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Tant que M. et Mme Haas y seront

CALCLTTA. — DEPART. 4oi

pas à les soupçonner derrière le manteau nuageux qui les cache trop jalousement, venir si loin tout exprès pour contempler le point le plus haut de notre planète et ne rien voir,.... avouons que l'aventure est fâcheuse! ce sont de ces petites traî-; trises que vous réservent les pays de montagnes, malheureusement moins réparables au Diuii-Druid qu'au Rigi-Kulm.

Et, le 16 avril, à dix heures du soir, je quittais définitivement le sol indien, après avoir passé ma dernière journée dans la fournaise de Calcutta, que, moins fiévreux, j"ai pu mieux voir, dont pour-, tant je ne vous parlerai guère plus qu'il y a huit jours.... C'est une grande ville, belle et bête, avec d'immenses bâtisses à cinq étages, un mouvement exaspéré, des tramways électriques, des magasins à l'instar de Piccadilly, mille aspects trop familiers qui me font retrouver l'Europe avant d'avoir quitté la terre d'Asie.

A bord de VEr'idan, je suis à l'ombre du pavillon français, il faut me résoudre à clore ce long récit.

Ce n'est pas sans mélancolie que je mets au bas de cette page le mot « fin »,... dans tout retour en arrière évoquant en l'esprit une étape de la

vie passée, il y a toujours quelque tristesse; il est bien probable que je ne retrouverai jamais les heures ensoleillées que j'ai vécues sous ce radieux ciel de l'Inde, il est trop certain que je n'éprouverai plus cette incomparable sensation d'ivresse que donne une première envolée vers des horizons inaccoutumés; encore me reste-t-il, avec l'inviolable refuge du souvenir, le précieux espoir de repartir quelque jour, non plus seul cette fois, mais dans la plus douce et la plus tendre des compagnies....

Et maintenant, lecteur ami, adieu I si j'ai su ne pas trop l'ennuyer, parfois même te donner envie de m'imiter et désir de me suivre,... « Nunc dimittis «, mes vœux sont comblés.

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