‹ Aux champsChapitre 16 sur 28 · LE VIEUX POMMIER · texte numérisé non relu

LE VIEUX POMMIER

Au docteur Henty Henuart.

LE pommier décrépit se penche vers le sol, Sous le fardeau des fruits et le poids des années ; Il prodigue son ombre aux frêles graminées Et cou%Te le fossé d'un large parasol.

Les oiseaux picoreurs, arrêtés dans leur vol, L'emplissent de tapage aux claires matinées ; Concert et gazouillis de notes mutinées, Où chaque moineau-franc se croit un rossignol.

Mousses d'argent, pierrots, pommes d'or et mésanges, Vie, abondance, espoir, amour, joyeux mélanges ! Dans ton écrasement, pommier, ne to plains pas.

L'honneur est assez grand, si la charge est trop forte. J'entends le vent d'aval qui murmure tout bas : Courage, vieux lutteur, la vigne est bientôt morte !

Page 1