SCENE IX
Pencho et Xavier.
Dès que Donungo est parti, Xavier apparaît à droite, sous le coup d'une peine et d'un désespoir profonds. Il parcourt la scène, troublé, et enfin se laisse tomber sur une chaise, tout à sa douleur silencieuse. Pencho, plus loin et debout, regarde Xavier avec un air de compassion. Xavier, après un silence, redresse la tête, se lève et, regardant Pencho, lui parle sans pouvoir surmonter son abattement.
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Xavier. — Viens...
Pencho. — Où?
Xavier. — Viens me tuer.
Pencho. — Tu es sans défense. Ne l' as-tu pas entendu ?
Xavier. — C'est un avantage pour toi. Ne le perds pas. Viens, c'est moi qui t'ai défié, et toi, en m'attendant, tu as fait ton devoir. Ce que je désire, c'est que tu achèves de m 'arracher cette vie !
Pencho. — Ne vois-tu pas que je te l'arracherais à coup sûr?
Xavier. — C'est le seul bienfait que je puisse espérer désormais en ce monde! Je te le devrai à toi. Viens me tuer.
Pencho. — Je ne me bats pas avec toi.
Xa.VIER. — Tu ne te bats pas?
Pencho. — Non. Ton ennemi, je ne le suis plus. Quand je t'ai blessé, l'autre fois, je me battais, je n'assassmais pas. Maintenant, je t'assassinerais.
Xa\'IER. — Et si je ne te laisse pas partir?
Pencho. — Je n'ai pas l'intention de m'en aller. Moi, tout seul, pourquoi m'en irais- je?
Xa\'IER. — Ils vont venir te prendre.
Pencho. — Qu'ils viennent. C'est pour cela que je me suis dénoncé.
Xavier. — Ton châtiment sera grand... puisque je m.e meurs...
PencHO. — Soit. J'accepte tout, sauf de lever mon bras contre une poitrine sans défense.
Xavier, le regardant avec expression. — Tu as raison.
PencHO. — Cela ne se fait pas.
Xavier. — Tu es un homme!...
PenCHO. — Oui.
Xavier. — Alors, va-t-'en donc. Je te laisse libre, je ne t'arrête ni ne te dénonce. Va-t'en et sauve-toi!
PemCHO. — Avec Maria del Carmen?
Xavier. — Avec elle, non!
PenCHO. — Eh bien ! Je ne sors pas d'ici.
Xavier, suppliant, les mains jointes. — Laisse-la moi!
Pencho. — Impossible.