SEPTIÈME DÉCADE
PRÉAMBULE
Cette décade, de même que les trois suivantes, pourrait être intitulée : Comment on devient Arhat. En effet, les héros de oes quarante récits deviennent tous des Arhats; seulement, chaque décade se distingue par quelque chose de spécial.
Les traits distinctifs de la septième sont les suivants : La scène de tous les récits est Kapilavastu; les héros sont tous des Çâkyas, nés de parents riches, remarquables par une qualité physique ou morale qui se manifeste dès leur naissance, et que leurs vertus et l’enseignement du Buddha font arriver à l’état d’Arhat. Tous, dans une de leurs existences passées, avaient honoré d’une façon ou d’une autre le Stûpa du Buddha Vipaçyi.
On voit que ces récits se distinguent par leur uniformité, sinon par leur monotonie. Aussi est-il assez étonnant que cette décade soit qualifiée : dira- avadâna « Avadânas variés ». Il est à remarquer que la septième décade est, avec la quatrième, la seule qui ait un titre. Celui de la quatrième s’explique, comme nous l’avons dit, par son caractère exceptionnel. Mais pourquoi a-t-on fait le même honneur à la septième décade, où il n’y a certes pas une « variété » exceptionnelle ? Est ce parce qu’elle est consacrée à des compatriotes du Buddha?
La « variété » de ces dix récits consiste uniquement dans celle des phénomènes qui ont signalé la naissance de chacun des personnages et dans celle des hommages qu’ils avaient rendu au Stûpa de Vipaçyi. Et, même dans cette diversité, il y a encore beaucoup d'uniformité.
Ann. g. — XIX
ANNALES DU MUSEE GUIMET
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Deux de ces Çâkjas se distinguent par une pieire précieuse fixée à leur tête ; un saphir (6) pour l’un, une pierre semblable au soleil (9) pour l’autre ; trois se distinguent par une qualité physique extraordinaire : couleur d’or (1) ; odeur de lotus s’exhalant de la bouche, odeur de santal sortant du corps (2); voix semblable au son de la timbale (7); deux par des qualités physiques moins extraordinaires : une grande force (4), et une beauté remarquable (3). Deux se distinguent par des manifestations extérieures, l’’in par l’affection générale dont il est l’objet (5), l’autre par la joie que manifestent les dieux en dressant des étendards (10). La naissance la plus extravagante est celle de cent enfants qui sortent d’une même boule de chair dont leur mère était aceouchée (8).
Ces particularités remarquables sont dans un rapport étroit avec les hommages rendus dans des existences antérieures au Stfipa de Vipaçyi par le héros de ces récits.
Deux pierres précieuses fixées à ce Stupa, l’une par un négociant qui l’avait rapportée de ses voyages (6), l’autre par un individu qui l’avait gagnée au jeu (9) expliquent la singularité qui signala leur naissance ultérieure. Un miroir tombé du Stùpa, relevé et rattaché au monument (1), des parfums, des fleurs et de l’encens offert au Stùpa (2), des concerts de musique donnés près du monument (7) rendent compte de la couleur d’or, de la bonne odeur et de la voix de tambour qui distinguèrent trois des compatriotes du Buddha. Le nettoyage du Stùpa à coups de balai (3), ou avec de l’huile parfumée (4), avait valu à l’un la beauté et à l’autre la force. Si l’un de ces Çakyas était si cher au peuple, c’est qu’il avait appelé tout le monde à l’aide pour orner le Stùpa (5) ; et si les dieux avaient dressé des étendards à la naissance d’un autre, c’est que lui-même avait fixé au Stùpa un étendard gagné à la lutte (10). Enfin cent individus, s’étant détachés un jour d’une fête pour honorer en commun le Stùpa de Vipaçyi, avaient ainsi mérité de renaître en commun tous jumeaux, et de sortir, en une boule de chair, du sein d’une seule femme (8).