SFiBiruALtré DE l'aiI
Pour m^assurer si ce qui j^nse et teut eti moi est une substance totalement distincte de mon corpis, et dune nature contraire , c*est-à-dire im-
( 1 ) Si Dieu nV^it pas esprit , s'il ëtait divisible , les deux moitiës , par exemple , seraient finies ou infinies } si elles étaient finies , elles ne poorrairjit former etiscmble niHofim ] et si elles étaient infinies , ellftt formeraient ensemble un infini plus grand que rinfiai de chacune , ce qui est abstirde. D'ailleut's , si Dieu n'était pas esprit , il ne serait pas intelligent ) ce qui est matériel ne pouvant penser , comme on le verra dans le paragiïphe [irctoier de ce diapitre.
Dieu créateur est évidemment libre: car il implique contradiction que les créatures , effets contingens ^ pouvant être ou n'être pas , soient produites par ^e cause qui n'aurait pas elle-même le pouvoir de les taire «NI de ne pas les faire, c'est-iKlire qui ne serait pas libre.
Dieu est immortel : car étant Vètre nécessaire , ayant en lui-même s*n priocif^ cm sa raison d'csistar , il n'a jamais pu , m ne peut jamais n'être pu.
Wiatcrieïle, je dois c:!caminer : 1*. s'il adfes Conm tances qui lui soient personnelles, totalement d férentes de celles que donnent les sens , et bien j périèures à celles que les cinq sens réunis peuve fournir ; 2^ s'il peut etercer certaines opératic qui lui soient propres^ indépendamment des or, ïies ; 3°- s'il peut faire certains aQtes diamétraleme opposés à leur nature; 4®. enfin, s'il a des facul absolument incompatibles avec les qualités eonni de mon corps et de tout ce qui est matériel.
1^ J'aperçois un Vieillard qui m'est inconnu; inarche courbé et chancelant , le visage amaigri^ bouche et les yeux enfoncés, la tête chauve : je trouve en lui rien qui ne me laisse indifférent , ce n'est qu'en fixant sur lui mes regards, j'en ai tié comme d'uu pauvre malheureux qui est à chî ge aux autres et à lui-mêm^e. Cependant jerenco tre un de mes amis qui me le nomme, et me pai tle son mérite , de son émiuente vertu : cet homi qui touche à la tombe a passé par toutes les dig lés d'une ville considérable, où il est né; il s'y < distingué par un désintéressement, une intégrit un zèle pour la justice et pour le bien public, do il y a peu d'exemples; vrai dans toutes sesparoJ ennemi déclaré de l'apparenoe même de la frau ou de la duplicité, généreux et bienfaisant jusqi sacrifier sa fortune au soulagemient des pauvres da un temps de disette , se réduisant lui-même à tn cents francs de rente , seule ressource qu'il s'est la sée. A CG récit , je me sens pénétré d'estime et
irénération pour lui , je raime , je souhaite une oe« casion de lui témoigner mes sentîmens, je me croirais heureux seulement de pouvoir jouir de sa conTersation. Ahl c'est que je ?ois maintenant da:j« ce yieiliard ce que je n'y voyais pas d'abord ; je vois, sous cet extérieur presque rebutant y la beauté de sa vertu qui me touche et me ravit.
Mais cet amour de la vérité^ cet attachement à la justice ^ ce zèle pour le bien public , ce mépri* des richesses , ce dévouement aux malheureux , je ne les vois pas des yeux du corps: la vérité , la juslice, par exemple , ne peuvent être saisies par aucun de mes sens, ni se peindre dans mon cerveau comme un arbre ou une maison. Je puis ima^ner un arbre , une maison , et une infinité d'autres choses ; mais je ne puis imaginer ainsi la justice et la vérité. Néanmoins je distingue Tune de l'autre ; je les préfère aux choses sensibles , telles que les richesses, les beaux habits , les avantages corporels , et j aime celui en qui je vois quelles résident. Puis» que je les connais toutes deux indépendamment de mes sens , puisque je les préfère à ce que mes sens me font connaître ? il y a en moi d'autres jeux que. ceux de mon corps qui perçoivent ces deux objets.
2». Je me suppose, dans le silence et au milieu des ténèbres de la nuit , cherchant la différence et la somme des deux nombres 40 et 25 : je trouve 1 5 et 65. Puis , je cherche le produit de ces deux mêmes nombres^ et jai 11)00; je cherche le quotient
àe ce produit dÎTis^^par l'un -des deuxi, et j'ai l à-tour l'un çl Taulre. Cette différence, celte t me , ce proiluit , ce quotient sont des idées de port qui n'ont rien de matériel; ce qui pens moi les saisit sans le secours des sens : Toilf opérations qui lui sont propres, indépendante organes. Il en est de même des réflexions, de.< gemens que nous faisons sur tous. les objets ii porels, quels qu'ils soient,
Je considère la vérité, l'ordre , la raison , 1 gesse etc. ; je réfléchis long-temps sur ces objet matériels ; et pour j réfléchir avec plus d atten je me recueille en moi-mêmj^, je défends à l'a voir^ à l'oreille d'entendre; je liens tous mes < nés dans l'inaction. Je puis même me préocc si fortement de l'une de ces idées que je devi insensible aux douieuvs les plus aiguës, aux y (ions les plus pénibles, aux besoins les plus i rieux du corps. De bonne foi , est-ce le corj se subjugue ainsi lui-même , qui s'oublie lui n qui se détache Je lui-même pour se concf dans UD objet incca^porei? ( 1 )
Mais voici une opération encore plus év ment propre à ce qui pensQ en moi , plus éi ment indépendante des sens. Chaque sens fonctions absolument distinctes , et ne \>^ communiquer qu un seul ordre de sensations.
^ 1 ) Ce fut au milù u des pivs Tires soafb^aiires (|cie Pascal la prnible rerherche àa fÊrMèmt de la Cjrrloitlt , et quelques ^Milcur soffircBl^ à son çtme poar €B smaooter tontes les dlfS
( sr-)
par éx&mp\t , n« peut pas pin» me faire Jnger des tons que roreille de» couleurs ; il en est de même des autres sens qui reçoivent tous des impressions différentes entre lesquelles il n^ a point d'analogie. Cependant je puis comparer ces impressions diverses, et juger si elles appartiennent à un même ol>jet ou à des objets différensc puisque chaque sens ne peut me fournir les moyens de comparer ses impressions à celles d'un autre sens , il y a donc en moi un être intelligent , distingué des sens , qui fait cette comparaison , qui sépare ou réunit les idées ou images provenues (le sources si différentes , et qui les associe pour en formel des jugemens. ( 1 ) 3\ Dans le système Je Forganisation corporelle, à la fois pensante et agissante^ la détermination de vouloir la mort , de la chercher , de se la donner , ou même de l'attendre serait impossible. Les organes corporels ne peuvent transmettre à notre centre cérébral que des impressions et des détermina-
( 1 ) Une SLuire p^are évidente que ce qui pense et revt dan& Fhomme 1 ane existence indépendante des organes , c'est qu'il commande au cer- TeaH si le cerreau est dans son intégrité. Je puis , en effet , me porter de BKH-même à la réflexion et au raisonnement sans y être actuellement déterminé par la sensation. Je puis choisir l'objet qui doit m*ocruper et le degré d'attention que je veux lui accorder ; et lors même que la sensation Veille la pensée et provoque ses recherches , je reste toajonrs maitre d'accueillir ou de négliger I) sensation ; je puis , a mon gré , la généraliser ou l'analyser, la considérer d'une manière partielle ou aJisolne , la féconder on n'en tenir aucun compte. 11 j a donc un instant où ce qui pen- K et veut en moi agit par lui-même , où il est puissance élective et régulatrice. Donc il a une existence indépendante des organes cérébraux , pniiqa'il leor imprime le mouvement , les Modifie tt s'en itrt e#i 'un moyen pour produire sm effet.
fions conformera leiir nature ; leur nature es [ yie , leur pensée naturelle est de la désirer, 1
[ (détermination jifiturelle est de la vouloir, leur
tion naturelle est de la conservj&r. Comment se! }\ donc que l'organisation $e détruise elle-raêi lorsqu'elle ne peut avoir d'autre volonté ni f d'autre action que la vqlopté ^\ l'actign de se ( server? Il y a contradiction évidente dans la vo té^ par conséquent impqssibilité dan^ l'action: liance de mort et de "uohnté étant,, dans ce sj yne , aussi inconipatible avec riotre nature , celle du cercle et du carré est contradict à notre raison , l'une ^st aussfi impossible lautre. Dans rhypo|.hèse , aii contraire , du snb<^tance (listincte des organes et immatérie l'ame exerce alors sur les organes qui lui sont ; inis lempirq naturel du fort sur le faible, du voir sur le sujet. Et c'é'^t ainsi que s'explique i facilité, avec simplicité y avec évidence, ce gi et dernier actâ de la volonté humaine , extrêm la force oti delii faiblesse de l'homme, dénouen de la tragédie du crime ou de la vertu : selon Tame, cédant au désespoir , refuse d'à tteindi but pour lequel le créateur lui laisse la vie : que, jugeant le sacrifice du corps nécessaire société ou h un ordre général de devoirs de lesquels dis|)araissent les întérêls particuliers € çentimens personnels, sans haine contre le cou jnon de ses travaux , elle le fait servir à de gn lésseins en le dévouant à une mort prématuri
4". L'élenduc, la di visibilité, soiit des fFopriér fés connues de mon corps , et de tout ce qui est matérieL Or le moi qui sent , pense et veut , en chacun de pous, ^st absolument incompatible avec ces propriétés. Vn effet, ce moi sent ton le sorte <I affections, 46 sensatipni, de pensées, de désira qui commencent, qui finissent, qui se renouvellent et quelquefois sont simultanés. Et c'est toujours le même moi qui persévère in fariabîement; et ce moi est toujours modifié tout entier même par les sensations simultanées les plus contradictoires, lé froid et le chaud par exemple. Il n'y a pas un moi pour la pensée ou la sensation d'hier; un autre wzoz pour la pensée ou la sensation d'aujourd'hui ; il n'y en a pas un pour Toeil qui voit le musicien , un autre pour l'oreille qui l'écoulé en même temps ; il n'y eto a pas non plus un qui commçinde*le mouvement delà langue, et un autre qui simultanément commande le mouvement de 1^ main. ]Non évidemment, et le plus intrépide matériçiliste ne saurait en disconvenir. Le moi n'est donc pas une collection, une totalité, de parties, mais une unité parfaite i ce moi qui sent, qui veut et qui pense, n'ost donc pas divisible ; il n'est donc pas matériel* Il faut donc ou nier V unité de personne dans Ihomme, ce qui est souverainement absurde , ou reconnaître en lui une ame spirituelle.
Cette vérité parait dans un nouveau jour en con-j sidérant que la pensée ne peut être que matière j^ Ç^ accident de la matière , ou moditication d'^i^f
(58) ■ substance immatérielle et indivisible.
Or la pensée n^est pas matérielle : cela pari soi. Qui dira jamais la moitié ^ le quart d'une galion pu d'une affirmation y un pouce ou une 11 de perception y le dessus ou le dessous d'une i tion , le côté droit ou le côté gauçbe d'un desif
La pensée n'est pas un accident de la mati Dans cette hypothèse , elle serait repos ^ ou nr vement, ou effet du mouvement. Elle n'est pai pos de la matière ; car elle est un acte : le jugen qui réunit plusieurs idées ^ le raisonnement réunit plusieurs jugemens , sont un travail-^ et I travail est mouvement et non repos. — Elle i pas mouvement de la matière ; car le mouvem a sa mesure et ses degrés; la pensée, au contra est indivisible; Le mouvement matériel a des 1 nés qui Temp&bent de s'étendre au-delà de cerh espaces ; la pensée n'a d'autre champ que l'ini Le mouvement ne peut agir qu'au présent; le pi et l'avenir sont également du ressort de la pen< l'espérance , par exemple, serait donc un moi ment futur; mais comment un mouvement fu matériel exisierait-il au présent? La pensée r donc pas un mouvement de la matière. — Eller pas non plus l'effet du mouvement ; car un e ne peut pas être plus noble que sa cause , une ( séquence plus puissante que son principe. Or, la pensée soit plus noble et plus forte que le m veitient matériel, qui ne le voit au premier o dœil , puisque la pensée connaît ce mouveme
tandis que ce monvement ne la connaît pas^ puisque la pensée parcourt^ dans la plus petite fraction de temps, des espaces que ce mouvement ne pourrait franchir que dans des milliers de siècles ; puisque la pensée peut être simuUanémeni directe et réfléchie^ en allant en avaat revenir sur elle-même , tandis que le mouvement ne peut se replier sur luimême, ne pouvant pas avoir à la fois une direction droite et une direction rétrograde.
La pensée n'est donc ni matière, ni repos , ni mouvement , ni effet du mouvement de la matière. Elle est donc une modification d'une substance im« matérielle.
Enfin , peut-on nier que l'homme compare ses pensées , ses sensations , qu'il préfère , par choix , l'une à l'autre ? Hé bien , il faut le nier , ou admettre la spiritualité de lame. Fn effet , si l'homme est tout matière, s'il n'y a pas en lui un être pensant simple et indivisible , ou son organe pensant et sentant tout entier aura les deux idées, les deux sensations, ou chaque particule de. cet organe aura les deux sensations , les deux idées , ou enfin la particule A aura une sensation j une idée , et la particule B en aura une autre, — Uorgane pensant et sentant ne peut avoir fout entier les deux idées , les deux sensations: car c'est un axiome incontes*^ table et incontesté de la science de la matière qu'une même partie ne saurait avoir en même temps deux modifications du même genre , par exemple, deux figures, deux étendues, etc.; et, d'ailleurs >
( 60 ) fuei organe ëtant composé dautant crunitcs Jis tes qu'il renfermerait départies , comment ces ties multiples^ distinctes , pourraient-elles cf) tuer le nwi simple et un qui compare et ji L'indivisible peut-il être composé du divisible Si chaque particule a le^ deux sensations oi deux idées j il y aura deux comparaisons : o est évident que lorsque Tbomme juge , il n'y qu'une. — Si les deux idées ou les deux sensat sont séparées , Tune dans la particule A , l'a dans la particule B, où se fera la comj>fliaisonl comparaison exige un comparateur , le jiigeii suppose un juge unique prononçant sur deux v pu sur ,d<sux sensation^ qu'il a, aucune de ces d particules ^'ayant ni les deux idées ni les 4 sensations 9 la comparaison et le jugement devi nent impossibles. L'homme cependant compar juge; il y a donc eii lui upe ame simple et im] térielle.
Cette conséquence est tellement irrécusable Payle j au sujet de ce raisonnement , s'expr ^insi : « On peut dire que cette preuve est une ))monstration aussi assurée que celles des géomèt ))et si tout le monde n'en $ent pas l'évidence^ ( )) à cause que Ion n'a pu ou que l'on n'a point vo )) s'élever au-delà des notions d'une imaginai )) grossière. ( 1\ 1, P. 1 1 1 . ) » ( 1 )
( 1 ) n importe de faire observer ici , que, conclure du rapport ii ft de la réciproque influence de Famé et du corps, que l'homme es! (ffatière , c'est le vieux sophisme de Fécole , si souvent employé pîii
5* I L UBERTÉ;
1^* preuve la plus simple estdécisiTC pour notre? liberté.
Je suppose que je teùille remuef le bi^as. Je pub le porter à dfoite ou à gauche ' si je le porte à droi-' te, et que je considère sérieusement pourquoi je commence à le porter dans cette direction , je sens invinciblement qtie ma volonté seule m^y détermine. Je suis tellement maître dé mes mouyemens y que je puis les annoncer d avance ^ et m'engager à
inauTais logiciens f Deux choies ont Un intime rapport , sont étroite^ ment liées , donc ces deux choses sont de même nature / deux choses s€ précèdetU y se suivent ou s'accompagnent ^ donc etles sont unies par lé lien de cauie ou d'immédiate production. Et que devient une conclusion M contraire en elle-même à la saine logique , que (l(îvient-eHc en présence dei preuves directes de Piuipossibilité qïi'une substance matérielle pense, compare et juge ?
Gomment , d'ailleùt's ^ petit-<m aS^troet dogmatiquement que la pensée n'est qu'un phénomène d innervation intrà-cranienne j { M. Broussais , Dé l'irritation et de la folie ) , tandis qu'il est fort doutetLx que le cerveau «>it tnème ftne condition nécessaire pour Texei^cice de nos fiicûltés ? L'expérience physiologique .prouve que cet organe est altéré en certains cas,- ^{oelqaes'tms même disent détruit f sans qûe^ pour cela , Thomme cesse de jouir de ses facultés , surtout si l'altération ou la destruction se sont fai^ tes peu-à-pen et lentement, ft Toutes leshjrpothèses, tontes les sul)tilitéj«^ <lil ie savant médecin Bérard / C Doctrine des rapports du physique et du moral etc.- J , viendront se briser contre cette vérité qui doit étr;: désorïnais le fondement de la doctrine dts fonctions nerveuses.... Le cerveau fi'fst ifu'une simple condition de la sensation : encore tnémé fàut-il rccon-^ naître que cette condition n 'est pas aussi étroitement liée a son exercice fiu'on pourrait le croire, i) Parmi les preuves qu'il apporte de cette asser' ^HHi, l'on remarque celle-ci : c'est que le cerveau est loin d'être l'organe l^ pins sensible du corps animal ; et que les parties où il y a le plus àè **^f> ne sont pus t^elb's où la sensation est la* plus vive.
faire trouver vraie ou fausse toute conjecture c se perwiettrait â cet égard. Si l'on conjecture , exemple^ que dans un moment je lèrerai le je m'engagerai hardiment à le tenir immobile , suffira même qu'on me demande tel mouvei que j'aliais faire , ou même que j'avais déjà < mencé, pour que j'exécute aussitôt ie mouvei contraire. Je suis donc libre ^ et je n-obéis dan ijctes qu'à mon bon plaisir.
Sans doute j je suis passif , quand j'éprouve sensations ; mais sur les objets de ces mêmes se tions je suis le maître d'agir ou de ne pas agir comparaison de deux sensations diverses, par ex pie, ne peut être que l'action libre de mon a En effet , la comparaison d'un objet avec un ai objet n'est ni la perception de Tun , ni la per< tion de l'autre, ni la perception des d^ux: je | avoir deux sensations sans en faire le rapproc ment^ sans considérer la relation qui existe er leurs objets; tous les jours j'éprouve des sensati différentes sans les comparer; l'impression que me font n'entraîne donc pas nécessairement < te comparaison ; si je, la fais, c'est donc ma volo qui s*y porte d'elle-«iême ; si elle s'y porte de même, elle agit; si elle est active , elle n'est de pas sous la loi de la fatalité. Alais si Tame huma est active sur les idées qu'elle a reçues passivem< par les sens , elle l'est à bien plus forte raison t celles qui sont les purs effets de sa volonté.
£t remarquez que la certitude de la liberté
Hiomme repose sur le même fondement, que celle de son existence et de sa pensée. Pourquoi , diraije au fataliste, ne puis*je j)as douter que j'existe et que je pense ? parce que je sens invinciblement Fun et Tautre. Or je sens d'une manière aussi invincible que je suis libre ; si je ne suis pas certiiin de ma liberté , je ne le suis ni de ma pensée ni de iDon existence.
Aussi ^ personne ne peut-il nier sérieusement la liberté. Elle est tellement inhérente à l'homme qu'il lui est impossible delà combattre sans mettre «a conduite en contradiction avec ses discours : ce sentiment naturel est [dus fort que tous les sophis- «les, dont les conséquences , d'ailleurs, font voir clairement l'absurdité. ( 1 )
En effet , si l'homme est courbé sous le joug
( 1^ ff Donnez-moi) dit Fénélon, un homnte qui fait le profondphiloso^ pue , qui nie le libre ar!>itre, je ne disputerai point contre lui ^ mais je le Diettrai à l'épreuve dans les plus communes occasions aè la vie pour le «onfondrc par lui-même. Je suppose que le fils de cet homme lui désobéit ^ le méprise , que son ami le trahit ,.qiie son domestique le vole \ je lui dirai , quaudftl se plaindra d'eux; « Ne savez-^vous pas qu'aucun d'eux n'a lort , et qu'ils ne sont pas libres de f!lire autrement ? Us sont y de votre propre aveu , aussi invinciblement nécessités à vouloir ce qu'ils veu- •^t j qu'âne pierre l'est à toniber quand on ne la soutient pas. » Croyez- ^
▼ou8 que <jet homme prenne une telle raison en payement ? Croyez-vou» qu il excusera Pinsolence , l'ingratitude de son fils , la trahison de son **"**» et le vol de son domestique ? N'est-il pas certain • que ce bizarre pbnoBophe , qui ose nier le libre arbitre dans Fccole , le supposera comine uidubitable dans sa maison t et qu'il ne sera pas minns implacable *°i^e ces personnes que s'il avait soutenu toute sa vie le dogme de la plus ^aiide liberté ? Il est donc visible que cette philosophie n'en est pa» *■** f et qu'elle 8« dément ellcHHiéme sans- aucune pudeur. »
d'iirid nécessité impérieuse, il ne peut faire que' c€^ (jii'îl fait et ne peut vouloir que ce qu'il veut; ce (rjue y depuis l'origine du genre humain , l'on ap- J)elle délits où cr^ùnes , ne mérite ni Llâme ni pii- * nition; l'homme qui en asôasçine un autre n'est pas plus coupable que l'arme dont il se sert. Bien plusy Dieu lui-mênoie^ dans cette hypothèse, serait l'auteur du n^al , piiiscjulil y pousserait l'homme. . Mais \â première? îdéd qu'éveillé dans notre ame la pensée de Difcu y est celle de la Sainteté même, qui ne peut ni faire ni approuver le criine; et dépouiller Dieu de sa sainteté pour lé rendre auteur du mal qui souille la terre y c'est l'anéantir. Nier notre liberté y c'est donc nier Dièu^ D'autre part, quel homme de bon sens osera dire que le père qui disgracie soti fils rebelle ,' que le juge qui flétrit le parricide ne sont que des tyratns de la nature humaine j et que l'accord évident et universel de toutes les naûpns à distinguer l'm^o^^^/zif d\i coupable est contraire à la vérité ? Qui ne voit que cette unanimité est le fruit de la conscience ci de la raison du genre humain y et que si nous avons une idée élaire et invincible, un irrésistible sentiment de ^ notre intelligence , nous ne l'avons pas moins delà distinction du bien et du mal moral , comme du mérite de celui qui fait le bien, et du démérite de celui qui commet le mal ? ( t )
( 1 ) « On demandé , comment est-ce que TE tre infiniment parfait ,' qui tend, toujours , selon sa nature , à la plus liante perfection de son outrage, a pu créer des volontés libres , c^est-à-dire , laissées à lèor «Immk*