XVIII LES DEVOIRS DES CATHOLIQUES
Entrons dans le détail, et précisons les obligations du clergé contemporain. Elles sont plus délicates et plus glorieuses que jamais. Nous ne sommes plus au temps où les enfants recevaient dans leur famille et à Técole une éducation foncièrement religieuse, où le peuple chrétien venait de lui-même à la messe de paroisse, où tous les hommes chantaient et comprenaient les beautés de la liturgie, où le prêtre n'avait qu'à ouvrir les portes de son église pour voir affluer toutes ses brebis dociles et empressées, où tous les malades demandaient les sacrements et tous les catholiques faisaient leurs pâques. Non, aujourd'hui, le faisceau est brisé et la rupture de l'unité paroissiale est un fait accompli. Nous n'avons plus un troupeau à conserver, mais à reconquérir. Nous vivons dans un monde à peu près déchristianisé, et, pour ramener ce monde à l'Évangile, le clergé ne peut plus se contenter des vertus, du savoir et des méthodes qui suffisaient autrefois. Certes, le clergé français est un clergé orthodoxe, intelligent, dévoué, et dans l'ensemble manifestement irréprochable. Il vient de donner un magnifique exemple d'obéissance, de désintéressement, de confiance en Dieu et en ses chefs ; les hommes les moins chrétiens sont obligés tout bas, sinon tout haut, de lui rendre justice et de reconnaître dans la milice sacerdotale une corporation correcte, instruite, judicieuse, disciplinée, digne du respect public et vraiment puissante. Mais pour des temps nouveaux, des efforts nouveaux sont nécessaires, et nous