‹ Aux électeurs du comté de Terrebonne [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 2 · TT · texte numérisé non relu

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que. Stimulé pa r esprit d'entreprise,

je voulais voir les miens marcher de pair

avec eux dans la voie de la prospérité matérielle. Quand on m’accuse aujourd’hui de manquer à ce grand sentimentnational, de lé renier, c’est là une injure que je res- SpÉCIONUÉEMERt, que je et dont j'ai droit de me dire blessé, On me reproche d’avoir manqué à l’honneur et: restant à mon 1 après que le cabinet; fédéral eut refusé de commuer la sentence de la peine capitale portée contre Louis K'el par le tribunal, en un emprison- Lénine. à ur la vie ; et l’on traito mon refus de donner ma démission sollicitée par un grand nombre d'amis, comme une faute énorme dont je serai la plus grande victime, Je n'aurais pas Ne ici de cette affaire si un des chefs de l'opposition, M.

Mercier, n'avait déclaré à l'assemblée du Champ-de-Mars, à Montréal, qu’il m'avait écrit aw’il serait prêt à marcher, avec ses amis, sous més ordres, si je donnais ma démission comme membre du cabinet fédéral. Oui, j'en conviens, j'ai été pressé, sollicité par des amis dévoués et des adversaires politiques de prendre ia direction de ce mouvement populaire. Ces offres étaient bien flatteuses pour moi. La perspective rte m'ouvraient était bien attrayante.

e me voyais accepté comme le défenseur reconnu de ma race, chéri, acclamé par tous mes compatriotes, iñterprète de leurs sentiments et de leurs 7 oe Dans ce rôle où tous me conviaient, je trouvais une éclatante réparation ! des opprobres sans nom dont certains hommes m'ont abreuvé depuis trois ans. Mais entre le rôle séduisant qu’on m'offrait et moi-même, j'ai vu se dresser comme une barrière infranchissable, le serment que j’ai prêté de remplir mon devoir au risque de perdre amitiés et profits, et le sentiment intime, la conviction inébranlable, que ce que l’on me demandait était contraire à la justice et aux intérêts bien entendus de notre province, Je voyais comme conséquence logique de ce mouvement l'isolement, l’antagonisme d’une race, provoquant des représailles, des luttes, des désastres. J’ai senti qu’il y avait plus de courage à braver le courant qu'à le suivre, et j'ai laissé passer, sans n'en émouvoir, les cris de traître et de lâche qu’on poussait contre moi. Qu'’importait ma personnalité? Dans les crises difficiles que traverse une nation, les hommes ne sont rien, le salut du peuple est tout. La responsabilité du pouvoir impose à ceux qui en sont chargés, l'obligation de voir au-delà des intérêts du moment, de bien étudier si, en cédant à un entraînement populaire momentané, ils ne compromettent pas, pour bien des années, une cause sacrée, Examinons un instant les faits qui ont motivé ma conduite et celle de mes colleues.

. Louis Riel a quitté, l'an dernier, les Etats-Unis, dont il s'était fait naturaliser citoyen, pour venir combattre les institutions, les lois, les autorités canadiennes, Il a levé l’étendard de la rébellion dans notre Canada, si tranquille et si heureux dans la

Aix.

js On vous a dit pour tenter de justifier la révolte de Riel : ‘* Les Métis avaient des “: griefs que le gouvernement ne voulait *“ pas régler ; je Diissent le Père André luimême répondre à cette affirmation. Au procès de Rielila déclaré que; ‘* Les ré- ** clamarions des Métis ont souvent changé * de forme après l’arrivée de Riel. Avant “son arrivée, ils voulaient des patentes + pour leurs terres, ensuite des scrips don- “nant des droits transférables sur des “ terres, comme il en avait été donné. aux ‘* Métis de Manitoba, puis des terres le “ longdes rivieres(river surveys) et exempt “ tion de la taxe du bois. Le gouverne-

RES NT pat .

# PR UAEE SO

Lo miémte nas à

J ke u Nord-Ouest.S’il eut été mu par un patriotisme éclairé, il aurait suivi une autre voie, ilaurait pris d’autres moyens, il aurait recherché et suivi d’autres conseils que ceux que lui donnait son ambition, Il savait où aller, il n’avait pas

long chemin à faire "Tsa%aitla zèle ip PO trouver tout cela,

terres : :

l'avait protégé étsauvé. Mais, non :

“ ambition eftrénée qui a vicié son ifirà ai ‘ gence et l’a poussé jusqu’au délire, une “ soif désordonnée de pouvoir, un orgueil ‘‘insensé qui l’a conduit à l’apostasie, ont ‘été les mobiles de ses actes :” voilà ce

u’en a dit le plus grand prélat du Nord-

uest. Un mobile pire encore, un mobile sordide, le faisait agir, si l’on en croit les témoignages les plus respectales. Le Père André, dont on ne saurait mettre en doute les sympathies pour Louis Riel a déclaré sous serment au procès de Régina, que ce et ge défenseur des droits des Métis

avait prié à plusieurs reprises, de se servir de son influence auprès du gouvernement fédéral pour lui obtenir $100,000, et avait déclaré qu’en retour il s’engagerait à quitter le Manitoba pe aller où il plairait au gouvernement fédéral de l’envoyer.

Comme le Père André lui faisait remarquer l’énormité de cette somme, il n’hésitait pas à dire qu’il se contenterait de bea: {Coup moins. Quant aux réclamations des Métis, Riel se bornait à dire : ‘ Je suis ‘moi-même la queues métisse, si je suis ** satisfait, les Métis le seront.”

Je ne crois pas que mes compatriotes, si chatnuilleux sur le point d’honneur, si francs dans leur patriotisme, pardonnent cet acte de vénalité.

Je défie que l’on dise que c'était là une conversation oiseuse de Riel dont on ne s’est pas occupé ; c'est le contraire qui est M à : on a donné suite à sa proposition vénale.

Louis Riel n’en était pas, l'hiver dernier, à ses débuts dans cette voie de haute trahison. On se rappelle sa révolte de 1869, le meurtre inutile de Scott, qu'il fit exécuter lorsque ce pauvre malheureux était dans l'impossibilité de lui nuire. On se rappelle qu’il s’engagea, quelque temps après ces malheureux événements, en recevant unesomme d'argent du gouvernement canadien, à ne plus reveir au Canada pour y faire de l'agitation. Au mépris de su pre

messe, il revint au Canada à l’automne de |

1884, et se mit secrètement, avec une habileté consommée, à préparer une nouvelle révolte. Pour réussir, il commença d’abord à miner et à ruiner l'influence des prêtres sur les Métis, et lorsqu'il a aveuglé ces derniers il les pousse à la boucherie, Après la dernière bataille, il n’a pas le courage de suivre Dumont dans sa fuite ; il préfère se laisser arrêter, pensant bien que la pro- ‘vince de Québec, qui l’avait sauvé une fois

le sauverait encore, même après uue st- |

condé révolte. :

culs. Coupable seconde fois il n'avait plus de titres à l’indulgence qu’on a l’habitude d'accorder aux accusés po itiques.

Mais la n’est pas le trait le plus révoltant de sa faute. Personne ne nie que c'est lui quia soulevé les tribus indiennes du Nord-Ouest, et qu’il a été la cause directe d'un massacre affreux où nombre de personnes, dont deux missionnaires catholi-.

ques, ont péri victimes de la vage. Demandez à tous lés prêtres, à tous les Métis du Nord-Ouest, trier des Pères Fafard e

se trompait dans ses cal-

Marchand, et

tous vous répondront : “Riel.” Lui seul

avait pu persuader aux tribus sauvages de se soulever ; et ilest, responsable, au mier chef, des meurt ment a causés est regardé par tous les gouvernements, :

qui en ont sous leur contrôle, comme un crime qui mérite la peine capitale, parce

que ce soulève: :

ne :

de haute trahison pour la |

barte sau- |

uel est le meur: |

re: + ; or, soulever les Indiens |

OUIS avid ” sympathies, de l'Egli et! des membres usurpé notre r1ission de Prôêtre ndtre population des avantages et tg evñsolations que nous aurions pu lui offrir, Il'a fait tout cela dans son intérêt pu.

ce, * CT 66 (11 66 L12 66 6

Et le Père Fourmond, desservant Batoche même: “ J'ai été bien près de la mort, *‘ car si les balles et la fureur des révoltés ‘ m'ont fait défaut, la guerre, l’apostasie, “ l'hérésie, la trahison, la persécution, l’in- ‘ cendie, le pillage, tout s’est déchaîné “.contré nous ; on se serait cru à la fin du ‘ monde, Déjà nous avions notre Ante- ‘“ Christ dans la personne de ce fameux “ Riel, contre lequel il nous a fallu lutter, “au péril de notre vie, pour détruire sa ‘ funeste influence sur nos pauvres gens.

“ Mon Dieu ! quel homme, quelle hyposs crisie, quelle impiété tout à la fois !......

nn tentes ones sonores ee

Ces témoignages, si forts et si accablants, sufisent à édifier tout homme de bon sens sur le caractère et la conduite de celui qui a entraîné ses frères, les Métis, dans les plus grands malheurs.

Pour condamner notre conduite, on pose en principe qu'on ne punit plus de nos jours de la) peine capitale les crimes de

aute trahison. C’est là une maxime nouvelle aussi étrange que dangereuse contre laquelle s’insurge la justice, protectrice de la paix et dé la sécurité des sociétés. Proclamer que la hsute trahison, qui entraîne avec elle le rher :tre, le pillage, la ruine des populations, r:. doit- pas être punie de mark. £'esi. f le appel aux mauvaises passions fes” aïabitieux,! c’est provoquer la révolé, en lui garantissant l'impunité,

léendre sérieusement qu’un homme, CouP#le une fois de haute trahison et de

| Quhn né qu'ierat agci

vienne par le justifier en disant foi dans sa mission, que sa voit pas criminelle pee Sa conere guidée par son esprit, ne lui reprochait s die effroyables qu'il a commis 4 fai commettre. Mais depuis quand est enue cette doctrineétrange qu'on | pas punir les fautes de l’intelligen- | C6 : Les fautes de l'intelligence sont plus | Eiminelles encore que celles du cœur. Une ; on mauvaise avait vicié l'intelligence | déce grand coupable. Devant Dieu et deie hommes il était coupable d’avoir

| Taissé dans son esprit les éternelies nodu juste et de l’injuste, du vrai et “dufaux, de l’obéissance et de l’insubordi- | Bäïion ; cœbte première culpabilité ôte tou- | te excuse à ses actes criminels quien ont i ulé, |. : # *

Riel ne mérite pas le se Catholique Routes de cette Eglise, ayant et privé

lé qu'au Manitoba et dans les Territoires nous avons des compatriotes disseminés épars au milieu d’une population qui leur est étrangère ét que ces braves avant-coureu rs de la conquête pacifique que nous ré- "«ns pourraieñt bien ressentir fatalement vhEoRre coup de l'agitation de notre proce.

fssaour Québec, c'est une question de senti- 3 e.q t enti

ES s du, Nord-Ouest...

de Nat }re de sécurité, une tie LL sé -inistre d jesté, j'ai ‘24 coutes ces choses, parer es giai dû penegge, tavisager froidement la quest e, 9 1 dues ses faces, et, sous la rare a io mon {ment solennel que j’aj#1èté, de faire voir, de défendre ‘à Couronne, et Vant a 08 administr® Responsable decune de 1 pscience ét devant Dieu de chade justificagé#sions, je nai pu trouver crime du cord"! dexcuse valable au

di mêmes ont déclarée Ses avocats eux

été pra d'une 4 uestion de la folie à. :

demande de grâce, de

a personne de Son repré u écher que la loi n’eut MO DRE DRE Nous n’avons cédé en prenant cette décision, ni aux appels, ni à l’intimidation d'aucune secte ou faction, comme les enn“ mis du ouvernement se sont plu à le répéter. ous n aVOïs pris conseil que de intérêt suprême de la société, le plus lR tranquillité nécessaire au développement si désirable des immenses régions de l'Ouest et, nous pouvons le dire en toute sincérité, leplus grand rovince et de compatrictes qui nous sont chers.

L'estime, l'affection, l'appui de nos concitoyens nous sont précieux dans l’exécution des devoirs publics qui nous sont im-

osés. C’est notre désir, autant que notre intérêt, de les préserver intacts, et si, du poste élevé que nous occupons, avec la connaissance la À da étendue des besoins de 14 société, des écueils à éviter, des dangers à prevoir, nous avons cru prendre une déci- Sion qui nous était aussi pénible qu’à vous, au nt de vue de l'humanité, nous avions le droit de vous demander de nous donner

le venéfice de la confiance que vous avez tegjours. < . VOUment ctnotre conduite vous étaient

menus, ot dont notro dé.

les gants,

En n0vs exposant à encourit votre disgrâce, n0ù risquions notre avenir, On nous menaçait d'une chute certaine gi nous con=ntions à l'exécution de la sentence du tribunal. Noux avons mis de côté l'attrait de la popularitéet Ja crainte de votre ressentiment pour rester fildsles à notre devoir, N’est-er pas là une présomition de notre droiture, de notre bonne foi ?

On invoque les sentiments de race eve nationalité pour nous accuser de faiblesse et de trahison. Faire autrement que nous avons fait eut été violer notre serment, :

sans profit pourle condamné, qui aurait été exécuté quand même tous les ministres français auraient résigné, sans profit pour le pays, sans profit pour notre province, avec le risque effrayant de compromettre pour toujours ses intérêts les plus chers.

Ma conscience me dit que je n’ai man qué, dans cette circorstance, ni à Dieu, ni au Souverain, ni à mé compatriotes. Le .

courage qui m'a porté à faire mon devoir sans faiblesse ne me à pau défaut dans les tribulations pénibks dont on me menace. Je vous ai servi dt res dix-huit ans avec joie. avec orgueil: Je ne continuerai à ie faire qu’à une condtion : celle de garder ma liberté, mon hoineur et le souci de ma dignité, |

(‘4 CHAPLEAG, |

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