore d'autres corps de soixante et dix de choisis; il y en a maintenant trente-trois dont le devoir est de precher l'Evangile h toute nation, tribu, peuple et langue sous la direction des douze. Les « Elders » ci-dessus mentionnes ont preche dans toutes les parties des Etats-Unis, dans le Canada, dans plusieurs provinces de l'Angleterre, et des milliers se sont joints a l'Eglise. CetEvangiles'estr^pandu dans diff^rentes parties de la terre. II y a un grand nombre d'Eglises dans les iles de l'Ocean Pacifique, en Australie et dans les Indes orientales.
II y a une douzaine d'annees, quelques-uns des « Elders » de l'Eglise sont venus en Angleterre, et deux ou trois annges apres ils ont *5t<3 suivis de plusieurs autres. Depuis cer temps-l& plus de quarante mille persnnnes se sont jointes a l'Eglise, dont dix a douze mille ont Emigre aux Etats-Unis. [I y a des « Elders, » dans presque toutes les parties de l'Angleterre, de l'Ecosse et du paysde Galles, et quelques-uns en Irlande. Ces « Elders » sont principalement deshommes qui ont (He- ordonnes dans leur propre nation. Car ayant eu la connaissance des principes enseign6s, ils sont rendus capables d'eninstruire les autres. Plusieurs des « Elders » qui sont arrives des premiers en Angleterre sont maintenant dans d'autres nations.
En meme temps que MM. Pack, Bolton et moi, nous sommes venus en France, plusieurs autres ont etc" envoyds en Italie, en Suede et dans le Da-
nemark. Nous attentions d'etre bienWt appeies a visiter toutes les parties du monde. Au moment ou nous quittames le grand Lac sale, on avait Tintention d'envoyer des «Elders» de l'Eglise dans l'Amerique du Sud, en Chine et dans celles des iles de l'Ocean pacifique qui n'ont pas encore etc" visitees. Notre dessein est de repandre cet Evangile dans toutes les parties du monde habitable, selon que cela nous a ete commanded
Depuis l'etablissement de l'Eglise nous avons souffert beaucoup de persecutions, qui nous out ete suscitees principalement par les homines d'une devotion religieuse exclusive, car les revelations de Dieu, en cet age, comme cela est toujours arrive en tout age, ne peuvent manquer de heurter les vues, les confessions de foi, les opinions, les religions et les corruptions d'hommes. Et tandis que les hommes honnetes conviennent de la verite, ceux qui sont corrompus essayent la force de la persecution, lorsqu'ils ne peuvent pas renverser les principes par l'Ecriture et par le raisonnement. II en etait ainsi avec tous les anciens prophetes. Jesus-Christ a ete cruciiie, ses apotres ont ete persecutes et detruits parce qu'ilsenseignaient des doctrines qui etaient contraires aux prejuges, professions de foi et corruptions d'hommes. II est ecrit que quiconque veut vivre selon la piete soulfrira persecution. Mais plus les hommes cherchaient a nous persecuter et k nous detruire, plus la parole de Dieu croissait et multipliait, et plus nos circonstances s'ameiioraient.
Bientot apres l'organisation de l'Eglise, plus de mille personnes se joignirent a l'Eglise a Geauga, comte de l'Etat d'Ohio, ou il y eut peu de temps apres une grande colonie. II se forma aussi d'autres etablissements dans l'Etat du Missouri, dans les comtes de Jackson et Clay; mais l'influence d'une persecution combinee s'y fit sentir et nous fumes obliges de quitter ces etablissements en faisant le sacrifice de beaucoup de proprietes. Les saints souffraient toutes sortes d'indignites. Nos persecuteurs faisaient circuler contre nous les plus basses calomnies pour couvrir leurs actions de tenebres et pour se justifier de leurs actes, qui les auraient conduits a la prison ou a la mort, s'ils eussent recu selon leurs ceuvres. Nous nous sommes ensuite etablis dans les comtes de Caldwell et Davies, dans le Missouri, et nous y avons forme des etablissements plus considerables que ceux que nous avions ete obliges d'abandonner. Nous commencames alors a fonder une ville appeiee Farwest (loin vers l'ouest). L'Esprit de persecution se ranima contre nous et des hommes religieux s'unissaient avec les hommes sans principes qui convoitaient nos proprietes, pour nous chasser de l'Etat. Les scenes les plus revoltantes eurent lieu. On repandit toutes sortes de mensonges dans toutes les parties de l'Etat contre nous, & tel point que pour trouver un lieu de repos nous fumes encore contraints de quitter l'Etat et nos proprietes comme nous l'avons fait. Alors nous nous sommes transposes dans l'lllinois et pour quelque temps nous avons ete proteges par le gouvernement. C'est Ik que nous avons eieve en peu d'annees la ville de Nauvoo qui comptait plus de dix mille habitants. Nous regumes une charte (lettres patentes) pour notre ville et nous avions nos propres magistrats et autorites municipales. Le temple que nous y eievames etait l'edifice le plus magnifique de tout l'Etat. La plus grande partie du terrain de dix a trente
milles a l'entour nous appartenait et nous y etablimes de tres belles fermes. Nous avions commence- a Stablif des manufactures auxquelles nous nous preparions a donner le plus grand developpement , quand la persecution commenca a se ranimer contre nous de la part d'hommes de la meme e'spece et faisant usage des memes moyens que pr£cedemment. Nos ennemis ne produisirent d'abord que peu d'effet, parce que nous etions plus generalement connus; mais ensuite ils s'organiserent d'une maniere reguliere et formerent un parti quise nomma Anti-Mormon. Ils avaient leurs presses pour faire des publications, ils tenaient des assemblies regulieres pour chercher a soulever le comt<5 contre nous, ils produisaient toute espece de fausses accusations qui nous assujettissaient a toute sorte de proces vexatoires, et ils nous provoquaient par tous les moyens qui etaient en leur pouvoir. Durant un de ces mouvements, Joseph Smith et son frere Hyrum Smith furent l'objet d'une accusation ported contre eux par quelques hommes sans principes, mais ils refuserent de se rendre aux mandats que l'on avait lanc& contre eux et de se remettre entre les mains de tels hommes sans etre accompagnes d'une force armfe pour les proteger, jusqu'a ce que le gouverneur de l'Etat eut donn£ l'assurance positive tant en son propre nom qu'au nom de l'Etat qu'il les protegerait. Alors ils se rendirent a Carthage ou ils furent mis en prison. C'est Id, qu'une bande de gens armfe, deguis^s et le visage peint comme des Indiens, fit invasion dans la prison et ils tuerent Tun et l'autre. Et les milices qui faisaient partie des troupes du gouverneurqui avait promis de les proteger, aiderent ces m£chants dans l'accomplissement de leur acte diaboJique. Nous avions en ce temps-la cinq mille hommes sous les armes : c'utait une legion appelte Nauvoo-Legion qui etait organised d'apres les lois de l'Etat avec des officiers commissionn£s par le gouvernement; ils auraient pu facilement d^truire nos ennemis qui e^aient moins nombreux que nous, mais ne voulant pas detruire la vie humaine et sachant qu'un tel mouvement conduirait a l'effusion de beaucoup de sang, nous prelerames rester tranquilles et laisser cet evenement entre les mains de Dieu et le chatiment de ces malfaiteurs a la loi. Apres quelques proces que l'on fit pour la forme, les accuses furent acquitted, car, quoique les lois fussent bonnes, l'autorit6 executive n'avait pas une £nergie suffisante pour les faire ex&uter. Des emeutiers, des incendiaires et desmeurtriers pouvaient ainsi se promener avec impunity dans le pays. Joseph Smith, par suite d'un esprit dechain6 d'envie, de malice, de bigoterie religieuse et de persecution, avait 6t6 traduit trente-neuf fois devant les tribunaux du pays, sans que jamais uneseule accusation ported contre lui eut pu etre maintenue. Ses ennemis, sachant bien et declarant a haute voix qu'il n'y avait pas moyen de le condanmer par les lois, eurent ainsi recours a la violence et au meurtre comme nous venons de le dire. Dans de telles circonstances et menaces de tracasseries continuelles, nous jugeames encore qu'il serait mieux pour nous de quitter l'Etat. Et c'est aussi ce que nous avons fait en abandonnant et en faisant le sacrifice de propridtes valant des ! millions de dollars: car tant dans laville que dans les environs, nouseHions au nombre de plus de trente mille.
Depuis ce temps, nous nous soinmes transports dans la vallee du Grand-
lac Sate ou nous sommes maintenant etablis. Le Seigneur nous a b^nis de la maniere la plus extraordinaire. Apres nous etre vus depouiltes et pilies comme nous l'avons ete, nous nous trouvons, apres un petit nombre d'annees, comme peuple, dans de meilleures circonstances que nous ayons jamais ete, car le Seigneur a ete avec nous et sa benediction nous a suivis. Nous habitons une terre qui est dans une situation magnifique, doirt le sol est riche et le territoire d'une grande etendue. C'est la contrte la plus salubre de toutes celles ou nous avons jamais v^cu. L'eau y est pure, nous avons du bois en suffisance, des bestiaux en abondance, et nous y possesions toutes les choses necessaires a la vie. Nousy avons deja une villed'environ trois milles de longueur sur un mille et demi de largeur, et deux autres plus petites; outre plusieurs petits villages. Nos etablissements s'dtendent a plus de soixante milles dans la valine, outre une colonie assez considerable dans une valine qu'on appelle Sand-Pite a la distance de cent soixante milles. Nous avons fait des explorations a plus de trois cent milles au sud ou des colonies 'rent s'etablir cette annee.
Nous n'avons jamais eu de difficulty's avec le gouvernement de la nation , car nous avons toujours soutenu les lois et la constitution des Etats- Unis. II a aussi connaissance de nos persecutions , et nous avons r£cemment obtenu du Congres une concession territoriale qui nous confere le privilege de choisir nos propres legislateurs et nos magistrats, et nous faisons nos propres lois. Nous sommes a mille milles (300 lieues) de nos persecuteurs. Ainsi chaque pas pris par nos ennemis pour nous faire du mal n'a contribue qu'a avancer notre propre prosperite. Si nous avons ete conduits par des voies pleines de difficultes, cela a ete pour notre instruction et pour notre bien, et si nous avons ete persecutes, nous avons aussi ete deiivres. La benediction de Dieu a ete avec nous, et sa main nous a guides. Nous nous rejouissons dans le T res-Saint d'Israel, et nous donnons gloire a Dieu.
Quelques-uns m'ont demand6 si nous avions une communaute de biens et de proprietes? Non. Chacun cultive son propre terrain, a soin de sa propre famille et de ses affaires domestiques, et a l'administration entiere de ses proprietes. Toutefois, il y a des eveques choisis et etablis, dont le devoir est particulierement de veiller au bien-etre temporel des saints et d'aider de leurs conseiis tous ceux qui ne sont pas au fait des meilleurs moyens de diriger leurs affaires. Et dans les temps de persecution et de troubles, nous nous sommes tous aides Tun et l'autre jusqu'au dernier sou; mais cela a toujours ete volontaire, et a ete en consequence de l'amour des freres l'un pour l'autre et pour le bien general , sans que personne y fut contraint par aucune loi. Partout ou nous avons forme des etablissements, chacun a toujours eu la disposition de ses propres proprietes et a toujours ete un agent libre en toutes manieres. Notre principe est la liberte aux hommes de toute croyance, couleurs et climat. Nous enseignons aux hommes de bons principes; s'ils les recoivent, bien! s'ils ne les recoivent pas, c'est leur propre malheur et pas le notre. S'ils vivent parmi nous, ils seront proteges, et il n'estpermis a aucun hommed'enfreindre leurs droits religieux; comme citoyens, ils sont dans la plus stricte obligation d'observer les lois du pays.
Je donnerai nontenant une exposition abregee des doctrines qui noui out 6U revelees, que nous croyons et que nous enseignons.
Nous croyons en Dieu le Pere, et en son Fils notre Seigneur et Sauveur Jesus-Chnst, et au Saint-Esprit ; nous croyons en l'expiation faite par notre Seigneur et Sauveur J<5sus-Christ ; nous croyons dans les Ecritures saintes du Vieux et du Nouveau Testament, et dans le livre de Mormon, et dans les doctrines que ces livres nous enseignent.
Nous croyons que Dieu revele sa volont6 actuellement aux enfants des ".ommes d'une maniere aussi immediate qu'il l'a fait dans tout autre age du monde, et que notre devoir est de faire sa volonte et de garder ses commandements Mais nous ne croyons pas que Dieu ait donne ou qu'il donne jamais aucune revelation qui contredise aucune de ses revelations ant<§rieures. Toutes les revelations qu'il donne ou donnera ne seront que pour la conduite et l'instruction de son peuple,pour le temps et pourl'<§ternite\ Nous croyons que l'Eglise <5tablie par notre Seigneur J<5sus-Christ et ses apotres, gtait une Eglise pure dans ses institutions, et que toute deviation de ses principes est horsdela droiture. Car Paul dit : «Mais si quelqu'un vous annonce un autre <?vangile que celui que nous vous avons anonnct?, quand ce serait nous-meme ou un ange du ciel, qu'il soit anatheme! Je vous l'ai dit et je vous le dis encore : si quelqu'un vous annonce autre chose que ce que vous avez recu qu'il soit anatheme. » Gal., ch. I, v. 8, 9. Nous croyons par consequent que toutes les personnes qui enseignent des doctrines, administrent dans des ordonnances ou elablissent des principes qui sont en disaccord avec ceux enseigne's par les apotres, se chargent de la plus grave responsabilite\
Nous. croyons qu'il est aussi n&essaire maintenant d'avoir des apdtres, des prophetes, des evang&istes, des pasteurs et des docteurs, comme il y en avait autrefois, selon l'enseignement des apotres. Saint Paul dit: « Luimeme done a donne" les uns apotres, les autres prophetes, les autres <Svang£listes et les autres pasteurs et docteurs, pour ''assemblage des saints, pour l'oeuvre du ministere, pour replication du corps de Christ; jusqu'et ceque nous soyons tous parvenus a l'unite' de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, a lMtat d'homme fait , et a la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, ni flottants et emportSs par le vent de toutes sortes de doctrines, par la tromperie des hommes, et par l'adresse qn'ils ont de seMuire artificieusement ; mais alin que, suivant la v£rit6 avec la charit<5, nous croissions en toutes choses dans celui qui est le chef, savoir Christ. » Ephes. , ch. IV, v. 11 a 15. Nous croyons done que comme ces ordonnances ont 6te donn<5es « pour le perfectionnement des ?aints, par l'oeuvre du ministere, pour Tediiication du corps de Christ, » il en r&ulte que les memes ministres, la meme organisation, la meme sagesseet la meme intelligence, lememe esprit et la meme inspiration sont aussi n£cessaires maintenant qu'ils reHaient a cet age-la, ou dans aucun autre. Et la raison pour laquelle il y a tant de confusion dans l'Eglise chr<5tienne est precisement que les hommes se sont t'loign£s de l'ordre et de l'organisation que Dieu a places dans l'Eglise, et onti ntroduit d'autres prin-
cipes a eux, que Dieu n'a jamais ordonn6s et qu'il ne ratiflera jamais. Voyez 1 Cor. ch. XII.
Nous croyons et nous enseignons la foi en notre Seigneur Jesus-Christ, la repentance envers Dieu, le bapteme des adultes par immersion, pour la remission des p^ches et l'imposition des mains par ceux que Dieu a appel(5s, qui ont ete legitimement ordonnes et qui ont l'autorite, pour le don du Saint-Esprit.
Nous croyons que quand les hommes recoivent le don du Saint-Esprit , il agit sur eux de la meme maniere qu'il a agi en tout autre age , que Dieu n'a pas change", que sa parole n'a pas change, et que son Esprit n'a pas change, et que ses benedictions sont maintenant a la portee de tout homme, et que Dieu les a de nouveau rendues au genre humain. Voyez Marc, ch. XVI, v. 15 a 18. Les apAtres ont parle desmemes choses, lorsqu'ils ont commence a precher ce qui leur avait ete command^. Quand Pierre, sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, eut preche le Christ, ceux qui l'avaient ecoute, ayant voulu savoir de lui ce qu'ils devaient faiie pour etre sauves, il leur commanda de se repentir et d'etre baptises au nom de Jesus-Christ pour la remission des peches, et leur declara qu'ils recevraient le Saint-Esprit. Actes, ch. II, v. 37 a 39. Et encore, lorsque Philippe parlait avec Teunuque Ethiopien, lorsque celui-ci crut au Seigneur, Philippe le conduisit dans l'eau et le baptisa par immersion. Actes, ch. VII, 37, 38. J^sus fut aussi baptise par Jean dans le Jourdain et il a dit a Nicodeme : « En verite, en verite, je te dis que si un homme ne nait d'eau et d' esprit ilnepeut entrer dans le royaume de Dieu. » L'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit est aussi jnentionnee dans les Ecritures. Lorsque Philippe eut preche aux Samaritains et qu'un grand nombre d'entre eux eurent cm et eurent ete baptises, les apotres furent envoyes pour leur imposer les mains pour le don du Saint-Esprit. « Cependant les apotres, qui etaient a Jerusalem, ayant appris que ceux de Samarie avaient recu la parole de Dieu, ils leur envoyerent Pierre et Jean, qui, y etant descendus, prierent pour eux, aiin qu'ils recussent le Saint-Esprit; car il n'etait point encore descendu suraucun d'eux, mais ils avaient ete seulement baptises au nom du Seigneur Jesus. Alors les apotres leur imposerent les mains et ils regurent le Saint-Esprit. » Actes, ch. VIII, v. 14 a 17, et aussi ch. XIX, v. 5.
Nous ne tenons pas pour peu de chose ces doctrines et ces ordonnances, et nous ne pensons pas qu'on puisse les considerer comme de peu d'importance, ous'en dispenser selon sa volonte; car quelle que soit la legerete avec laquelle les hommes traitent ces choses, l'apotre les donne comme la regie de jugement (le criterium) pour juger de la droiture des voies religieuses dans lesquelles on marche. II est ecrit : « Quiconque s'ecarte de la doctrine de Christ et n'y persevere pas, n'a point connu Dieu. Celui qui persevere dans la doctrine de Christ a le Pere et le Fils. » 2 Jean , ch. I, v. 9.
Si les doctrines que nous venons d'exposer sont les doctrines de Christ, et si les hommes les ont remplacees par d'autres doctrines et d'autres ordonnances , comment peuvent-ils attendre que les benedictions et le pouvoir de Dieu soient avec eux, et que son Esprit les accompagne?
La raison pour laquelle il y a taut de disunion , de contentions et de diversity dans le monde, par rapport aux choses de Dieu, c'est que les hommes ont abandonn6 la simplicite de l'Evangile, ont introduit d'autres ordonnances , et ont enseigne" par leur propre sagesse et non par l'Esprit de Dieu. Et c'est aussi la grande raison pour laquelle il y a tant d'incredulite dans le monde; car les hommes voient tant d'incompatibilites, de discordes, de luttes d'opinions et une telle absence d'union, de vertu, de pouvoir et d'Esprit de Dieu, qu'ils sont pres d'appeler la religion une fable. Car ceux qui ont lu la Bible connaissent, avec certitude, que le christianisme moderne ne s'accorde pas avec la Bible , que si la Bible est vraie, le christianisme moderne ne Test pas, et que si ce christianisme moderne est vrai, la Bible ne Test pas.
Nous croyons qu'en consequence de la corruption et des abominations de toute espece qui sont dans le monde moral, religieux et politique, de grands jugements surprendront les habitants de la terre ; que des nations seront en convulsions, des trones renverses et des empires detruits ; que des fieaux, des pestes, des famines, se promeneront sur la terre, et que le jugement de Dieu sera senti par les nations.
Nous croyons que Jesus viendra pour regner personnellement sur la terre.
Nous croyons que « le Seigneur Dieu etablira un royaume qui ne sera jamais dtitruit ni renversd et qui subsistera eternellement. »
Nous croyons que les Juifs seront rassembles sur leur propre terre, a Jerusalem, et que les dix tribus aussi seront restaurs selon les Ecritures.
Nous croyons qu'il y aura un autre>assemblement du peuple du Seigneur selon les Ecritures. « II arrivera que quiconque invoquera le nom de l'Eternel, sera sauve1; car le salut sera dans la montagne de Sion et a Jerusalem, comme l'Eternel Fa dit, et dans les restes que l'Eternel aura appeies. » Joel, ch. II, v. 32. Les Ecritures disent que quand l'Eternel ramenera Sion, les sentinelles verront « ceil a ceil, » et qu'il prendra son peuple « un d'une ville et deux d'une famille et les amenera a Sion, et leur donnera des pasteurs selon son propre cceur, qui les paitront avec intelligence et connaissance.» II est ecrit aussi dans Esaie, ch. LVI, v. 8 : « J'y en assemblerai encore d'autres, outre ceux qui y sont rassembles , dit le Seigneur l'Eternel , qui rassemble ceux d'Israel qui ont ete chassis. » C'est la dispensation de la plenitude des temps dont a parie Paul. Eph. ch. I , v. 10. « que les temps ordonnes par lui etant accomplis, il reunirait toutes choses en Christ, tant ce qui est dans les cieux que ce qui est sur la terre. »
Nous croyons que l'ange qui est venu a Joseph Smith, est celui dont il est fait mention dans l'Apocalypse, ch. XIV, v. 6. « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, portant I'Evangile eternel pour l'annoncer £ ceux qui habitent sur la terre, a toute nation , et a toute tribu, a toute langue et a tout peuple. »
Nous croyons qu'il y a dans le monde, tant parmi ceux qui font profession de religion que parmi ceux qui n'en professent point, beaucoup d'hommes d'un cceur honnete et bon, qui embrasseront la verite et feront ce qui est juste aussit.6t qu'ils en auront la connaissance ; et qui mainte-
nant, quoique au milieu de beaucoup d'erreurs par l'ignorance ouilssont de la verity, font aussi bien qu'il est en leur pouvoir.
Nous croyons que tous les hommes, blancs ou noirs, Chretiens ou pa- Kens , professants ou non professants seront jug£s selon l'intelligence et la lumiere qu'ils ont et « selon les ceuvres faites dans le corps » et non selon les opinions d'homme, 2 Cor. chap. V v. 11, Apoc. chap. XX v. 12, 13.
Nous croyo.ns a tout principe d'honnetete, d'honneur, d'inte'grite, de vertu et de v£rite\
Nous croyons tout ce que le Seigneur a revele, ce qu'il revele maintenant, et nous sommes prepares a croire tout ce qu'il revelera. Nous ne sommes pas circonscrits dans nos sentiments ni dans nos vues. Notre croyance embrasse toute verite philosophique, morale et religieuse, avantageuse a rhomme dans le temps et dans l'eternite. En consequence partout on nous trouvons un principe de ve'rite" que nous ne possesions pas, n'importe la societe ou l'individu qui le possede, nous l'embrassons avec joie corarae devant faire partie de notre croyance. De notre part, nous sommes prets a communiquer aussi librement aux autres les grandes choses que Dieu nous a r6v£lees. Car nous croyons en un Dieu vivant, en une religion vivante.
Notre objet n'est pas seulement de dire aux hommes les choses dont d'autres ont eu la jouissance , mais de leur montrer leurs privileges et de leur dire que les memes benedictions qui existaient dans les jours anciens sont a leur ported. Nons croyons au Dieu d' Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Mo'ise, des Prophetes, et des Apotres, et que, comme il a revele sa volontedans les jours anciens a ses serviteurs, il vit encore et fait les memes communications a ses serviteurs, dans le temps present, qu'il a faites autrefois : en sorte que nous ne sommes pas, comme Eglise, dependants du temoignage des autres, ayant le temoignage vivant au milieu de nons.
Nous venons done pour appeler les hommes des t^nebres a la lumiere, de l'incertitude , de l'erreur et de la confusion a la certitude, la vie, l'intelligence et la verity ; pour leur dire que Dieu est vivant, que 'tes Anges ont apparu, que les cieux ont ete ouverts et que Dieu s'est revele aux enfants des hommes comme aux anciens jours, que l'evangile kernel est restaure et que le pauvre, le riche, le debonnairc, le ministre et le pretre, celui qui fait profession de religion et le non professant, l'incr£dule, le catholique et le protestant sont invites ct venir participer h ses benedictions.
Dans cette intention nous sommes venus du territoire du Deseret, de la distance de pres de trois mille lieues, a travers les montagnes, les deserts, les plaines et l'Ocean, au nom du Dieu d'Israel, en quality de ses serviteurs, pour faire connaitre aux habitants de ce pays les choses dont nous nous r6jouissons, et pour appeler tous les hommes au nom de Jesus-Christ a se repentir et a se faire baptiser pour la remission des peches, et ils recevront le don du Saint-Esprit et connaitront pour eux-memes de la certitude de ces choses que Dieu nous a fait connaitre en ve'rite.
JOHN TAYLOR, Elder, Paris, rue de Tournon , 7,
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