Descartes, Discours de la méthode, première partie
2. Horace Mann, La lecture et les livres ds lecture à VécolCy ■S38.
là chassent mes souvenirs par leur enjouement et m'égaient par leur esprit. II en est qui endurcissent mon âme aux souffrances, et qui m'apprennent à ne plus rien désirer, et à me supporter moi-même... en récompense de si grands services, ils ne demandent qu'une chambre bien fermée, dans un coin de ma petite maison, où ils soient en sûreté contre les vers *. »
Mais nos jeunes maîtres ne doivent point garder leurs richesses pour eux. Ils peuvent, soit dans des lectures publiques, soit dans des réunions de quelques amis, lire quelques beaux vers; la déclamation double le plaisir de la lecture; elle révèle bien des beautés que ta lecture solitaire eût laissé échapper 2.
Pour rendre les beautés des œuvres que nous interprétons, il faut nécessairement les comprendre : c La lecture à haute voix nous donne une puissance d'analyse que la lecture muette ne connaîtra jamais », sans compter qu'un plaisir partagé par autrui est toujours largement amplifié.
La lecture permet aussi de rendre fort agréables les longues promenades à deux. Voltaire appelait la promenade « le plus fade des plaisirs ennuyeux >, et cela est vrai de la promenade sans but, qui ne laisse pas d'être fatigante. Marcher en respirant l'air pur de la campagne, laisser son attention errer sur les champs, c'est fort agréable pendant quelque temps ; mais on se lasse vite de ce plaisir, comme on se lasse de tous les plaisirs où l'esprit n'a point de part. Bien plus, lorsque le grand air pur et la marche ont fouetté le sang et accéléré son mouvement, l'imagination des personnes qui